Moins de 10 concessionnaires remplissent les conditions d’importation des véhicules: Le ministère de l’Industrie s’apprête à délivrer des licences

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Le ministère de l’Industrie a accéléré les procédures d’octroi des licences d’importation des véhicules, en annonçant le lancement de la plateforme numérique pour les enregistrements initiales électroniques conformément à la réglementation établie pour les activités de fabrication des véhicules et les concessionnaires des véhicules neufs, et ce, depuis hier.

Selon le communiqué du ministère de l’Industrie, les concessionnaires sont tenus de fixer un rendez-vous avec les services du ministère pour déposer le dossier des enregistrements initiales, en raison du retard dans le lancement des inscriptions, ce qui peut entraîner un retard dans la date annoncée pour le début de l’importation et de la fabrication des véhicules. Dans cette optique, l’ancien président de l’association des concessionnaires automobiles multimarques, Youcef Nebbache, estime que «les mesures prises prendront du temps et que l’entrée de nouveaux véhicules pourrait être retardée jusqu’en 2021, alors que seulement 100 jours nous séparent de la nouvelle année». «L’arrivage des nouveaux véhicules prendra un peu de temps après la finalisation de l’enregistrement, l’obtention des licences, la soumission des commandes, l’arrivée des navires transportant les voitures, la démobilisation des véhicules et les exposés dans des show-rooms, nécessitant un temps, et à mon avis, cela ne pourrait pas être avant 2021», a-t-il insisté. Youcef Nebbache ajoute : «L’exigence de propriété d’un bien immobilier supérieur à 6400 m2 pour chaque concessionnaire souhaitant déposer son dossier de candidature à une licence d’importation de véhicules a éliminé les ambitions de dizaines d’anciens professionnels qui ont été renvoyés à la faillite ces dernières années en raison de la suspension du processus d’importation des véhicules et du licenciement de travailleurs.» et de souligner : «Un grand nombre d’anciens concessionnaires aspiraient à revenir sur le marché en 2020 après avoir rouvert le champ à l’importation des véhicules, mais les conditions de propriété du bien ont détruit leurs espoirs», s’est-il expliqué. «Le nombre de concessionnaires et de professionnels de l’automobile, qui possèdent ces espaces, est inférieur à 10, à un moment où 100 opérateurs ont souhaité  reconquérir le marché de l’automobile.» Toujours dans le même sillage, M. Nebbache affirme que «ces nouvelles conditions rendront le nombre d’importateurs très faible», en s’interrogeant  à cet effet, «seule une dizaine d’opérateurs peut importer 200 000 véhicules ?» Avant de poursuivre ces propos : «Si tel est le cas, alors ce cahier des charges perpétuera à nouveau le monopole, car un petit nombre de personnes importe des véhicules et contrôle leur vente et achat sur le marché algérien et imposera leur logique de prix, qu’ils associeront à des justifications liées à la loi de l’offre et la demande.» Cela arrive à un moment où des sources ont rapporté que ceux qui respectent les conditions d’importation de véhicules sont comptés sur les doigts d’une seule main, à l’instar du concessionnaire «Emin Auto» qui travaille avec un partenaire turc, ou encore Hadj Abderrahmane, un ancien représentant de la marque Mercedes en Algérie, et d’autres qui ont des salles d’expositions qui dépassent 6400 m2, tandis qu’un nombre considérable de concessionnaires souhaite obtenir des licences d’importation pour la commercialisation des marques allemandes qui sont très demandées sur le marché algérien.

  1. W. Benchabane