L’instance de dialogue poursuit ses consultations avec la classe politique et la société civile: Vers un consensus national garantissant une élection présidentielle libre et transparente

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L’impératif de parvenir à un consensus national garantissant l’organisation d’une élection présidentielle libre et transparente s’est dégagé à l’issue des premières consultations menées par ‘instance de dialogue et de médiation présidée par Karim Younes.

Premier parti politique à avoir reçu en son siège les membres du panel de dialogue, le Front El Moustakbal a mis l’accent, par la voix de son président Abdelaziz Belaid, sur l’importance du processus de dialogue qu’il a considéré comme le seul moyen civilisé pour sortir le pays de la crise qu’il traverse et aller directement à l’organisation d’une élection présidentielle libre et transparente. Il s’agit, a-t-il plaidé, de raviver l’espoir et les aspirations du peuple algérien, édifier un Etat de droit et concrétiser les principes d’une démocratie réelle. Saluant « les efforts déployés par l’institution militaire pour préserver la sécurité et la stabilité du pays », le président du front El Moustakbal a appelé tous les acteurs politiques et les organisations de la société civile à « redoubler d’efforts et à participer au dialogue afin de sortir le pays de la crise qu’il traverse ». De son côté, le président du parti Talaïe El-Houriyet, Ali Benflis, a indiqué, à l’issue d’une rencontre avec Karim Younes, que la tenue d’une élection présidentielle en réunissant des mesures de confiance et d’apaisement est à même de permettre au peuple algérien souverain d’exercer les prérogatives que lui confère la Constitution, à travers l’organisation de l’élection présidentielle.

 

. Benflis a exprimé sa conviction que l’élection présidentielle « est la voie la plus réaliste, la moins longue, le moins risquée et la moins coûteuse pour le pays aux plans politiques, sécuritaire, économique et social à la condition que soient réunies les conditions de mesures de confiance et d’apaisement permettant au peuple souverain d’exercer ses prérogatives que lui confère la Constitution dans ses articles 7 et 8

Benflis a exprimé sa conviction que l’élection présidentielle « est la voie la plus réaliste, la moins longue, le moins risquée et la moins coûteuse pour le pays aux plans politiques, sécuritaire, économique et social à la condition que soient réunies les conditions de mesures de confiance et d’apaisement permettant au peuple souverain d’exercer ses prérogatives que lui confère la Constitution dans ses articles 7 et 8 ». Détaillant ces conditions, le président du parti Talaïe El-Houriyet a cité « la création d’un environnement apaisé pour le succès du scrutin par l’adoption de mesures de confiance et d’apaisement et des signaux forts de la part des autorités quant à la volonté de garantir la régularité, la transparence et l’intégrité du scrutin ». Parmi ces conditions figure également le départ du gouvernement en place, désigné par l’ancien président et « son remplacement par un gouvernement de compétences nationales pour gérer les affaires courantes » ainsi que « la création d’une autorité électorale indépendante ad-hoc investie de l’intégralité des prérogatives afférentes à la préparation, à l’organisation et au contrôle du processus électoral présidentiel, qui prenne en charge l’ensemble du processus depuis la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats ». Le parti de Talaïe El-Houriyet estime également impératif pour garantir la tenue d’une élection présidentielle « permettant aux Algériens d’exercer leur droit dans le choix libre du président de la République sans que leur volonté ne soit dévoyée, « la révision de la législation électorale actuelle pour supprimer les niches de fraude, combler les lacunes, revoir l’architecture de l’encadrement du processus électoral, lever les entraves au libre choix de l’électeur et garantir un scrutin impartial, régulier et transparent ». M. Benflis s’est dit confiant dans « la capacité de la classe politique, de la société civile, des représentants authentiques du mouvement populaire et de toutes les bonnes volontés engagées dans la recherche d’une sortie de crise, à transcender les divergences et à dégager, à travers le dialogue national, un consensus salutaire garantissant la réalisation des aspirations populaires ».

Abdelkader Bengrina, a déclaré que l’aboutissement du dialogue national dépend de « la volonté politique du pouvoir à prendre en compte ses conclusions de concrétiser toutes les garanties de transparence et de régularité de la prochaine échéance présidentielle et de respecter la volonté du peuple et de son libre choix ».

Dans le même ordre d’idées, le Mouvement El Bina a considéré que la réussite du dialogue était tributaire de « la prise en compte de ses conclusions et du respect de la volonté du peuple et de son libre choix ». Lors d’une rencontre avec une délégation de l’Instance nationale du dialogue et de médiation dans le cadre des consultations de cette dernière avec les forces politiques et différentes élites nationales, le président du parti El Bina, Abdelkader Bengrina, a déclaré que l’aboutissement du dialogue national dépend de « la volonté politique du pouvoir à prendre en compte ses conclusions de concrétiser toutes les garanties de transparence et de régularité de la prochaine échéance présidentielle et de respecter la volonté du peuple et de son libre choix ». Dans ce cadre, M. Bengrina a proposé une série de garanties à assurer « en vue de consolider la confiance entre les parties au dialogue », dont la poursuite de l’accompagnement du Hirak par l’Armée nationale populaire (ANP) « en garantissant la régularité de l’élection et sa protection contre d’éventuelles influences de prolongements de l’ancien régime ». Il a appelé, en outre, à « mettre le dialogue à l’abri des interférences et pressions politiques afin de ne pas dévier de sa démarche qui doit déboucher, a-t-il dit, à la réunion des conditions de régularité de l’élection présidentielle ». Le parti El Bina a appelé, par la voix de son président, à éviter de « noyer » le dialogue par des personnalités ou entités non représentatives du peuple, mettant l’accent sur l’importance de répondre aux revendications « réelles et objectives » du Hirak et de considérer les conclusions du dialogue comme « souveraines, contraignantes et fondatrices d’un système juridique garantissant la transparence et la régularité ». Entre autres garanties de la réussite du dialogue, Bengrina a évoqué « la nécessité d’écarter toute personne et entité rejetée par le Hirak « , estimant que les partis politiques sont le moyen constitutionnel de l’action politique ». Qualifiant le dialogue de « seule et unique voie d’aboutir à une convergence entre Algériens pour sortir le pays de cette impasse politique », le chef du parti El Bina a appelé à la mise en place d’une Autorité nationale indépendante ayant pour mission d’organiser et de veiller sur toutes les étapes du processus électoral, ainsi qu’à l’amendement de la loi organique des élections. Il a ajouté que parmi les conclusions auxquelles le dialogue doit aboutir figure « le changement du gouvernement actuel, considéré comme relique de l’ancien système, l’éloignement de toutes les personnes impliquées dans la corruption électorale et la surveillance des élections sous toutes ses formes constitutionnelles et juridiques. Cette dernière, doit être une action bénévole et militante », a-t-il affirmé. Le président du parti El Bina a mis l’accent également sur l’importance accordée par sa formation à la question du maintien des postes d’emploi et « droits des travailleurs de toute entreprise économique privée (…) faisant l’objet de mesures conservatoires dans le cadre de la lutte contre la corruption », appelant à « n’aient pas le même sort que d’autres entreprises privés à l’image de Khalifa Bank ». M. Bengrina s’est dit convaincu que la création de l’instance nationale de dialogue et de médiation était « le début de la solution » à condition de s’en tenir à l’objet du dialogue, son échéance et sa finalité, à savoir le retour à la légitimité populaire ». Affirmant le soutien de son parti à l’INDM face aux tentatives visant à saper ses efforts, « ce qui affaiblit la scène politique nationale et ne sert pas l’intérêt suprême du pays ». Pour sa part, le parti Jil Djadid, a appelé l’ensemble des acteurs de la scène politique à faire prévaloir la « sagesse » pour surmonter « la conjoncture difficile » que traverse le pays et à réaliser un consensus à même d’éviter à l’Algérie « les risques » qui menacent son avenir. 

Pour Jil Djadid, « il est nécessaire pour un dialogue sérieux, porteur de solutions, que les efforts de tous tendent vers une convergence des vues au sujets des solutions globales », ajoutant que les concessions à faire doivent viser uniquement la consolidation des principes de l’Etat de droit et de démocratie

Dans un communiqué sanctionnant la rencontre entre son président, Sofiane Djillali et le coordinateur de l’Instance nationale de dialogue et de médiation (INDM), Karim Younes, en présence de membres de cette dernière, le parti a formé le vœu de voir « l’ensemble des acteurs de la scène politique parvenir à un consensus à même d’éviter les tensions et les risques, qui pourraient avoir des conséquences graves pour l’avenir du pays », appelant à « faire prévaloir la sagesse en cette conjoncture difficile ». « Le pouvoir doit reconnaître clairement qu’il est temps de remettre le flambeau, et le peuple doit être en mesure de l’accompagner dans cette transition historique », estime le parti. Pour Jil Djadid, « il est nécessaire pour un dialogue sérieux, porteur de solutions, que les efforts de tous tendent vers une convergence des vues au sujets des solutions globales », ajoutant que les concessions à faire doivent viser uniquement la consolidation des principes de l’Etat de droit et de démocratie. Lors de la rencontre qui a porté sur « les conditions devant être réunies pour organiser un dialogue nationale crédible et trouver un issue à la crise politique actuelle », le parti Jil Djadid a réitéré qu' »il ne pourrait être partie prenante à ce dialogue sans la réunion de certaines conditions, notamment la libération des personnes arrêtées, l’ouverture des médias et la départ du Gouvernement actuel ». Le parti considère en outre que le pouvoir, étant le décideur doit assurer les conditions d’un dialogue serein et efficace et qu’il lui revient de faire le premier pas afin de rétablir la confiance et satisfaire ces conditions préalables. 

Filali Ghouini a indiqué que sa formation politique fonde « de grands espoirs sur le dialogue national, que dirige l’Instance de dialogue et de médiation, qui pourrait être le prélude à une solution politique et une étape qui mène vers le règlement de la crise que traverse la pays ».

Pour le parti, le dialogue « doit aboutir à une solution acceptable pour tous et prendre en considération les craintes légitimes de l’opposition quant à une refonte globale du système politique, outre l’amendement des lois relatives aux élections et à la création d’une autorité indépendante chargée de l’organisation de l’élection présidentielle ». Le parti Jil Djadid a réitéré également sa proposition pour « l’organisation d’une élection présidentielle, suivie d’un processus constituant devant ouvrir la voie à un référendum populaire sur la Constitution ». Dans le même sens, le mouvement El Islah fonde de « grands espoirs » sur le dialogue national qui pourrait être « un prélude pour une solution politique et une étape pour le règlement de la crise », a indiqué le secrétaire général du parti, Filali Ghouini. M. Ghouini a indiqué que sa formation politique fonde « de grands espoirs sur le dialogue national, que dirige l’Instance de dialogue et de médiation, qui pourrait être le prélude à une solution politique et une étape qui mène vers le règlement de la crise que traverse la pays ». M. Ghouini a réitéré son appel à une « large participation » au dialogue, sachant, a-t-il dit, que « plusieurs revendications du mouvement populaire (hirak) ont été satisfaites ». Le mouvement El Islah a été le précurseur à appeler à « aller vers un consensus national à travers le dialogue avec la participation des acteurs de la scène politique afin d’aborder les sujets les plus importants, en premier lieu la mise en place des conditions nécessaires pour l’organisation du prochain rendez-vous électoral présidentiel ». Le prochain rendez-vous électoral, selon Filali Ghouini, « donnera un nouveau président auquel seront confiés les missions et les prérogatives que lui confère la Constitution, un président qui satisfera toutes les revendications légitimes du peuple algérien à travers son mouvement civilisé et pacifique et ce, pour la consécration, sur le terrain, d’un Etat de droit ». Le secrétaire général du mouvement El Islah s’est dit satisfait quant à la lutte menée actuellement contre la corruption, appelant à prendre le temps nécessaire pour le traitement de tous les dossiers de manière légale. Filali Ghouini a appelé les pouvoirs publics à intervenir pour étudier la situation des travailleurs des entreprises économiques dont les responsables et gestionnaires se trouvent actuellement en prison pour des affaires de corruption. La première rencontre de concertation des dynamiques de la société civile, des partis politiques et des personnalités nationales a conclu récemment à « l’attachement au dialogue et à l’unification des efforts pour parvenir à une solution à la crise politique que connaît le pays ». Les participants ont salué, à cette occasion, les idées exprimées, notamment « l’attachement au dialogue et à l’unification des efforts et des vue en vue de parvenir, le plus rapidement possible, à une solution à la crise que connaît le pays ». Se félicitant des conclusions de cette rencontre, le coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA), Lyes Merabet, a estimé que cette initiative a été « positive » car elle a permis de concrétiser l’objectif de réunir toutes les parties autour d’une seule et même idée, à savoir « l’impératif d’aller de l’avant pour le règlement de la crise que traverse le pays », faisant état de l’adhésion dans les prochains jours d’autres partis, absents aujourd’hui, à cet objectif.

Abdelaziz Rahabi a affirmé que sa présence émane de sa volonté « d’aider toutes les initiatives, sans exception, afin de sortir de la crise et de l’impasse politique qui n’ont que trop duré », qualifiant cette rencontre « de prolongement de la plateforme de Ain Benian, à laquelle avait pris part la société civile ».

 Le dialogue, qui est une valeur morale et civilisationnelle, est le moyen de règlement de toutes les crises, a-t-il soutenu, soulignant, dans ce sens, l’engagement de tous les intervenants en faveur du dialogue en la réunion des garanties et des conditions d’apaisement pour contribuer à la résolution de la crise politique actuelle. Il a appelé, à ce propos, les étudiants et les jeunes citoyens à structurer leur mouvement afin de rejoindre le dialogue. De son côté, M. Abdelaziz Rahabi a affirmé que sa présence émane de sa volonté « d’aider toutes les initiatives, sans exception, afin de sortir de la crise et de l’impasse politique qui n’ont que trop duré », qualifiant cette rencontre « de prolongement de la plateforme de Ain Benian, à laquelle avait pris part la société civile ». Concernant les conditions du dialogue, M. Rahabi a mis l’accent sur « l’impératif de mesures d’apaisement et de la mise en place une instance indépendante pour la surveillance des élections et la proclamation de leurs résultats ». L’avocat Mustapha Bouchachi a, quant à lui, encouragé ce genre de rencontres qui sont, a-t-il dit, « rassembleuses de différentes parties », mettant en avant l’impératif que le pouvoir prenne en compte toutes les conclusions du dialogue et revendications du Hirak et de présenter de véritables garanties pour sortir de la crise ». Pour le vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) Said Salhi, cette initiative « s’inscrit dans le cadre du soutien au Hirak et se veut un signal de l’union du peuple algérien ce qui ouvrira la voie à une conférence nationale ».

T. Benslimane