Macron, attendu ce mercredi à Alger: Une visite pour renforcer le partenariat économique et consolider les relations bilatérales

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Photo conception L'Echo d'Algérie@

Le président français, Emmanuel Macron, est attendu, ce mercredi, à Alger, pour une visite officielle au cours de laquelle il aura des entretiens avec le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sur les relations bilatérales, le partenariat économique et les questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Cette visite, qui interviendra dans le sillage de la signature de plusieurs accords de coopération économique entre les deux pays, sera certainement une opportunité pour discuter de tous les dossiers qui sont restés en suspens entre les deux pays, notamment la circulation des personnes et la question liée à la mémoire. Pour rappel, la 4e session du Comité mixte algéro-français (COMEFA) qui s’est tenue en novembre dernier au Centre international des confé- rences à Club des Pins, a constitué une étape importante pour la préparation du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) dont la tenue est prévue demain à Paris. Selon le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, qui a coprésidé cette session avec le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, il s’agit d’un moment où les relations d’ensemble et la coopération économique entre l’Algérie et la France «sont substantiellement développés et étoffées, assises sur un socle solide d’intérêt mutuel et orientées vers un avenir appelé à donner lieu à une coopération encore étroite entre les deux pays». Pour Messahel, le caractère stratégique de cette coopération, avec l’ambition commune de parvenir, à terme, à l’édification d’une relation d’exception entre les deux pays a été rappelé et souligné de manière éloquente au cours des derniers mois par les Présidents Abdelaziz Bouteflika et Emmanuel Macron qui ont tout deux «marqué leur attachement pour la promotion de relations fortes entre les deux pays et les deux peuples dans toute leur dimension, notamment humaine et mémorielle». Il a souligné, à cet égard, la décision des deux pays, il y a cinq ans, de mette sur pied le COMEFA à qui a été assignée la tâche d’être un forum d’évaluation, d’impulsion et d’orientation des relations économiques bilatérales par le biais de la création de partenariats et de joint-ventures générateurs d’investissements et susceptibles de contribuer efficacement à l’élargissement des bases du tissu industriel en Algérie. S’il est difficile d’établir un bilan exhaustif des activités du COMEFA depuis sa création récente, il est en revanche plus aisé de tirer des enseignements et recommandations, a-t-il fait observer. Enumérant ces enseignements, le ministre a relevé en premier lieu, que cette enceinte de concertation et de coopération est en train de s’imposer en tant que forum pertinent et porteur pour la promotion de nos relations économiques et commerciales. Elle est devenue, a-t-il expliqué, le cadre dans lequel se négocient et se concluent l’ensemble des partenariats d’affaires entre les deux pays impliquant le secteur public aussi bien que le secteur privé. Dans ce contexte, la finalisation récente du partenariat PSA Peugeot Algérie vient conforter la crédibilité du COMEFA, d’autant qu’il s’agit là d’un projet à forte valeur emblématique pour le partenariat industriel algéro-français, a indiqué Messahel. Il a ajouté, en second lieu, que depuis la création du COMEFA, il a été procédé à la signature d’une quarantaine de protocoles, de Mémorandums et d’accords de partenariat, ce qui souligne non seulement les efforts louables consentis par les deux parties, mais également met en valeur l’important potentiel que recè- lent les relations algéro-françaises. Messahel a estimé, qu’il reviendra dès lors aux opérateurs économiques de nos deux pays d’exploiter ce potentiel et de le traduire en opérations de partenariat dans les différentes branches d’activités, en particulier dans les secteurs innovants en matière industrielle, en matière technologique, dans le numérique, la médecine et les services. Pour le ministre des Affaires étrangères, les gouvernements des deux pays mènent une action résolue d’encadrement et de canalisation des opportunités de coopération et d’affaires, notamment à travers les deux responsables chargés dans l’un et l’autre pays de la coordination des projets. En troisième lieu, Messahel a noté que les résultats positifs et les progrès enregistrés au niveau du COMEFA, qui constituent des acquis importants dont il faut se féliciter, ne sauraient toutefois occulter les limites et les contraintes qui freinent l’expression pleine et entière de notre partenariat , ajoutant qu’il y a lieu de noter la faiblesse des partenariats impliquant des investissements directs dans la quarantaine d’accords et de protocoles signés dans le cadre du COMEFA depuis sa création. Estimant nécessaire d’examiner de manière attentive la question des délais de maturation des projets pour maintenir et stimuler l’intérêt des entreprises dans les deux pays pour la coopération, il s’est dit confiant que les deux gouvernements auront à cœur d’apporter un traitement approprié à ces contraintes et de les dépasser ainsi par des actions communes susceptibles d’impulser la coopération et de la porter au niveau de l’ambition des plus hautes autorités en Algérie et en France. Les échanges franco-algériens reflètent la grande qualité du dialogue politique entre les deux pays et leur volonté partagée d’approfondir les discussions sur les questions régionales et internationales. Des projets prometteurs en matière de coopération industrielle et de promotion des exportations des produits algériens, notamment agricoles, ont été conclus, ce qui renforce et consolide encore davantage le partenariat entre les deux pays. L’Algérie et l’un des premiers partenaires économiques de la France sur le continent africain, avec un volume d’échanges commerciaux annuels de 8 milliards d’euros, alors que la France est le premier investisseur en Algérie hors hydrocarbures et elle y est présente avec 450 entreprises.

La communauté, un point vivant entre les deux pays

Macron avait indiqué que les deux pays avaient besoin de «renforcer» leur partenariat sur le plan diplomatique et sécuritaire car, a-t-il précisé, ils auront à travailler sur deux «grands sujets» à savoir la Libye et le Mali. Il a également émis le souhait de «renforcer les relations consulaires, scientifiques, culturelles et linguistiques entre les deux pays pour former une élite sur le plan académique». Sur le plan humain, il avait estimé que la communauté algérienne établie en France, représentait «un pont vivant entre les deux pays» et incarnait «une mémoire commune». Il a fait aussi part de sa volonté de «renforcer et poursuivre la réconciliation des mémoires, entamée ces dernières années». A propos de la question mémorielle, Macron avait qualifié, pendant sa campagne pour la présidentielle, la colonisation de l’Algérie par la France de «crime contre l’humanité». Dans son message de félicitations à Macron après son élection, le Président Abdelaziz Bouteflika avait salué une «attitude pionnière», qui place le nouveau chef de l’Etat français dans «la position-clé de protagoniste, convaincu et convainquant, du parachèvement d’une réconciliation authentique entre nos deux pays». Le Président Bouteflika avait, également, évoqué «l’ouverture de nouveaux horizons porteurs de la promesse d’une mémoire résolument assumée dans sa vérité et son intégrité et d’une amitié véritablement arrivée à la maturité ainsi que d’intérêts avantageusement équilibrés».