Plus de 24 millions d’Algériens appelés aujourd’hui aux urnes: Les cinq candidats face à leur destin

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Après trois semaines de campagne au cours de laquelle ils ont tenté de convaincre les citoyens du bien-fondé de leur démarche, l’heure de vérité a sonné pour les cinq candidats à la présidentielle.

Aujourd’hui, ils seront face à leur destin, puisque plus de 24 millions d’électeurs algériens seront appelés aux urnes pour l’élection d’un nouveau président de la République, un événement considéré comme crucial et décisif pour sortir le pays de la crise politique qu’il traverse depuis plusieurs mois. À ce titre, toutes les dispositions légales, organisationnelles et sécuritaires ont été prises pour garantir la réussite de ce scrutin et permettre aux Algériens de s’acquitter de leur devoir en toute liberté et dans un climat de sécurité, soutiennent, depuis quelques jours, les autorités publiques. À ce propos, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP a affirmé avoir, déjà, donné des instructions «fermes» à l’ensemble des composantes de l’ANP et des services de sécurité sur «la nécessité de faire preuve des plus hauts degrés de vigilance et de disponibilité, et de veiller à garantir une sécurisation totale de ces élections afin de permettre aux citoyens à travers tout le pays, d’accomplir leurs droit et devoir électoraux dans un climat de sérénité et de quiétude». Le chef d’état-major de l’ANP a exhorté, à ce titre, le corps de la Gendarmerie nationale, en coordination avec les unités de l’ANP et les différents corps de sécurité, à «prendre toutes les dispositions afin de sécuriser totalement les centres et bureaux de vote à travers toutes les régions du pays, ainsi que les bureaux itinérants dans les régions reculées, afin de garantir la réussite des prochaines présidentielles». À Biskra, le vice-ministre de la Défense nationale avait assuré, il y a quelques jours, que «toutes les mesures idoines à même de préserver au peuple algérien sa sécurité et sa stabilité et à l’Etat algérien et ses institutions vitales leur notoriété et leur pérennité ont été prises et ce, jusqu’à atteindre l’étape de la tenue des élections présidentielles». En effet, pour la réussite de ces élections, Ahmed Gaïd Salah a soutenu que «toutes les dispositions de sécurisation de l’ensemble des étapes du processus électoral ont été prises, en sus des mesures légales permettant de protéger la voix du citoyen et de préserver le caractère constitutionnel de ce processus national d’importance». Il a promis, à ce titre, de «faire face, avec la force de la loi, à quiconque tenterait de cibler et perturber la sérénité de cette journée décisive dans le parcours de l’Algérie et troubler ce rendez-vous électoral important et décisif». Lors de sa visite à Oran, le général de corps d’armée a mis en garde, une nouvelle fois, contre toute tentative de perturber le processus électoral ou d’empêcher les citoyens d’exercer leur droit constitutionnel. «Nous mettons en garde de nouveau, la bande et ses relais, voire toute personne tentée de porter atteinte à cette démarche constitutionnelle ou de l’entraver, pour enliser le pays dans des voies périlleuses, en perturbant les élections ou en tentant d’empêcher les citoyens d’exercer leur droit constitutionnel», a-t-il averti, rappelant que «la justice et tous les organes de l’Etat leur feront face». «L’Algérie a besoin de l’effort de tous ses enfants pour  surmonter, en toute sécurité, cette conjoncture, et contribuer par conséquent à atteindre les nobles objectifs nationalistes de cet important rendez-vous électoral» Tous les personnels de l’ANP et des services de sécurité sont, ainsi, appelés à faire preuve des «plus hauts degrés de vigilance et de prudence» afin «d’avorter toute tentative malveillante ou de machination qui attenterait au bon déroulement de cet important évènement et d’empêcher quiconque de perturber ce processus électoral». «Conscients de cette responsabilité vitale et de son extrême importance, nous sommes prêts à accomplir nos nobles missions et contrecarrer toutes les tentatives désespérées de porter atteinte au bon déroulement des élections, quelle que soit leur origine, afin d’amener le pays à bon port», a-t-il ajouté. Le chef d’état-major de l’ANP a estimé, dans ce contexte, que l’Algérie a besoin de l’effort de tous ses enfants pour «surmonter, en toute sécurité, cette conjoncture, et contribuerait par conséquent à atteindre les nobles objectifs nationalistes de cet important rendez-vous électoral». Le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, et ministre de la Culture par intérim, Hassane Rabehi a affirmé, à plusieurs reprises, que toute les mesures nécessaires ont été prises, pour «assurer le bon déroulement de l’élection présidentielle dans la transparente et sur la base des valeurs démocratiques». «L’Etat a pris toutes les mesures et assuré les conditions susceptibles de permettre au pays d’organiser une élection présidentielle transparente sur la base des valeurs démocratiques et à la faveur des mesures sécuritaires préventives considérables à la hauteur de ce rendez-vous historique important», avait-il assuré. Il avait estimé que la réaction du peuple sera «positive à travers une participation massive». Au cours de leur campagne, les cinq candidats ont mis en avant leurs programmes et exposé leurs visions quant aux réformes à engager pour le pays. Même si les candidats semblaient avoir des visions similaires sur plusieurs questions, leurs stratégies pour courtiser les électeurs divergent. Les présidentiables sont, en effet, unanimes sur la nécessité d’engager des réformes économiques profondes et sur l’importance de relancer le secteur agricole pour mettre fin à la dépendance aux hydrocarbures. Ainsi, le candidat indépendant Abdelmadjid Tebboune s’est engagé à soutenir et à développer l’agriculture et l’économie du savoir en vue de s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures et d’éradiquer le chômage. Il a affirmé que son programme prévoit le renforcement de l’économie du savoir en coordination avec les universités et les centres de recherche ainsi que le développement du secteur agricole, notamment la céréaliculture à Sétif, afin de réduire la dépendance de l’économie nationale aux hydrocarbures et de créer de nouveaux postes d’emploi. La refonte du dispositif d’organisation des élections, à savoir le code électoral, figure également dans le programme du candidat Tebboune, à travers la définition «avec rigueur» des critères et conditions exigées des candidats à l’élection aux assemblées locales, de wilaya et nationales ainsi qu’à l’élection présidentielle. Une nouvelle Constitution «renforcera» le rôle et le pouvoir des institutions de la République, les organes de contrôle bénéficieront d’une «totale indépendance», leurs missions respectives «seront désormais orientées vers la défense des intérêts de la nation et non des personnes» Le programme de l’ancien Premier ministre prévoit aussi de favoriser l’émergence d’une «nouvelle génération d’élus compétents et intègres», «bannir définitivement» la collusion entre argent sale et politique par des dispositions pénales. Il projette également une réforme «globale» de l’Etat dans «tous ses démembrements et ses institutions» de la République et assurer ainsi l’avènement d’un Etat de droit au service du peuple, un Etat moderne, efficace et légitime par sa performance et un Etat stratège promoteur de développement et garant de intérêt général. Azzedine Mihoubi a promis, pour sa part, que les reformes politiques qui seront engagées «répondront aux revendications populaires exprimées par la majorité des citoyens» durant le Hirak, en consacrant l’Etat de droit et garantissant la justice sociale. À ce titre, un «large débat national» sera organisé avant d’engager un processus de révision de la Constitution, précise le programme du candidat à la magistrature suprême. Selon le candidat du RND, la nouvelle Constitution consacrera, notamment, «la séparation et l’équilibre des pouvoirs et affirmera le contrôle de l’action de l’exécutif par le législatif». Elle consacrera aussi «l’indépendance de la justice en accordant l’autonomie du Conseil supérieur de la magistrature par rapport au président de la République». Une nouvelle Constitution «renforcera» le rôle et le pouvoir des institutions de la République, les organes de contrôle bénéficieront d’une «totale indépendance», leurs missions respectives «seront désormais orientées vers la défense des intérêts de la nation et non des personnes». Abdelaziz Belaïd prône, de son côté, l’édification d’institutions «en mesure de refléter la puissance et la place de nouvelle République», en s’engageant pour une révision de la Constitution ainsi que l’«ensemble de textes législatifs relatifs aux réformes». Pour ce faire, il promet l’ouverture d’«espaces et création de centres d’écoute favorisant les débats et l’encouragement du dialogue à tous les niveaux afin de déterminer les repères et fondements de l’Algérie nouvelle». Le candidat du Front El Moustakbal s’est engagé à ouvrir un dialogue «sérieux, sans exclusive avec l’ensemble des Algériens» pour diagnostiquer la situation en prévision de l’édification d’une «nouvelle République bâtie par les Algériens et fondée sur l’égalité, le travail et la loi». Il promet, en ce sens, d’ouvrir de grands chantiers pour la révision de l’ensemble des textes réglementaires et à leur tête la Constitution en la hissant au niveau de «la nouvelle République que nous allons édifier avec tous les Algériens». Le candidat du parti Talaie El Houriyet, Ali Benflis, soutient que son programme électoral se veut «une transition globale» dont l’objectif est «la modernisation politique, économique et sociale du pays», répondant aux aspirations «justes et légitimes» du Hirak. Il fixe, dans ce cadre, un ensemble de priorités pour «remettre au plus tôt l’Etat national en ordre de marche» avec, en premier lieu, des «institutions légitimes du sommet à la base», et en mobilisant le peuple autour d’un «projet national» dans lequel il pourra voir une «traduction fidèle» de ses ambitions et de ses aspirations. Le candidat propose, à cet effet, «une transition politique sous la forme d’une transition démocratique», reposant sur «sept chantiers prioritaires: institutionnel, constitutionnel et judiciaire, ainsi que des chantiers sur les libertés, les droits, les médias, la moralisation de la vie publique en général et de la vie politique en particulier, ainsi que la gouvernance moderne». Selon lui, il s’agit, tout particulièrement, de «transformer l’Etat national en un Etat de droit ainsi que de la refonte des ordres constitutionnel et institutionnel de manière telle que l’exercice des responsabilités politiques soit soumis, en permanence, au contrôle». Le candidat du mouvement El Bina, Abdelkader Bengrina, promet, de son côté, de bâtir une «Algérie nouvelle» à travers des réformes politiques et constitutionnelles «profondes» dans le cadre d’un dialogue national «global, représentatif et sans exclusive», ouvert à tous les acteurs quelle que soit la tendance. Ce dialogue sera un espace qui permettra à toutes les franges de la société de faire des propositions dans un cadre «démocratique» et dans la «transparence», en vue de sortir le pays de la crise et retrouver la dynamique de développement.

  1. Benslimane