Malawi: 8 candidats  aux élections présidentielles  demain

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Former Malawian President Joyce Banda attends a rally for the People's Party (PP) in her home town a day after her return from a self imposed exile on April 29, 2018 in Zomba, Malawi. Malawi's former president Joyce Banda said she was not afraid of being arrested despite an outstanding warrant over corruption allegations, a day after she returned home from four years in self-imposed exile. / AFP PHOTO / AMOS GUMULIRA

 

Le Malawi s’apprête à organiser demain des élections générales devant permettre l’éléction du chef de l’Etat  parmi huit candidats en lice dont le sortant Peter Mutharika, ainsi que l’élection des députés et des représentants locaux.   

Ce sont 6,8 millions d’électeurs qui devront se rendre ce jour-là aux urnes répartis à travers le territoire national.

La présidentielle est le rendez-vous qui intéresse le plus les citoyens de  ce pays de l’Afrique australe pauvre et agricole dépendant de l’aide internationale.

Le suspens se jouera entre le chef de l’Etat sortant du Malawi Peter  Mutharika et le chef de l’opposition Lazarus Chakwera, ainsi que Saulos  Chilima vice-président et Atupele Muluzi ministre de la Santé. Quatre autres candidats plus au moins inconnus sont en lice pour la  présidentielle.

 Peter Mutharika 78 ans , est au pouvoir depuis 2014. Il cherche à  briguer un second mandat. Il a hérité de la direction du Parti démocratique  progressiste (DPP) à la suite du décès en 2012 de son frère, alors président, Bingu wa Mutharika.

Il est soupçonné d’avoir tenté de cacher le cadavre de son aîné mort  d’une crise cardiaque puis d’avoir intrigué pour empêcher la vice-présidente Joyce Banda d’hériter, conformément à la Constitution, du  fauteuil présidentiel. Il devra patienter jusqu’en 2014 pour prendre la tête du pays.

Sa présidence a été marquée par un fort mécontentement populaire,  alimenté par un scandale de pots-de-vin, des pénuries de nourriture et des  coupures d’électricité.

Son principal rival, Lazarus Chakwera, 64 ans, dirige le principal parti  d’opposition, le Parti du congrès du Malawi (MCP), au pouvoir de 1964 à 1994 du temps de Hastings Banda.  Il retente sa chance à la présidentielle après un premier échec en 2014, où il avait fini deuxième. Avant de se lancer en politique, ce  diplômé en philosophie a présidé les Assemblées de Dieu du Malawi pendant

24 ans. Il bénéficie du soutien de l’ex-cheffe d’Etat Joyce Banda  (2012-2014), qui a renoncé à se présenter.

L’autre candidat qui pourrait peser lors du scrutin de mardi est Saulos  Chilima. Il est élu vice-président en 2014 sur le « ticket » de Peter Mutharika. Chilima a claqué bruyamment l’an dernier la porte du DPP, au  pouvoir, et lancé son Mouvement uni de transformation (UTM) en vue de la

présidentielle.

A 46 ans, ce fervent catholique diplômé d’économie dénonce la corruption  et le népotisme au sein de l’élite dirigeante. Sa campagne énergique et haute en couleurs pourrait attirer les jeunes  de moins de 35 ans, qui représentent 65% des 6,8 millions d’électeurs. Il  peut compter sur le soutien indéfectible de son épouse Mary Chilima, qui a enregistré un clip de rap pour le soutenir.

  Avant d’entrer en politique, Saulos Chilima a occupé de hautes fonctions  dans des compagnies multinationales comme Airtel Malawi, dont il fut le PDG.

Atupele Muluzi, 41 ans, est le quatrième candidat. Il est le fils du  second président du Malawi indépendant, Bakili Muluzi (1994-2004), et est à  la tête du Front démocratique uni (UDF).

Arrivé quatrième à la présidentielle de 2014, il s’était allié au DPP et  occupe actuellement le poste de ministre de la Santé. Il a participé au gouvernement de Joyce Banda. En dépit des foules qui  se déplacent pour ses réunions publiques, il a perdu en crédibilité en continuant de servir comme ministre du président Mutharika.

Le chef de l’Etat est élu au Malawi selon un scrutin à un tour à la  majorité simple. Ces élections sont les premières organisées en vertu d’une  nouvelle loi sur le financement des partis et des campagnes.

             Le Malawi en quelques lignes

    Couvrant environ un cinquième de la superficie du pays (118.484 km2),  le lac Malawi est l’un des plus vastes d’Afrique, long de 580 km sur 75 de  large. Très poissonneux et potentiellement riche en pétrole, il fait l’objet d’un différend frontalier avec la Tanzanie.

En mars, le pays a été durement frappé par le cyclone Idai qui a  également dévasté le Mozambique et le Zimbawe. Environ 80% des 18 millions de Malawites sont chrétiens, les autres  étant animistes ou musulmans. Le pays compte deux langues officielles, l’anglais et le chiwewa.

Ancien protectorat britannique du Nyassaland, le Malawi, devenu  indépendant en 1964, est dirigé par Hastings Kamuzu Banda jusqu’aux  premières élections multipartites de 1994, remportées par Bakili Muluzi,  réélu en 1999.

Bingu wa Mutharika, frère de l’actuel chef de l’Etat, lui succède en  2004. Réélu en 2009, il décède en 2012. La vice-présidente Joyce Banda termine le mandat, terni par un gigantesque scandale de corruption dit du  « cashgate ».

Le Malawi est un pays essentiellement agricole, produisant notamment  du tabac, du thé et du sucre. Seuls 11% de sa population ont accès à l’électricité, et une moitié vit sous le seuil de la pauvreté.

 En 2018, la Banque mondiale estime la croissance du PIB à 3,5%,  ralentie par une moindre production agricole due à la sécheresse et à une  invasion de chenilles.

  Il est classé 171ème sur 189 pays pour son indice de développement  humain (Pnud 2018). La Chine est son premier partenaire commercial.

 En 2017, près d’un million de personnes vivaient avec le sida au  Malawi, selon l’Onusida, avec un taux de prévalence du virus VIH de 9,6%  chez les 15-49 ans. Le sida a provoqué près d’un million d’orphelins.