Pandémie du Covid-19: Vers un confinement général le jour de l’Aïd

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Le gouvernement se dirige vers l’instauration d’un confinement général et total durant les deux jours  de l’Aïd El Fitr afin de prévenir contre la propagation du Covid-19.

A cet effet, le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Covid-19 a recommandé le report des circoncisions collectives organisées habituellement au 27e jour du Ramadhan, Leïlat el Qadr, en raison des mesures sanitaires en vigueur pour éviter une éventuelle propagation du virus, a indiqué le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid. A quelques jours de la fête de l’Aïd El Fitr, le Comité scientifique a mis l’accent sur l’impératif d’annuler également les visites collectives dispensées par des associations ou des citoyens aux malades dans les hôpitaux, tel que souligné par le ministre. Par ailleurs, le Comité scientifique a préconisé le port des bavettes comme moyen de soutien à la stratégie nationale de lutte contre l’épidémie et de maintien des résultats positifs récemment réalisés. De ce fait, le gouvernement  a décidé d’approvisionner le marché national de façon hebdomadaire en 7 millions de masques, à mettre à la disposition des citoyens au niveau des pharmacies, en vue de l’obligation du port des bavettes dans les lieux publics et les lieux de travail. Pour ce faire, il a été décidé de mobiliser tous les moyens nationaux disponibles pour augmenter la production de ces masques et assurer leur disponibilité en quantité suffisante sur le marché national. Dans le cadre de cette démarche, le Comité scientifique a souligné l’impératif de respecter «les bons gestes en utilisant ces masques pour une meilleure efficacité», et ce, à travers «le lavage des mains avant le port du masque devant couvrir le nez et la bouche». Rappelant «la nécessité d’éviter de toucher la bavette et l’importance de la désinfecter», le ministre a affirmé que «les moyens de protection et de prévention sont parfaitement inutiles si les mains ne sont pas correctement et régulièrement lavées». M. Benbouzid a indiqué que grâce à l’engagement de l’Etat et aux recommandations des spécialistes, experts et membres du Comité scientifique, la stratégie actuelle adoptée dans la lutte contre cette pandémie «a donné des résultats très positifs qui augurent de l’optimisme pour une sortie de crise avec le moins de dégâts possibles» à condition que cet optimisme soit agrémenté «de prudence, de vigilance et de responsabilité». La baisse du nombre de malades dans les services de réanimation et des soins intensifs, placés sous respiration artificielle et la hausse du nombre des cas guéris quotidiennement sont tous des indices positifs «qui nous amènent à dire que nous sommes sur la bonne voie de maîtrise de cette pandémie, à condition de faire preuve de plus de responsabilité et de respect strict des mesures de prévention», a conclu le ministre. Le Premier ministre a exprimé récemment son optimisme sur la situation de la propagation du coronavirus, mais a, cependant, averti que «nous ne sommes pas à la fin de l’épidémie», ce qui nécessite, a-t-il insisté, «le respect des mesures de prévention et d’éviter les comportements qui peuvent causer un retour en arrière». Après avoir réitéré l’impératif de refonder le système de santé, Abdelaziz Djerad a souligné néanmoins que le secteur dispose de «nombreux points positifs, dont une élite médicale de haut niveau, ainsi qu’une harmonie qui a donné de la force à la lutte contre l’épidémie, s’appuyant sur des bases scientifiques et académiques et non pas aléatoire». Abordant, par ailleurs, les marques de la solidarité nationale des citoyens durant cette crise, le Premier ministre a déclaré que «cela n’est pas étranger au peuple algérien», soulignant que la solidarité n’est pas dans les choses matérielles uniquement, mais également dans la sensibilisation des citoyens sur la prévention contre cette épidémie. «Le concept moral est à la base de la lutte contre l’épidémie en cette période», a-t-il ajouté. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé récemment que la crise que traverse l’Algérie est conjoncturelle et non structurelle. Cela laisse supposer que la roue de l’économie nationale, affectée par la pandémie du coronavirus et la chute des prix du pétrole, sera relancée prochainement. Cette crise sanitaire et pétrolière a créé en Algérie une situation difficile, mais loin d’être catastrophique.Pour le président de la République,  l’Algérie pourra avoir dans deux années une croissance économique forte pour peu que des hommes d’affaires intègres s’impliquent. Partant de ce constat, le gouvernement compte mettre tous les atouts de son côté pour gagner le pari de la relance de la machine économique en veillant à la levée de tous les verrous se dressant devant les investisseurs nationaux et étrangers à travers la loi de finances complémentaire qui constituera le début d’une rupture et l’occasion de construire un système économique réel. Récemment, le Premier ministre a assuré que tous les verrous qui empêchent l’investissement national et étranger vont disparaître, dans le cadre de LFC, assurant que ce texte va donner une nouvelle dynamique et une autre vision à l’investissement. Cette loi va être le début d’une rupture progressive et de la construction d’un système économique réel et elle va mettre un terme à tout ce qui a été fait pour bloquer les investissements et pour empêcher l’Algérie de construire une réelle économie, avait-il expliqué. Evoquant les dispositions prévues dans la LFC, il a cité particulièrement la règle 49/51% qui sera complètement levée, sauf pour quelques secteurs jugés stratégiques. Dans ce contexte, il a fait état de l’élaboration de la LFC sur trois principaux axes de développement qui sont respectivement le développement de la ressource humaine, la transition énergétique et l’économie de la connaissance.

L’Algérie dispose de compétences et d’une élite en mesure de concrétiser ces projets et de relever le défi du développement Il est question, dans le cadre du premier axe, de développer la ressource humaine, de reconstruire le système national de santé, de réformer l’école et  l’université algériennes. Le deuxième axe portera, quant à lui, sur la transition énergétique et l’exploitation des énergies renouvelables afin de ne plus dépendre de la rente pétrolière, tandis que le troisième axe sera focalisé sur l’édification de l’économie de la connaissance dans l’objectif de moderniser le pays. «Ce sont-là des objectifs nobles auxquels les Algériens doivent croire et pour lesquels ils sont appelés à travailler pour redonner à notre pays un rôle sur le plan international et sa place qu’il mérite», avait relevé M. Djerad, tout en faisant remarquer que l’Algérie dispose de compétences et d’une élite en mesure de concrétiser ces projets et de relever le défi du développement. Assurant que le gouvernement avait établi un diagnostic sur la situation de l’économie nationale, l’intervenant a mis en exergue la vision de l’Exécutif de procéder de manière «sereine» pour «ne pas refaire les erreurs du passé» en vue de mettre en place une «approche pragmatique» devant permettre de sortir le pays d’une crise multidimensionnelle. Il a ajouté dans ce sillage que le pays dispose de moyens financiers suffisants pour dépasser la crise économique, mettant en avant l’adoption d’une approche «pragmatique et réaliste» par le gouvernement qui tient compte des difficultés actuelles, appelant les Algériens au dialogue et au patriotisme ainsi qu’à tenir compte de la volonté politique pour  reconstruire leur pays. Par ailleurs, et dans une correspondance qu’il avait adressée le mois passé, le Premier ministre avait instruit les membres de son gouvernement, à procéder, en application des instructions du président de la République, à une consultation avec les organisations patronales et les syndicats des travailleurs activant dans le monde économique, autour de la problématique de l’atténuation des effets induits par les mesures de prévention et de lutte contre le coronavirus, prises par l’Etat. En effet, les mesures prises par les pouvoirs publics pour la prévention et la lutte contre la pandémie impactent directement la vie économique et l’emploi, ce qui nécessite une solidarité nationale d’envergure pour le maintien de l’activité économique, la préservation de l’emploi et la prise par l’Etat de mesures de régulation rendues nécessaire par cette conjoncture. En tenant compte des différentes mesures déjà mises en œuvre par les pouvoirs publics dans les domaines bancaire, fiscal, parafiscal et des marchés publics, l’effort commun devra s’orienter d’abord sur l’évaluation, par secteur d’activité, des impacts de la crise sanitaire sur la situation financière et de l’emploi des entreprises. La concertation devra être focalisée également sur le maintien de l’activité économique dans le strict respect des mesures de prévention et de lutte contre le coronavirus ainsi que la prise de mesures pour la survie des entreprises impactés et la préservation de l’outil national de production et de réalisation. Le troisième thème de la concertation portera sur les modalités de mobilisation et de gestion de la sphère économique face à cette conjoncture exceptionnelle que traverse le pays, afin de sauvegarder l’emploi et préparer la reprise de la croissance. Dans ce contexte, et pour assurer la dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, le président de la République avait appelé à prioriser l’investissement dans les produits agricoles assurant la sécurité alimentaire du pays. Il s’agit ici d’encourager les filières céréalières, notamment le maïs, ainsi que les filières à même de couvrir les besoins nationaux en sucre, huile et céréales.  Il avait chargé, à ce propos, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural de mettre en place, à court terme et avant la fin de l’année en cours, un mécanisme sous forme d’un office ou autres en vue de relancer promouvoir les investissements agricoles qu’ils soient nationaux, étrangers ou mixtes. En outre, le président de la République a affirmé que le recul des recettes algériennes d’exportation des hydrocarbures était une réalité liée à l’évolution de la pandémie du coronavirus que connaît le monde, assurant que «nous devons nous préparer sérieusement pour surpasser les  répercussions de la crise économique mondiale. Et d’ajouter : «C’est également une occasion pour nous de prendre conscience de la vulnérabilité de notre économie nationale, en raison de notre négligence pendant des décennies à la libérer de la rente pétrolière, indiquant qu’il est impératif de mettre un terme aux mauvaises pratiques qu’a inculquées la période de l’aisance financière, à l’exemple du gaspillage, de l’esprit dépendantiste, de fainéantise et de surconsommation.» «Se débarrasser de ces pratiques demeure un devoir noble pour nous tous afin de passer sérieusement, collectivement et définitivement vers l’édification d’une nouvelle économie fondée sur la diversification des recettes, la protection de la production nationale, l’économie du savoir et la concrétisation de la transition énergétique, et ce, a-t-il expliqué, pour que le destin de toute une nation ne soit pas à la merci des fluctuations des marchés pétroliers.»

  1. Benslimane