Nourriture d’import 

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    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les importations de l’agroalimentaire ont sensiblement augmenté par rapport au premier semestre précédent, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Le lait et les produits laitiers ont subi une hausse de 75% par rapport à l’année dernière, les viandes une hausse de 34%, le café, le thé,  le sucre et les légumes secs ont eux aussi connu une augmentation.
    Cela signifie tout simplement que l’Algérie continue d’importer de plus belle malgré les bonnes intentions clairement énoncées. Ces chiffres effarants expliquent surtout l’échec de toutes les politiques agricoles menées jusqu’ici et qui ont coûté des sommes colossales en termes de plans de développement et autres concessions qui n’ont rien donné sinon des détournements et des dépenses de budgets en dehors de leurs destinations initiales. Parce que les responsables qui se sont succédé à la tête du secteur agricole ont tous adopté la même approche, qui consiste à croire qu’il suffit d’injecter de l’argent pour que s’épanouisse une agriculture  qui nécessite une maitrise technique, une volonté d’intensification, de véritables plans de charge confiés à des experts et non à des fonctionnaires otages de visions bureaucratiques éculées. Or c’est ce qui s’est passé avec ces grands projets qui ont été lancés et qui se sont révélés des échecs cuisants. Le résultat s’en est immédiatement suivi et cet argent a surtout profité à des indu-bénéficiaires qui se sont convertis en promoteurs immobiliers sur des terres agricoles. On comprend  lors que nous soyons de plus en plus dépendants des lobbys des importateurs. Quand on affecte des terres cultivables à l’immobilier, à quoi faut-il s’attendre?  A l’exemple de ce gigantesque plateau de Zéralda, jadis un immense vignoble, devenu en un tour de passe-passe, l’assiette foncière qui abrite 10.000 logements AADL ! Autant d’habitants qui vont acheter du lait, du sucre et des légumes secs importés…