Opep-Non Opep : Un redressement des cours pétroliers passe par une réduction  « conséquente » de la production

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 Un redressement des cours pétroliers passe par une  réduction « conséquente » de la production des pays de l’Opep et de ses  partenaires non Opep, a indiqué l’expert dans les questions énergétiques,  Nazim Zouioueche, dans un entretien à la veille de  plusieurs réunions de l’Opep qui se tiendront du 5 au 7 décembre à Vienne  (Autriche).

Selon lui, la réduction estimée, aujourd’hui, à un (1) million de barils  par jour (mbj), doit être plus conséquente avec une baisse de 1,5 mbj pour  pouvoir compenser d’éventuelles augmentations venant d’autres pays. Afin de comprendre les enjeux et défis de la prochaine réunion de l’Opep  avec ses partenaires, M. Zouioueche, ex. P-dg de Sonatrach, fait le point  sur le contexte actuel marqué par une augmentation de l’offre pétrolière de  certains pays producteurs et un ralentissement de l’économie mondiale. « A l’approche du mois de novembre 2018, mois fixé pour la reprise des  sanctions contre l’Iran, certains producteurs avaient cru bon d’augmenter  leur production pour être prêts à compenser la diminution des exportations  pétrolières iraniennes sur le marché. Or, les Etats-Unis ont décidé, au  dernier moment, d’un moratoire laissant la possibilité à huit pays, dont la  Chine et l’Inde, de continuer à importer du pétrole iranien pour une  période de six mois, sans crainte de représailles de la part des  Etats-Unis », rappelle-t-il. Par ailleurs, poursuit-il, l’économie mondiale subissait un ralentissement  dû en grande partie aux nouvelles taxes imposées par les Etats-Unis aux  importations à partir de la Chine et de l’Union européenne principalement. Ainsi, le ralentissement de la demande et l’abondance de pétrole sur le  marché ont grandement contribué à la chute brutale des prix, en portant  atteinte à l’équilibre offre-demande. M. Zouioueche rappelle, à ce titre, qu’après avoir atteint un niveau de 86  dollars en octobre dernier, le Brent s’est écroulé en novembre pour  s’établir à un niveau inférieur à 60 dollars  alors que le baril de WTI  américain s’établissait autour de 50 dollars. Selon cet expert, il est ainsi clair que la principale manière de stopper,  d’abord, cette décroissance des prix et d’aider, ensuite, à une remontée  des prix « passe par une réduction de la production des pays de l’Opep et de  ses partenaires ».

 Les pressions des Etats-Unis sur l’Arabie Saoudite

 Mais, avise cet expert, si l’Opep et ses partenaires n’arriveraient pas à  s’entendre clairement sur une réduction de production, il est certain que  le prix du baril, aussi bien le Brent que le WTI, pourrait encore chuter.  D’autant plus que les Etats-Unis militent ouvertement pour un prix de  pétrole bas. « On se rend compte que les Etats-Unis tentent de faire pression sur  l’Arabie Saoudite pour l’amener à ne pas consentir à une réduction de la  production de l’Opep. Comme l’Arabie Saoudite est, de loin, le principal  producteur de l’Opep, on s’imagine bien que si les pressions américaines  aboutissent, nous risquerions à coup sûr de connaitre un nouvel épisode de  baisse ». Interrogé sur les perspectives du marché pétrolier à moyen terme, M.  Zouioueche pense que si l’Opep et ses partenaires n’annonceront aucune  réduction de la production vendredi prochain à Vienne, ou annonceront une  réduction « cosmétique », le prix du baril connaitra une baisse plus marquée  dans l’avenir immédiat, et ce, surtout si le ralentissement de la  croissance mondiale se précise.  Cependant, soutient-il, si les pays de l’Opep et les partenaires  producteurs observent une stricte discipline en matière d’extraction et si,  comme cela semble s’annoncer, la « guéguerre » des taxes sur les exports  prenait fin, « on pourrait constater, dès la seconde moitié de 2019, une  reprise sensible du prix du pétrole ». Dans un avenir plus lointain et comme conséquence de la réduction des  investissements mondiaux dans l’exploration et la production des  hydrocarbures depuis 2014, le prix du baril pourrait connaitre une hausse  « sensible » similaire à celles de la décennie précédente, prédit cet expert:   « On constate déjà que l’on compense de moins en moins la production par de  nouvelles réserves ». Dans ce sens, M. Zouioueche ne manque pas de souligner l’impératif pour  l’Algérie de changer de cap et de s’orienter vers une politique économique  moins dépendante des hydrocarbures, lui permettant de se libérer des  fluctuations des prix du pétrole. « En ce qui concerne notre pays, ces fluctuations des prix nous incitent de  plus en plus à développer une économie solide hors hydrocarbures et à  investir dans les énergies renouvelables abondantes et infinies dans notre  pays », fait-il valoir. Ceci permettra de produire de l’électricité non seulement pour les besoins  internes du pays mais aussi pour l’export, tout en dégageant de grosses  quantités de gaz (moins nocif que les autres hydrocarbures) qui est appelé,  selon lui, à être de plus en plus apprécié surtout comme vecteur de  transition vers les énergies renouvelables.

N.I