Lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent: Messahel réaffirme depuis Paris l’engagement «sans faille» de l’Algérie

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En présentant l’expérience algérienne sur le terrorisme et l’extrémisme violent à l’occasion de sa visite en France, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a réitéré, hier, à Paris, l’engagement «sans faille» de l’Algérie dans la lutte contre ces fléaux qui menacent la sécurité régionale et internationale.

Cet engagement s’exprime, selon le chef de la diplomatie algérienne, aux plans bilatéral, régional et international, au sein de l’ONU, du Forum global de lutte contre le terrorisme, de l’Union africaine qui a confié au Président Abdelaziz Bouteflika la haute mission de coordonnateur pour la prévention de la radicalisation et la lutte contre le terrorisme en Afrique, ainsi que dans toutes enceintes dont l’Algérie est membre. Cet engagement, a-t-il ajouté, s’exprime aussi par l’organisation à Alger de nombreuses conférences internationales sur différentes dimensions de la lutte antiterroriste, dans un esprit de partage et de solidarité, citant à cet effet la Conférence de haut niveau sur le financement du terrorisme organisée conjointement avec l’Union africaine qui s’est tenue, lundi et mardi, à Alger. Cette position repose sur le désir de mon pays pour que d’autres peuples ne connaissent jamais les horreurs que son propre peuple a vécues du fait de l’extrémisme violent et du terrorisme, a-til souligné, précisant que «c’est dans cet éprit de solidarité que mon pays, l’Algérie, a initié au niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, la Résolution 72/130, qui fait du 16 mai de chaque année, la Journée internationale du vivre-ensemble en paix». Le ministre a saisi cette occasion pour lancer un appel aux organisations et aux particuliers afin de célébrer cette journée et «marquer ainsi notre attachement aux valeurs de dialogue, de réconciliation et du vivre-ensemble en paix».

Le ministre a indiqué que l’Algérie, qui a payé un lourd tribut en vies humaines et en ressources de la nation dans sa lutte contre l’agression terroriste, «est pleinement consciente des horreurs que ce fléau, que rien ne peut justifier, est capable de commettre ainsi que des menaces qu’il véhicule pour la sécurité et la stabilité des Etats et pour la paix et la sécurité internationales». C’est pourquoi, a-t-il souligné, «mon pays, qui est sorti victorieux de cette agression dirigée contre le peuple algérien tout entier, maintient un haut niveau de vigilance à l’intérieur de son territoire et sur ses immenses frontières». Dans la lutte contre le terrorisme qu’elle a menée seule et dans l’indifférence, à tout le moins, de la communauté internationale, l’Algérie, a-t-il expliqué, a développé des politiques, des stratégies et des programmes dans le cadre d’une «approche visionnaire prônée avec conviction et mise en œuvre avec détermination par le Président Abdelaziz Bouteflika qui lui ont permis de passer, en l’espace d’une vingtaine d’années, d’un pays déchiré par la violence à l’un des pays les plus sûrs au monde, selon un sondage effectué, l’été dernier, par l’Institut Gallup de Washington». Il a évoqué, dans ce contexte, les principales dimensions de l’approche algérienne en matière de lutte contre le terrorisme qui a pour fondements «la sacralité de la vie humaine, de toute vie humaine, la réconciliation, le respect et la valorisation de la différence, l’ancrage dans l’identité nationale, l’ouverture sur le monde et la modernité, et la promotion des valeurs et principes du vivre-ensemble en paix, cela dans le strict respect par tous de l’ordre démocratique et républicain ainsi que de la Constitution et des lois de la République».

Se référant aux politiques de concorde civile et de réconciliation nationale, initiées par le Président Bouteflika et approuvées par référendum populaire respectivement en 1999 et 2005, le ministre a souligné qu’elles ont joué un rôle déterminant dans le retour de la paix et la stabilité au pays. La politique de déradicalisation, menée en Algérie, s’est appuyée sur la consolidation de la démocratie, en tant que «choix stratégique» à même de lutter contre les discours de l’exclusif, seul programme politique véhiculé par les extré- mistes, et de l’exclusion qui tend à combattre toute opposition à son seul et unique discours, quel qu’en soit le contenu, a indiqué le ministre des Affaires étrangères. Pour lui, c’est-là où réside le caractère stratégique de ce choix opéré par l’Etat algérien qui a érigé la démocratie en «un antidote aux discours extré- mistes et radicaux». Il a expliqué que cette politique «met la population et le pays tout entier à l’abri de potentiels futurs risques de radicalisation», notant qu’elle est globale et multisectorielle et que son succès repose sur l’adhésion et l’implication des citoyens ainsi que de tous les acteurs publics et privés. «Elle se fonde sur une démarche inclusive qui tend à éliminer, au sein de la société, les facteurs socioéconomiques, mais aussi politique, religieux, culturel et autres, favorisant la marginalisation, en particulier des jeunes», a-t-il ajouté, soulignant que cette politique a été et reste un «axe fondamental» dans les politiques et programmes sectoriels de l’Etat algérien.

Evoquant la politique de réconciliation nationale, le ministre a indiqué que sa réussite a été possible grâce à la réunion de quatre conditions fondamentales. Il a cité à cet effet l’exigence de respect de la Constitution et des lois de la République par tous, la nécessité d’une «solidarité agissante» de l’ensemble de la communauté nationale avec toutes les victimes de la tragédie nationale, la reconnaissance du rôle des institutions étatiques et du patriotisme des forces vives de la nation, qui ont sauvé le pays du chaos programmé par les ennemis du peuple, et l’ouverture de la chance du retour au sein de la communauté nationale à «ceux dont la voie s’en est écartée, un retour qui se fonde sur le repentir dans le respect de l’ordre républicain. En outre, il a également souligné la forte relance du développement économique grâce à de «très ambitieux» programmes centrés sur le développement des infrastructures, l’amélioration des conditions de vies de la population, le renforcement de la justice sociale par des transferts sociaux élevés au profit des couches défavorisées, et la modernisation de la gouvernance de l’économie, de l’administration, de l’éducation et de tous les autres secteurs d’activités. La démarche algérienne a intégré dans son action, a-t-il dit, la promotion au sein de la société, dans le système éducatif, dans le fonctionnement des institutions publiques et dans le cadre d’activités de sensibilisation, des valeurs et des principes encourageant le vivre ensemble en paix à travers la réconciliation, le pardon, la tolérance, la valorisation de la différence, le respect mutuel, l’inclusion, la compréhension, la solidarité, le dialogue, la négociation et le rejet de la violence. Comme elle a également intégré, a-t-il poursuivi, la réhabilitation et la réappropriation de notre histoire et de notre identité nationale dans leur triple dimension amazighe, arabe et musulmane, en faisant notamment de tamazight une langue nationale et officielle au côté de la langue arabe, et de Yennayer célébré depuis des millénaires dans l’ensemble des campagnes de l’est à l’ouest de l’Algérie, une fête nationale. «C’est notre conviction que grâce à cette démarche rassembleuse, la nation sera à même de fermer durablement les portes de la rancœur, d’éliminer les risques de stigmatisation sociale et les résidus pouvant alimenter les démons de la vengeance», a-t-il conclu.