Mise en ligne d’une nouvelle application algérienne de géolocalisation: Les données au service de lutte contre la pandémie du «Covid-19», rendues accessibles

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Une nouvelle application informatique dédiée à la prévention contre la propagation du coronavirus, (Covid-19), a été créée et mise en ligne par une entreprise oranaise spécialisée dans la géolocalisation, a fait savoir, ce samedi, son responsable, Ali Maâmeri.

Disponible sur le site de téléchargement «Apple Store», l’application a été développée dans le but de «minimiser le risque de la propagation du coronavirus en Algérie», a précisé Ali Maâmeri. Totalement gratuite, cette solution algérienne permet de «retracer les pas de l’utilisateur et d’éviter au maximum le contact avec les sujets affectés», a-t-il fait savoir, signalant que les citoyens peuvent également y accéder via le site http://www.solution-gprs.com/covid/. «Plus de 3700 téléchargements ont été enregistrés durant les premières 24 heures de la mise en ligne de la nouvelle application qui donne également des statistiques détaillées, par wilaya, avec le nombre des cas hospitalisés, rétablis et décédés», a-t-il expliqué.

L’initiative est à l’actif d’une équipe de jeunes informaticiens de l’entreprise dirigée par Ali Maâmeri qui capitalise une dizaine d’années d’expérience dans le domaine de la géolocalisation. Plusieurs pays comme l’Autriche, la Belgique, ou encore l’Allemagne mettent tour à tour à profit les données télécom pour cerner au mieux la propagation de l’épidémie. Destinés à suivre au plus près, les déplacements d’une personne, et retracer ses interactions sociales sur plusieurs heures, voire plusieurs jours ? En suivant la localisation de son smartphone, qui reste bien souvent à portée de main. Pour plusieurs gouvernements, la mise à profit des données télécom s’est ainsi présentée comme une option de choix à l’aune de l’épidémie du «Covid-19». «En Allemagne, l’opérateur Deutsche Telekom a rendu accessible une partie de ses données télécom, anonymisées, à un Institut de santé, afin de mieux modéliser les flux de population», a rapporté Der Tagesspiegel, le 17 mars passé. En parallèle, les trois opérateurs télécom belges ont envisagé, également, de recourir à leurs données pour organiser des plans de prévention plus ciblés, s’avance L’Écho. Aux USA, c’est la piste des données Google et Facebook qui est envisagée, relate le Washington Post. En Chine, une créatrice de podcast ayant voyagé entre Shanghai et Wuxi a indiqué, récemment,   avoir donné son consentement à son opérateur afin de transmettre aux autorités ses données de déplacement sur les deux dernières semaines, et prouver ainsi ce qu’elle a avancé. À Taïwan, une expérience qui a porté ses fruits La géolocalisation de leur smartphone alerte la police en cas de sortie du domicile. Le pays ne recense que 153 cas pour le moment. Salué pour l’efficacité de sa lutte contre le coronavirus, Taïwan veut aller encore plus loin. Le pays est en train de déployer une «barrière électronique» basée sur la localisation des smartphones. Il veut ainsi garantir que les personnes mises en quarantaine restent chez elles. «L’objectif est d’empêcher les gens de sortir et de propager l’infection», a expliqué à Reuters, Jyan Hong-wei, chef du département de la cybersécurité de Taïwan. Il travaille directement avec les opérateurs de télécommunications locaux pour lutter contre le virus. Le système alerte la police si les personnes en quarantaine à domicile s’éloignent de leur adresse ou éteignent leur téléphone. En cas de déclenchement d’une alerte, les autorités contactent la personne ou lui rendant visite dans les 15 minutes suivantes. Les fonctionnaires ont appelé, également,  deux fois par jour afin de s’assurer que les gens n’évitent pas le suivi en laissant leur téléphone à la maison. Plusieurs gouvernements dans le monde se sont basés sur la géolocalisation pour imposer des quarantaines obligeant les personnes qui ont été exposées au virus à rester chez elles. Toutefois, le système de Taïwan serait le premier à utiliser le suivi des téléphones portables à cette fin.

Ce système a provoqué très peu de plaintes à Taïwan, qui n’a signalé que 153 cas de virus, contre plus de 80 900 en Chine voisine.

Yasmine Derbal