OMC: L’adhésion de l’Algérie continue de susciter « questionnements » et  « hésitations »

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Un abandon des règles multilatérales, a-t-il poursuivi, « n’est pas  envisageable sachant ses effets sur la croissance mondiale et les conséquences en découlant sur la restructuration, voire l’abandon de  secteurs économiques entiers. C’est à un nouveau rapport de force qu’il faut s’attendre à l’issue duquel émergera un système multilatéral réformé ».

S’agissant du retard de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, il a indiqué que  malgré qu’elle soit confirmée comme une « nécessité », cette adhésion, qui dure depuis trois décennies, continue à susciter « questionnements » et « hésitations ». Il a précisé, cependant, que les textes existants ou proposés ne  concrétisaient pas l’adhésion comme une « option stratégique », ajoutant qu' »il est ainsi de la question notamment de l’investissement étranger, des marchés publics, des licences d’importations et d’exportations. Dans son analyse, le Pr Bouabdallah a estimé que la politique commerciale  de l’Algérie avait souffert d' »incohérence » tout comme la politique économique globale, dont elle n’est qu’un élément, relevant que « la preuve de cette assertion est la dépendance accrue à l’égard des importations, résultat contraire à la politique de substitution d’importation prônée  ouvertement ou indirectement ». La seconde preuve, a-t-il dit, est « la spécialisation dans la mono exportation d’hydrocarbures, affirmant que c’est à l’aune de ces deux fortes caractéristiques qu’il faut se prononcer sur l’adhésion ou non aux règles multilatérales ». « Il parait évident que l’Algérie s’est marginalisée du processus de  mondialisation, dont beaucoup de pays en développement ont su profiter pour s’approprier la technologie, élargir leurs parts sur mes marchés intérieurs et internationaux et restructurer leurs économies vers le haut des chaines de valeur globales ». Pour lui, les dispositions de la loi de finances complémentaires (LFC) pour 2009 et plus récentes (remise en cause des libertés concédées aux IDE,  de certaines dispositions liées à la clause du traitement national, l’interdiction de certaines importations etc.) s’inscrivent en faux par rapport aux engagements bilatéraux, régionaux et multilatéraux signées par l’Algérie en la matière d’investissement et remettent en cause les réformes accomplies. L’ouverture commerciale, a-t-il souligné, « n’est qu’un élément de toute la politique économique du pays. Elle ne conduit pas automatiquement au  développement mais le développement ne peut se passer d’elle. Aussi, son issue devient tributaire de la capacité à modifier l’environnement des affaires (flexibilité du marché du travail, mise en place d’institutions économiques efficaces, système d’incitation, etc.). Ces considérations font en sorte que l’avantage comparatif est le résultat et le non fondement des échanges ». Il a, par ailleurs, estimé que le tarif douanier de l’Algérie « ne semble  pas avoir joué un rôle dans l’‘affectation/réaffectation des ressources. Une simple comparaison avec les deux pays voisins le met en évidence ». « Alors que le décideur algérien a marqué une indifférence quant au choix des secteurs à protéger au moyen de tarifs plus élevés, le Maroc et la Tunisie ont joué de cet instrument pour développer et consolider leurs avantages comparatif (amont et aval de l’agriculture, textiles et confection, etc.).Par ailleurs, les deux voisins se réservent une marge de  manœuvre pour revoir en cas de nécessité leurs tarifs à la hausse dans le respect de ces plafonds négociés ». D’entrée de jeu, l’Algérie avait ramené le tarif douanier à la fin des années 1990 à un niveau plus faible que celui appliqué par de nombreux pays déjà membres de l’OMC et ayant mis en úuvre l’Accord d’association avec l’UE. A cela venaient s’ajouter d’autres incohérences: la première a consisté à soumettre, au moyen de l’accord d’association avec l’Union européenne, aux règles de l’OMC 50% du commerce sans être membre de celle-ci.  La deuxième a consisté à soumettre le capital étranger à la règle dite « 51/49% » (introduite dans la LFC 2009) laquelle eut pour effet d’attirer le capital étranger vers la sphère commerciale et constitue de fait un encouragement aux importations et une renonciation aux effets positifs qu’on prête habituellement aux IDE. Pour conclure, le Pr a estimé que l’absence d’une stratégie de diversification des exportations était la troisième incohérence, affirmant que le déséquilibre de la balance des paiements s’inscrit dans la durée et obligera le pays à accepter dans le moyen terme des réformes dans un  contexte difficile. Pour rappel, la commissaire européenne, Cecilia Malmstrom avait annoncé la semaine passée que l’OMC traversait une « crise profonde » qui pourrait provoquer une paralysie de son organe de règlement des différends (ORD) d’ici la fin de l’année. Gita Gopinath, l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) avait lui aussi affirmé que la guerre commerciale sino-américaine demeurait « le risque majeur » pour l’expansion économique mondiale. 

Synthèse Yasmine / Ag