Plusieurs personnalités proposées pour conduire le dialogue: Une nouvelle feuille de route se dessine pour une sortie de crise

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21ème vendredi de manifestations en Algérie photo Fateh Guidoum / PPAgency

Les personnalités nationales qui conduiront le processus du dialogue inclusif auquel a appelé le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, pour sortie de la crise et tenir la prochaine élection présidentielle, seront bientôt connues. Ces personnalités nationales qui doivent être « probes, indépendantes et crédibles » auront la charge de mener le processus de dialogue inclusif visant l’organisation de l’élection présidentielle.

A cet effet, le forum civil pour le changement, qui regroupe des organisations et des associations de la société civile, a dévoilé hier une liste de personnalités composée notamment d’anciens responsables de l’Etat, de moudjahidine et de compétences pour mener ce dialogue. Cette liste comprend, entre autres, les deux anciens Premier ministres, Mouloud Hamrouche et Mokdad Sifi, l’ex-ministre des Affaires étrangères, Ahmed Taleb El Ibrahimi, l’ancien président de l’APN, Karim Younes, la moudjahida Djamila Bouhired, ainsi que l’avocat et militant des droits de l’homme, Mustapha Bouchachi. C’est dire qu’une nouvelle feuille de route est en train d’être élaborée pour que le dialogue entre les différentes composantes de la société puisse aboutir à une vision consensuelle permettant une sortie définitive de la crise que traverse notre pays. Pour rappel, des partis politiques, des personnalités nationales, des élites universitaires ainsi que des associations se sont rencontrés récemment à l’école supérieure d’hôtellerie et de restauration d’Ain Benian (Alger) au sein d’un forum national pour tenter de promouvoir le dialogue, en vue de parvenir à une solution à la crise politique actuelle. Ce forum, dont les travaux ont été coordonnés par l’ancien ministre de la Communication Abdelaziz Rahabi, visait à promouvoir le cadre du dialogue, sa conduite, ses mécanismes sous la forme d’une Instance nationale d’organisation et de supervision des élections, ainsi que tous les détails et les modalités de sa création, sa composition et les garanties de son indépendance. Lors de ce forum, les participants ont échangé leurs visions et leurs points de vue sur la base d’un dialogue global qui doit aboutir à la mise en place des garanties pour un scrutin transparent, régulier et crédible. Ils ont également souligné que seule la satisfaction de ces exigences est de nature à amener les Algériens à voter et que les hommes de bonne volonté dans la classe politique au sein du pouvoir doivent accepter d’aller vers un compromis solide, estimant que l’histoire du passage d’une démocratie formelle à une démocratie réelle « se construit maintenant ».

Les Algériens, sortis en masse pour réclamer une véritable transformation politique, « n’est pas porté par une motivation partisane ou idéologique

C’est la gravité de la situation et le devoir de patriotisme qui ont motivé des chefs de partis, les principaux syndicats autonomes, des personnalités politiques, des élites universitaires, des associations, corporations et des organisations estudiantines à engager une initiative politique destinée exclusivement à proposer au peuple algérien et à ses dirigeants une plate-forme visant à amorcer un dialogue inclusif et responsable, a-t-on expliqué, relevant que cet effort de participation à la concrétisation des aspirations des Algériens, sortis en masse pour réclamer une véritable transformation politique, « n’est pas porté par une motivation partisane ou idéologique, mais par la prise de conscience de la gravité du moment, des perspectives économiques inquiétantes et des menaces réelles aux frontières ». Les propositions émanant de ce forum ont été soumises au pouvoir, ainsi qu’aux élites et aux autres forces politiques pour pouvoir trouver des convergences entre toutes les offres de dialogue faites jusque-là. Lors de son dernier discours à la nation, le chef de l’Etat avait lancé un nouvel appel pour « un dialogue national inclusif » sur la prochaine échéance présidentielle, assurant que l’Etat, y compris l’institution militaire, ne sera « pas partie prenante à ce dialogue ». M. Bensalah les a invités, ainsi, à participer à ce dialogue destiné à « débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle » afin qu’ils apportent « leur contribution à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité ». Jugeant ce dialogue « plus que nécessaire », le chef de l’Etat a estimé qu’il constitue également « la meilleure voie pour parvenir aux formules consensuelles nécessaires sur l’ensemble des questions en rapport avec l’élection présidentielle. « Ce dialogue est urgent, parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale du fait d’un environnement extérieur particulièrement complexe », a-t-il soutenu. M. Bensalah a invité, à ce titre, toutes les parties à « mettre de côté les calculs marginaux et les exigences irréalistes », soulignant que celles-ci « sont de nature à prolonger la situation actuelle et d’entrainer notre pays dans une situation de vide constitutionnel, source d’incertitude et d’instabilité.

L’Etat, a-t-il poursuivi, « se contentera de mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du Panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement

Détaillant sa nouvelle offre politique, le chef de l’Etat a affirmé que le processus de dialogue qui sera lancé incessamment, « sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale ». Il s’est engagé, à cet égard, à ce que l’Etat dans toutes ses composantes, y compris l’institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus M. Bensalah a assuré, à ce propos, que « les participants au dialogue auront la liberté de discuter et de débattre des conditions à réunir pour garantir la crédibilité du scrutin et aborder l’ensemble des aspects législatif, réglementaire et organisationnel de cette élection, y compris le déroulement du calendrier électoral, ainsi que les mécanismes de son contrôle et de sa supervision ». Il a insisté, dans ce contexte, sur le fait que le dialogue « devra nécessairement se concentrer sur l’unique objectif stratégique que constitue l’organisation de l’élection », qui « devrait se tenir à une date la plus rapprochée possible » et se dérouler « dans le cadre de la Constitution qui impose la préservation de l’Etat, respect des Institutions et la prévalence de l’intérêt supérieur de la Nation ». Le dialogue devrait, en outre, axer ses discussions sur « l’organe ou l’autorité électorale indépendante à mettre en place » et qui « aura pour mandat d’organiser et de contrôler le processus électoral dans toutes ses étapes ». « Il s’agira de débattre et d’arrêter la configuration de cette entité et de fixer ses missions et attributions, son mode d’organisation et de fonctionnement ainsi que sa composante, y compris, éventuellement, les personnalités consensuelles devant la diriger », a-t-il détaillé. Pour le chef de l’Etat, cette entité qui va se substituer à l’administration publique « sera appelée à intervenir sur tout le territoire national et aura, en conséquence, des démembrements au niveau des wilayas, des communes et des circonscriptions électorales de notre communauté à l’étranger ». Une loi spécifique devrait être adoptée pour permettre la mise en place de cet organe, a affirmé M. Bensalah qui a souligné, en outre, la nécessité d’adapter, en conséquence, le dispositif législatif et règlementaire, notamment la loi électorale. Il a relevé ainsi la nécessité de réviser cette loi pour « y introduire toutes les garanties, à même de faire en sorte que ce scrutin puisse répondre à toutes les exigences d’impartialité, de régularité et de transparence ». « Comme il sera également nécessaire d’examiner l’articulation entre cet organe qui sera créé et la Haute instance indépendante de surveillance des élections, prévue par la Constitution, dont il est possible de revoir la composition », a-t-il ajouté. Pour le chef de l’Etat, l’élection présidentielle « reste la seule solution démocratique viable et raisonnable » pour transcender les écueils de cette étape cruciale de l’histoire de l’Algérie ».