LNF: La fuite en avant de Medouar

0
201

Abdelkrim Medouar, président de la Ligue nationale de football, vit-il sur une autre planète ? Alors que tout indique que les manifestations sportives, chez nous et ailleurs, ne peuvent pas reprendre de sitôt, il a déclaré, ce samedi, sur les ondes de la Radio nationale que «pour l’instant, il y a une date officielle de reprise qui est le 5 avril 2020».

Les clubs doivent s’y conformer, d’ailleurs nous avons établi un calendrier des matches qui mènera jusqu’à la fin des championnats au plus tard la première semaine du mois de juin». Des propos surréalistes qui s’opposent à l’appel insistant et salutaire des autorités sanitaires recommandant fortement à la population de rester confinée chez elle. Cela dénote en tout cas le peu d’implication de nos dirigeants sportifs, qui bêtes et disciplinés, attendent que l’ordre vient d’en haut. Quitte à se ridiculiser devant l’opinion publique. On aurait aimé qu’ils prennent, pour une fois, leurs responsabilités dans cette période dramatique où le sport en général passe au second plan. Medouar le reconnaît d’ailleurs en ajoutant que «tout débat sur le championnat est (actuellement) inapproprié». La priorité des priorités en ce moment est de contenir l’épidémie du coronavirus et de mettre tous les moyens pour l’endiguer ou du moins l’empêcher de se propager dangereusement. Et à moins d’une solution miracle, cela prendra du temps, beaucoup de temps.

Il est par conséquent impossible, voire suicidaire, que la compétition reprenne dans une semaine. Tout le monde vous le dira. Alors pourquoi Medouar feigne de l’ignorer ? L’organisation du championnat est d’abord du ressort de la Ligue, il aurait pu avoir le courage d’annoncer le prolongement de la trêve compte tenu de la situation précaire que le pays traverse actuellement. En semant le doute, il ajoute à la confusion notamment chez la grande famille du ballon rond. À une semaine du rendez-vous, on doit savoir si les conditions sont réunies pour la reprise du championnat ou pas. L’on a toujours reproché aux dirigeants sportifs leur manque d’audace et du sens des responsabilités qui frise parfois le cynisme. La dernière sortie médiatique de Medouar en est la parfaite illustration. Eternel assisté, le monde sportif se complait toujours à fonctionner sous tutelle. Un statut duquel il ne veut pas se départir. Les fédérations et les ligues sous d’autres cieux, sont complètement autonomes. Ils n’attendent pas l’intervention des pouvoirs publics pour prendre leurs décisions. C’est ainsi que la fédération anglaise, a annoncé, il y a quelques jours, que le championnat de la Premier League ne reprendra pas avant le 30 avril prochain au mieux. Les Français, les Allemands, les Espagnols et les Italiens, pour ne citer que ces pays, n’attendent pas non plus l’ordre de leurs autorités. Ils assument pleinement leur rôle en tenant compte évidemment de l’évolution de la crise sanitaire. On aurait souhaité que Medouar ou Zetchi fassent de même et décrètent unilatéralement le renvoi du championnat à une date ultérieure.

Ali Nezlioui