Plan d’action du gouvernement: Le Premier ministre répond aujourd’hui aux députés

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Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad

Après deux jours de débat autour du plan d’action du gouvernement, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, répondra aujourd’hui aux interrogations posées par les députés.

Ces derniers ont, notamment, appelé le gouvernement à la consolidation des mécanismes à même d’assurer la transparence et à la poursuite de la lutte contre la corruption. Dans ce cadre, le député Kada Ouafi a indiqué que le plan d’action du gouvernement revêtait «une importance urgente» pour traiter les dysfonctionnements actuels, néanmoins, a-t-il ajouté, il faudrait, «le consolider par des mécanismes à même d’assurer la transparence dans l’ensemble des domaines pour l’édification d’une forte société qui se réfère à la loi seule».

Il a mis l’accent en outre sur l’impératif «d’opérer un changement radical touchant l’ensemble des régions du pays». Le député Berramdane Nazih a déclaré, pour sa part, que ce plan «renferme de bonnes intentions», appelant à «la lutte contre la bureaucratie, le renforcement de l’indépendance de la Justice et le contrôle de la gestion des affaires publiques». Il a également appelé à accélérer «l’amélioration du pouvoir d’achat et la promotion du système de santé». Le député Ahmed Sadok a mis en avant, à son tour, l’impératif de «poursuivre la lutte contre la corruption et la fraude», d’adopter «la transparence et la sincérité», en vue d’en finir avec «les «dysfonctionnements du passé». Dans le même contexte, il a mis en avant la nécessité de «donner la priorité» à la réforme politique à travers «la révision de la Constitution en accord» avec les forces politiques, puis «la révision des principales législations» du pays. Qualifiant ce plan de «bon», le député Nareddine Hamdadouche a plaidé pour «la poursuite de la lutte sincère contre la corruption», «le changement des mentalités et comportements», et «la consolidation des mécanismes de contrôle et de reddition de comptes». Dans le même cadre, la députée Jamila Belhabib a appelé à «la suprématie de la loi» dans l’ensemble des secteurs, relevant la nécessité de «raffermir le rôle de l’Etat dans tous les domaine en vue de préserver son caractère social». De son côté, le député Ahmed Chaalal a qualifié le plan d’action du gouvernement d’«ambitieux et intègre» visant à «changer le système de gouvernance» en vue de l’édification d’une Algérie nouvelle répondant aux aspirations de toutes les catégories du peuple. La députée Amira Salim a mis l’accent sur l’impératif, pour le gouvernement, d’accélérer la mise en place d’un système législatif stable et d’œuvrer à attirer les compétences algériennes établies à l’étranger, notamment les porteurs de projets économiques importants. Pour sa part, le député Mohamed Ahmed Harici a plaidé pour «des mécanismes de prise en charge des immigrés clandestins algériens dans certains pays européens, à l’instar de l’Espagne». Le député Omar Mahsas a souligné, pour sa part, l’impératif pour le gouvernement de mettre à contribution toutes les agences sanitaires et fonds spéciaux pour lutter contre les différentes maladies, à leur tête le cancer. Plusieurs députés ont salué, à cette occasion, le dialogue initié par le président de la République avec les partis et les personnalités nationales sur la situation général dans le pays. Au plan économique, ils ont unanimement relevé l’impératif d’une révision du système fiscal et des dispositifs régissant l’investissement et de la modernisation du système bancaire à travers la mise en route de la numérisation. Ils ont également plaidé pour la refonte du système bancaire et le soutien et l’accompagnement des startups, mettant en avant la nécessité d’une réforme financière, notamment du système fiscal, qui «souffre de plusieurs vides juridiques». Le projet de plan d’action du gouvernement pour la mise en œuvre du programme du président de la République dresse un état des lieux, en relevant, d’abord, que le peuple algérien «dans un formidable sursaut, historique, caractérisé par un pacifisme hors du commun», a exprimé et affirmé «sa forte aspiration pour le changement, la démocratie, la justice sociale et l’Etat de droit» Ils ont, en outre, appelé au maintien des entreprises productives et à la modernisation du système bancaire pour contribuer à la croissance économique et l’opérationalisation de la numérisation dans tous les secteurs. Le Premier ministre avait souligné que «le rétablissement et le renforcement de la confiance entre le peuple et ses dirigeants passent par une démocratie basée sur les principes de l’alternance au pouvoir, le respect des libertés individuelles et collectives, la justice sociale et la consolidation de l’Etat de droit». Dans le même contexte, il a affirmé que le gouvernement aspire à une «société dans laquelle il n’y aura pas de place pour les différences entre les Algériens et ce, quel que soit leur niveau social», ce qui permettra de «garantir à tout un chacun l’égalité des chances, dans le cadre d’un système démocratique consacrant l’indépendance de la Justice et la légitimité des institutions». Il a ajouté que le gouvernement s’attèlera à «assainir l’héritage désastreux» de la gouvernance des années précédentes par la «mise en place de nouvelles pratiques ouvrant la voie à un changement politique et économique auquel aspire le peuple algérien». Le Premier ministre a souligné, à cet effet, que le «nouveau pacte» sera concrétisé à travers «le triptyque développement humain, transition énergétique et économie de la connaissance et numérique». Djerad a relevé que l’Algérie a connu, au cours de ces dernières années, «une gestion catastrophique de l’Etat ainsi que des pratiques autoritaires ayant mené au pillage et à la dilapidation des richesses du pays et à la destruction systématique de ses institutions et de son économie dans le but d’accaparer ses biens». Il a précisé que ces pratiques ont entraîné «la marginalisation des compétences nationales, sincères et honnêtes, déstabilisant ainsi les fondements même de l’Etat, et menaçant l’unité du peuple». Le Premier ministre a affirmé que cette «réalité amère» avait incité les Algériens, toutes franges confondues, à sortir le 22 février 2019 pour «condamner et rejeter cette tentative d’affaiblir notre pays» et empêcher par la même que «cette situation ne se reproduise plus».

Djerad a, en outre, indiqué que le peuple algérien revendique un «changement global du système qui est révolu et souhaite l’émergence de pratiques politiques saines et une véritable démocratie, ainsi qu’une gouvernance économique moderne et transparente, à même de prémunir le pays de la corruption, du népotisme et de la désinformation». Le projet de plan d’action du gouvernement pour la mise en œuvre du programme du président de la République dresse un état des lieux, en relevant, d’abord, que le peuple algérien «dans un formidable sursaut, historique, caractérisé par un pacifisme hors du commun», a exprimé et affirmé «sa forte aspiration pour le changement, la démocratie, la justice sociale et l’Etat de droit». Ces valeurs fondamentales sont à la base des besoins exprimés par les Algériens et les Algériennes qui sont sortis pacifiquement, le 22 février 2019, pour «mettre fin aux errements du pouvoir d’alors et demander une refonte de la gouvernance de l’Etat allant dans le sens d’une réelle démocratie qui permet au peuple d’être la source unique de tous les pouvoirs». Le plan d’action met en évidence, ensuite, une crise multidimensionnelle issue de «dérives successives» dans la gestion des affaires publiques et d’une «mainmise de forces occultes et extraconstitutionnelles sur les leviers de la décision politique», ayant eu pour conséquence une «corruption érigée en système de gouvernance» et faisant peser des «menaces majeures» sur la souveraineté nationale. «Faisant sienne cette dynamique historique» (ndlr: mouvement populaire du 22 février) le gouvernement affirme qu’il veillera à concrétiser, dès l’aboutissement de la révision constitutionnelle, l’engagement du président de la République de revoir, d’une manière «profonde», l’ensemble du dispositif d’organisation des élections dans l’objectif d’en faire un «véritable moyen d’expression de la volonté populaire». La nouvelle politique économique et financière constituera, quant à elle, le «fer de lance» de l’action du gouvernement qui ambitionne, à travers le présent plan d’action, de créer les mécanismes pour la relance du développement et l’émergence d’une économie diversifiée, créatrice d’emplois et de richesses et «libérée du carcan bureaucratique qui étouffe non seulement les entreprises mais qui bloque, également, la capacité de notre économie à croitre durablement». D’autre part, un nouveau mode de gouvernance empreint de «rigueur et de transparence», marquant une rupture radicale avec les anciens modes de gouvernance ayant conduit à de graves déviations et dérives, est prôné par le gouvernement. Ce nouveau mode de gouvernance prévoit notamment la refonte du dispositif législatif d’organisation des élections, la moralisation de la vie publique et la refonte de l’organisation et des modes de gestion de l’Etat et de ses démembrements.

  1. Benslimane