Notre Mawlid

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    Mawlid Al Nabi

    En déclarant que les festivités du Mawlid ne doivent pas s’encombrer d’interdits, le ministre des Affaires religieuses coupe ainsi l’herbe sous les pieds de tous les moralistes, nombreux à émettre des fatwas pour décréter toute manifestation de joie haram réduisant ainsi cette fête religieuse fondamentale (elle commémore quand même la naissance du Prophète Mohammed (QSSSL) à une simple date du calendrier. Cette velléité à interdire toute festivité ne serait que la traditionnelle chekhchoukha accompagnée du rituel des bougies et du henné, est complètement étrangère à nos belles traditions. Car, il n’y a aucun mal à faire bombance un soir l’an et le repas permet de réunir toute la famille. Bien sûr, il y a et il aura toujours des excès de la part d’une jeunesse prompte à «s’éclater» en dépensant un argent fou en pétards et autres artifices tonitruants. Mais de là à faire de cette soirée un moment banal parce que toute manifestation de joie est assimilée à de la dépravation, voilà qui relève d’une pratique tout à fait étrangère à nos habitudes empreintes de joie et d’exubérance. Et cette tendance à interdire la joie nous est importée par des groupuscules convaincus qu’ils détiennent la vérité infuse parce qu’un cheikh saoudien ou moyen oriental si possible d’El Azhar, l’a décrété. Pour cette raison, le ministre des Affaires religieuses a déclaré que nos imams étaient habilités à prendre ce genre de décisions concernant le culte des Algériens. Un culte hérité de nos ancêtres qui l’ont toujours pratiqué avec tolérance et sérénité. Loin de cet islam rébarbatif pratiqué sous d’autres contrées qui viennent enfin d’autoriser la femme à conduire, au XXIe siècle. Voilà pourquoi ce Mawlid sera comme les autres, festif, fait de ripailles, de bougies illuminant les chaumières et aussi du vacarme des pétards. Mais une nuit, ça passe !