L’UE refuse de rétablir les sanctions levées dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord

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Les Etats membres de l’Union européenne (UE) se sont engagés mercredi à s’assurer que les sanctions européennes levées dans le cadre de la mise en oeuvre de l’accord international sur le  nucléaire iranien ne soient pas rétablies après le retrait des Etats-Unis de l’accord. « La levée des sanctions liées au nucléaire est une composante essentielle de l’accord.

L’UE a souligné à plusieurs reprises que la levée de ces sanctions a un impact positif sur les relations commerciales et économiques avec l’Iran. L’UE souligne son engagement à faire en sorte qu’elle perdure », est-il écrit dans une déclaration de la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, au nom des 28. Le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien sera d’ailleurs à l’ordre du jour du sommet européen prévu la semaine prochaine à Sofia (Bulgarie). Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a promis « une approche européenne unie » face au rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran. Les 28 Etats membres de l’UE ont réitéré, en outre, leur détermination à  continuer à respecter l’accord conclu en 2015 après de longues années de  négociations acharnées. « Tant que l’Iran continuera à respecter ses engagements dans le domaine nucléaire, comme il l’a fait jusqu’à présent  (…), l’UE continuera à appliquer pleinement et efficacement l’accord », ont-ils ajouté.

Les Européens ont rappelé, à ce titre, que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier le respect des engagements iraniens, a sans cesse validé leur attitude, « dans dix rapports consécutifs », depuis la conclusion de l’accord en juillet 2015. « Approuvé à l’unanimité par la résolution 2231 du Conseil de sécurité des  Nations unies, le plan d’action conjoint (accord sur le nucléaire) est un élément clé de l’architecture mondiale de non-prolifération et il est  crucial pour la sécurité de la région », ont-ils souligné. Mardi soir, dans une brève déclaration depuis le siège de la  représentation de la Commission européenne à Rome, la chef de la diplomatie  européenne a affirmé que « l’Union européenne est déterminée à le (l’accord) préserver », estimant qu’il « répond à son objectif qui est de garantir que l’Iran ne développe pas des armes nucléaires ». Mme Mogherini a conjuré les Iraniens de « ne laissez personne démanteler cet accord » qu’elle a qualifié de « l’une des plus belles réussites jamais réalisées de la diplomatie ». « Restez fidèles à vos engagements et nous resterons fidèles aux nôtres. Et ensemble, avec le reste de la communauté internationale, nous préserverons cet accord nucléaire », avait-elle déclaré. L’accord sur le nucléaire iranien étant un « plan d’action » et non un traité, il n’a pas été soumis par l’ancien président américain Barack Obama au Congrès pour ratification.

En réaction, le Congrès alors contrôlé par  les Républicains, avait adopté une loi, qui oblige le président à  « certifier » tous les quatre-vingt-dix jours au Congrès que la République  islamique d’Iran respecte sa part de l’accord. Réagissant aux déclarations du président américain Donald Trump qui avait menacé, à plusieurs reprises de ne pas certifier l’accord, Mogherini a affirmé, il y a quelques mois que le président des Etats-Unis n’a pas le  pouvoir de mettre un terme à l’accord que l’administration Obama a signé en  2015 avec Téhéran conjointement avec l’Allemagne, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et la Russie. « A ma connaissance, aucun pays au monde ne peut mettre fin seul à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui a été adoptée à l’unanimité », a-t-elle expliqué, rappelant que l’accord conclu en 2015  entre l’Iran et le groupe des six, « n’est pas un accord bilatéral », encore  moins  « un traité international ». Mais, c’était sans compter sur la détermination de M. Trump à « déchirer un accord horrible », guidée par une volonté de renier l’héritage de son prédécesseur à la Maison Blanche. Le président américain a annoncé, en effet, mardi le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’il a qualifié de « désastreux », et le rétablissement des sanctions contre Téhéran.