LNF: Une programmation en question

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La fin de l’année ne s’annonce guère de tout repos pour la Ligue nationale de football qui aura bien du mal à boucler la phase aller du championnat de la Ligue 1 dans les délais impartis.

En tout cas pas avant la fin du mois de décembre, à moins de jouer tous les jours. Ce qui est improbable. Il lui reste, excusez du peu, à jongler avec les deux journées restantes et engoncer un paquet de matches en retard en un laps de temps très court. Sans oublier les deux premiers tours de la Coupe d’Algérie prévus respectivement les 21, 22 et 23 décembre et les 28, 29 et 30 décembre auxquels il faudra ajouter une journée de la Ligue des champions africaine et la Coupe de la CAF. Ouf ! Un calendrier démentiel en somme compliqué il est vrai suite à l’annulation de toutes les compétitions du 9 au 15 décembre courant pour cause des élections présidentielles. Une décision prévisible au demeurant que la Ligue n’a pas su prévenir ni anticiper. Pourtant ce n’est pas une nouveauté chez nous, à l’approche de chaque grand événement politique, comme les élections, toutes les manifestations culturelles et sportives sont annulées. Cette négligence dénote la légèreté avec laquelle est gérée la programmation au niveau de la Ligue et par extension toute l’institution footballistique. Du coup, toutes les prévisions arrêtées au préalable concernant ce volet, sont à revoir. Ce retard va certainement se répercuter négativement sur la suite de la compétition. On se dirige inéluctablement vers la «liquidation» pour finir le championnat dans les délais. En d’autres termes, la Ligue n’apprend jamais de ses erreurs, sinon comment expliquer que les saisons se suivent et se ressemblent pour notre pauvre football national pris en otage par une bande d’incompétents et d’insouciants. Comment un championnat peut-il être performant et attrayant s’il ne peut même pas bénéficier d’une programmation maitrisée et maitrisable ? C’est tout le malheur de la Ligue 1 avant que ce soit une question de niveau ou de spectacle. L’un ne va pas sans l’autre. Il faut dire aussi que la Ligue a d’autres chats à fouetter en ce moment. Notamment avec l’épineux dossier des clubs endettés qui menacent de faire grève. Sentant la menace, l’instance présidée par Abdelkrim Medouar a programmé une réunion «prochainement» avec les représentants des pensionnaires de la Ligue 1 et de la Ligue 2, comme l’indique l’APS sur son site. Une manière de désamorcer la bombe. La réunion devrait avoir lieu le 19 décembre, a précisé le manager général de l’USM El Harrach, Hadj Kamel. Cela fait suite à un conclave qui a «regroupé, mardi soir, les responsables de 25 clubs opérant dans les deux ligues professionnelles de football», comme le rapporte l’APS. Interdits de recrutement, les clubs visés, et ils sont majotitaires, ne comptent pas rester les bras croisés. Ils exigent la levée de cette interdiction et appellent les pouvoirs publics à leur venir à la rescousse. Ils ont d’ailleurs chargé des représentants pour contacter le ministre de la Jeunesse et des Sports afin de leur trouver une solution. «Raouf Bernaoui s’est engagé à régler le problème dans les jours à venir, en consacrant des enveloppes financières», a même révélé le président du NC Magra, Azzedine Bennacer. Ainsi va notre football, les clubs dépensent sans sourciller, l’Etat paye la facture avec l’argent public. Une vieille antienne dont on connaît parfaitement le refrain. Un cauchemar duquel on ne se réveille pas.

Ali Nezlioui