Mort de l’ex-président Morsi: L’Egypte accuse l’ONU de vouloir politiser  l’affaire

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L’Egypte a accusé mercredi l’ONU de vouloir « politiser » la mort de l’ex-président Mohamed Morsi suite à la demande par  le bureau des droits de l’Homme des Nations unies d’ouvrir une enquête « minutieuse et indépendante » sur le décès de Morsi en pleine séance de  comparution devant lundi.

Ainsi et dans un communiqué rendu public , le porte-parole du  ministère des Affaires étrangères, Ahmed Hafez égyptien, a qualifié la  demande onusienne d’une « tentative délibérée pour politiser un cas de décès  naturel ». « Toute mort soudaine en prison doit être suivie d’une enquête rapide,  impartiale, minutieuse et transparente menée par un organe indépendant afin de faire la lumière sur la cause du décès », avait déclaré mardi Rupert  Colville, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme.

Mohamed Morsi est en détention depuis près de six ans et maintenu à  l’isolement lorsque sa mort est survenue. Lundi, alors qu’il s’exprimait  devant un tribunal, il s’est effondré et n’a pu être ranimé. « Comme l’ancien président Mohammed Morsi était détenu par les autorités  égyptiennes au moment de sa mort, l’Etat a la responsabilité de s’assurer qu’il était traité humainement et que son droit à rester en vie et à être  soigné a été respecté », avait rappelé M. Colville. Selon ce dernier, des « inquiétudes » avaient été soulevées au sujet de ses conditions de détention et de son accès à des soins médicaux pendant sa  détention.

    En mars 2018, une commission britannique indépendante, dirigée par le  député conservateur Crispin Blunt, avait dénoncé le maintien à l’isolement  23 heures par jour de l’ex-président, qui souffrait d’antécédents diabétiques et d’insuffisance rénale.      Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), ainsi que le député Crispin  Blunt, ont également réclamé une enquête « indépendante » sur la mort de l’ancien président de 67 ans.

Mohamed Morsi, destitué en 2013 par l’armée à la faveur de  manifestations populaires après une courte mandature d’un an, avait été  condamné à un total de 45 ans de prison pour incitation à la violence contre des manifestants fin 2012 et « espionnage » au profit du Qatar.     Il était rejugé après l’annulation de deux verdicts prononcés contre lui –une condamnation à mort et une réclusion à perpétuité.