Plusieurs experts l’ont souligné: Des réformes structurelles s’imposent pour relancer l’économie nationale

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Au sein des milieux économiques la tendance a été, de tout temps, de mettre en avant les aspects financiers, mais sans les relier aux mécanismes qui les génèrent. Aujourd’hui, plusieurs économistes pensent que le pays est «en panne» au plan financier et que les indicateurs «ne correspondent en rien aux flux de l’économie réelle».

Se référant à ce qu’ils appellent «la magie de la rente pétrolière», ces mêmes experts estiment que celle-ci permet de masquer les caractéristiques réelles de l’économie. Pour ce faire, des réformes sont à entreprendre nécessairement lors des prochaines échéances, au titre d’une dynamique stratégique de développement, observent les mêmes analystes, d’où l’impérieuse nécessité d’entreprendre des réformes de toute urgence, sur la base d’un consensus avec l’ensemble des acteurs de la société. Pour rappel, des députés à l’APN ont plaidé pour le report du projet de loi sur les hydrocarbures à l’après-présidentielle du 12 décembre afin de permettre à ses rédacteurs de prendre le temps nécessaire pour son examen et son enrichissement dans le cadre d’un dialogue inclusif associant l’ensemble des intervenants dans le secteur. S’exprimant lors du débat autour du projet de loi sur les hydrocarbures, des députés ont estimé nécessaire d’accorder du temps supplémentaire afin d’examiner ce texte, plaidant pour son report après la prochaine Présidentielle. Le député Abdeldjebar Tazir (Mouvement El Infitah) a indiqué que la conjoncture actuelle que vit le pays ne permettait pas de débattre d’une loi de haute importance et sensibilité, étant un outil essentiel de développement du secteur des hydrocarbures en particulier et de l’économie nationale en général, avant d’appeler à l’impératif report du texte de loi à après l’élection présidentielle. Abondant dans le même sens, le député Hadj Belghouati (Front El Moustakbal) a mis en avant l’importance de ce projet, notamment en termes de sécurité énergétique, d’autant plus qu’il exige beaucoup de «clairvoyance, de précision et de réflexion», ce qui signifie l’impératif de lui donner le temps indispensable pour le débattre, soulignant la nécessité de s’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures et de rechercher d’autres sources alternatives de richesses. Belghouati a également appelé à s’ouvrir sur d’autres secteurs, tels que l’agriculture, le tourisme et autres secteurs, en vue de créer de la richesse et d’en finir avec la dépendance aux hydrocarbures pour concrétiser le développement durable du pays.

De son côté, le député Dakmous Dakmoussi (Front de l’Algérie Nouvelle) a rappelé la nécessité d’accorder davantage d’intérêt à ce projet, particulièrement en termes d’approfondissement de son examen et de consultation des spécialistes préconisant également son report jusqu’à l’élection d’un nouveau président et la stabilité de la situation. Le député Mustapha Nouassa du parti Tajamou Amel El Jazair (TAJ) a estimé que ce projet n’a pas impliqué assez d’experts et de bureaux d’études en dépit de son importance cruciale, soulignant qu’il contient généralement des points positifs et d’autres négatifs comme le manque d’incitations dans le domaine du développement des industries pétrochimiques. D’autre part, la députée Souad Lakhdari (FLN) a indiqué que les réformes contenues dans le projet de loi sont à même d’attirer davantage d’investissement, appelant à l’impératif de charger un groupe d’experts d’expliquer cette loi au citoyen, notamment les articles traitant de l’investissement et le partenariat avec les étrangers. Répondant à ces préoccupations, le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a affirmé que les raisons derrière l’élaboration de ce projet résident essentiellement en le recul des réserves depuis 2005 faute de nouveaux contrats d’investissement conclus avec les partenaires dans le cadre des activités d’exploration et de prospection. Il a également indiqué que l’exploration de nouvelles réserves pétrolières et gazières est devenue une nécessité «impérieuse et urgente» pour l’Algérie, nécessitant un cadre juridique adéquat. Le timing de ce projet est «purement économique» coïncidant avec le recul de l’activité d’exploration pétrolière dans le pays à la lumière de l’incapacité de Sonatrach de supporter les grandes charges de cette activité et d’une conjoncture marquée par une grande hausse de la demande interne en énergie, a-t-il dit. Le ministre a ajouté que le projet de ce texte intervient pour adapter l’activité de Sonatrach aux données du marché mondial du pétrole et à la forte concurrence qu’imposent les grands producteurs d’hydrocarbures. Il a relevé que l’exploration de nouvelles réserves pétrolières et gazières est devenu un impératif urgent pour l’Algérie, d’où la nécessité d’un cadre juridique adéquat. La suggestion de ce nouveau texte vise à retrouver la place de choix qu’avait l’Algérie sur le marché mondial de l’énergie, dans les années 1990, grâce aux avantages qu’offraient à la Sonatrach et ses partenaires la loi sur les hydrocarbures de 1986, a expliqué le ministre, tout en rappelant que pas moins de 83 contrats avaient été signés, dans le cadre de la loi 86-14, dont 20 demeurent en vigueur à ce jour. Pour Arkab, la nécessité du projet de loi sur les hydrocarbures est imposée par le recul de l’activité d’exploration en Algérie, au vu de l’impossibilité pour Sonatrach d’assumer seule les charges colossales de cette activité dans un contexte où la demande interne enregistre une hausse sans précédent et où le marché européen connait une féroce concurrence imposée par les plus grands producteurs.

  1. Benslimane