LNF: Quelle issue pour le championnat ?

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Il n’y aura vraisemblablement pas de reprise du championnat, si l’on croit les déclarations d’Abdelkrim Medouar, le président de la LNF. «Si ça ne tenait qu’à moi, il n’y aura pas de reprise», a-t-il confié ce week-end sur les ondes de la Chaîne 3.

«Nos clubs ne peuvent pas suivre l’astreignant protocole sanitaire obligatoire pour toute relance de la compétition. Nous ne sommes ni l’Allemagne, ni l’Italie, ni l’Angleterre, ni l’Espagne», a-t-il argué, faisant allusion aux pays qui ont décidé de reprendre leurs championnats. Medouar prépare ainsi l’opinion à un arrêt définitif des manifestations sportives. Une éventualité de plus en plus évoquée, notamment depuis le prolongement de la période de confinement  jusqu’à la mi-juin. Si les équipes ne peuvent pas reprendre les entraînements collectifs ces jour-ci, il est pratiquement impossible de pouvoir finir la saison dans les délais. Cela dit, et comme on l’a souvent répété, la décision finale revient aux hautes autorités du pays. Pour le moment, ces dernières ne se sont pas encore prononcées sur le sujet. L’espoir d’une reprise demeure, même s’il est infime. Tout dépend aussi de l’évolution de la pandémie du Covid-19 chez nous. Actuellement, même si l’épidémie est plus ou moins sous contrôle, il reste que le comportement indiscipliné des gens dans la rue, en respectant peu les gestes barrières, ne favorise pas le retour à une vie «normale». D’ailleurs, les pouvoirs publics ne sont pas prêts à lever le confinement, tant que le nombre des nouvelles contaminations et des décès dus au coronavirus ne baisse pas significativement. C’est en tout cas le discours tenu, ces derniers temps, par les autorités sanitaires. Il faut dire aussi que le retour du football sur la scène publique n’est pas vraiment une priorité en ce moment. N’empêche, tout le monde doit être fixé rapidement pour passer à autre chose. Il n’y a plus de temps à perdre. Si l’arrêt définitif de la compétition se confirme, quelles  décisions seront prises par la Ligue ? Medouar n’en a soufflé  mot lors de son intervention sur la Radio nationale, estimant peut-être qu’il est trop tôt pour s’y prononcer. Le vide juridique devant ce cas inédit obligera les instances sportives à improviser, en prenant des décisions, lesquelles dans tous les cas de figure, ne feront pas l’unanimité. Plusieurs hypothèses seront prises en considération. La première est celle qui consiste à acter la fin du championnat, en déclarant le premier champion et les deux derniers seront relégués en Ligue 2. Un scénario plausible, adopté en France, aux Pays-Bas et en Belgique. Mais chez nous, il risque de poser un sérieux problème, puisque tous les clubs n’ont pas disputé le même nombre de rencontres. Plusieurs matches en retard traînent en effet, sans parler des cas en suspens, comme l’affaire du derby entre l’USMA et le MCA que le TAS va traiter le 5 juin prochain. La seconde hypothèse est d’annuler carrément la saison. Du coup, il n’y aura ni montée, ni relégation. Ce qui fera beaucoup de mécontents. Dans ce cas, la FAF ne pourra pas non plus mettre en place son nouveau système de compétition adopté par son AG, en début de saison. Un véritable casse-tête pour les dirigeants de notre football qu’ils doivent résoudre d’une manière ou d’une autre. N’est-il pas dans leurs intérêts de terminer le championnat pour éviter toutes les tracasseries à venir ? Mais peuvent-ils le faire ?

Ali Nezlioui