OIT: Le Coronavirus pénalise davantage les travailleurs précaires

0
81

La pandémie de coronavirus touche tous les travailleurs d’une manière générale, mais pénalise davantage ceux qui ont des emplois précaires, a alerté l’Organisation internationale du travail (OIT) dans un article publié sur son site web.

«Les travailleurs qui possèdent des contrats précaires ou exercent des formes atypiques d’emploi sont particulièrement atteints, car beaucoup d’entre eux n’ont pas accès aux congés maladie, ou à d’autres formes indispensables de protection», a fait constater Janine Berg, économiste principale à l’OIT. L’auteur de l’article à noté que de nombreux articles à propos des effets sur l’emploi de la pandémie du COVID-19 ont concentré leur attention sur les possibilités de licenciements et sur les conséquences financières pour les employés. Ces dernières décennies à travers le monde, il y a eu une augmentation importante du nombre de personnes occupant un travail temporaire, à mi-temps, par intérim ou chez divers sous-traitants, ainsi que de nouvelles formes de travail comme l’économie des petits boulots dans laquelle les personnes sont toujours considérées comme travailleurs indépendants. «Cependant, comme de nombreux pays établissent des seuils d’éligibilité pour accéder à la sécurité sociale – nombre d’heures minimales par semaine, minimum de revenus, ancienneté minimale dans l’emploi occupé – de nombreuses personnes se retrouvent sans protection suffisante, ce qui les rend vulnérables», a-t-elle expliqué. Avec l’augmentation du nombre de personnes travaillant selon des modalités différentes, la couverture en matière d’assurance-chômage se réduit, y compris dans les pays où ils existent des structures bien établies. Cette économiste à l’OIT a rappelé que face à la diversification des conditions de travail, l’OIT a adopté durant les années 90 une série de normes internationales du travail pour promouvoir l’égalité de traitement pour les travailleurs à mi-temps, ceux des agences d’intérim et ceux qui travaillent à domicile. A ce titre, elle a évoqué l’article 6 de la Convention (n 175) sur le travail à temps partiel de 1994, indiquant que «Les régimes légaux de sécurité sociale doivent être adaptés de manière à ce que les travailleurs à temps partiel bénéficient de conditions équivalentes à celles des travailleurs à plein temps se trouvant dans une situation comparable». La convention spécifie également que dans les pays qui disposent de seuils en vigueur, il convient de les «revoir périodiquement». Elle a également cité la Recommandation (n 202) sur les socles de protection sociale, 2012 indiquant que les pays se doivent de garantir au moins un niveau de base de protection sociale universelle et de s’assurer d’aboutir progressivement à des niveaux appropriés de protection pour le plus grand nombre de personnes et le plus rapidement possible. Pour elle, la crise engendrée par le COVID-19 constitue un moment opportun pour respecter cette orientation, pour restructurer et reconstruire les systèmes actuellement en vigueur. «Il est clair que l’ensemble des travailleurs – quel que soit leur contrat de travail – doivent avoir le droit à la santé, à rester chez eux lorsqu’ils sont malades au lieu de se rendre quand même au travail, et à bénéficier d’aides aux revenus en cas de réduction des horaires ou de la perte d’emploi en raison d’une situation critique», a-t-elle plaidé. Elle a enfin conclu que dans un monde très divers, les gens ont besoin de travailler de manière flexible, «mais cette flexibilité ne doit pas se faire aux dépens de mesures de protection nécessaires pour les travailleurs». «Le COVID-19 devrait constituer une prise de conscience dans ce sens au niveau international», a-t-elle espéré.