Pour cause d’absence de la certification halal – Les Musulmans de France risquent de se passer de mouton pour l’Aïd al Adha

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La communauté musulmane de France risque de fêter cette année l’Aïd al-Adha sans mouton.

Chaque année, le leader de la certification halal, AVS créé en 1991, se charge d’apposer la certification halal sur les bêtes destinées au marché de la viande halal, mais à l’approche de l’une des plus grandes fêtes religieuses musulmanes, AVS annonce que les conditions requises pour sa certification ne sont pas réunies. Dans un communiqué de presse publié sur son site, Fouad Imarraine, porte-parole d’AVS affirme que “Les conditions ne sont pas requises”. il rappelle que le sacrifice des bêtes de l’Aïd répond à des exigences particulières, dont celle de l’âge du mouton.  “ L’avis général, basé sur un hadith authentique, stipule que le mouton à sacrifier doit disposer de ses premières dentitions définitives, qui n’apparaissent que bien après la première année ”, souligne le communiqué d’AVS. Comme les agneaux naissent généralement au cours du premier trimestre, ceux-ci sont abattus avant leur premier anniversaire, c’est-à-dire bien avant l’âge des six mois requis. Pour l’Aïd al-Adha qui aura lieu le 22 août prochain, les agneaux disponibles dans le circuit alimentaire seront beaucoup trop jeunes. Et afin d’éviter toute ambiguïté, AVS a décidé de ne certifier que les moutons âgés d’au moins un an.  “ Or, les élevages en Europe ne proposent pas cette catégorie d’animaux ” pour des raisons de rentabilité, précise le labellisateur.  “ Il y a deux ans, on voyait déjà que le problème risquait de se poser ”, explique le certificateur qui regrette le manque d’information concernant l’âge des bêtes. “Là où les bovins et les ovins bio ont un ‘passeport’ permettant de connaître la date de leur naissance, l’âge des ovins est estimé par lots”.Et pour parer à tout problème : “ La règle est de s’éloigner de toute possibilité de doute ” explique AVS, il est impossible de vérifier l’âge des bêtes une par une. Pour le porte-parole du certificateur, “ la validité du rite et des règles religieuses prime sur les règles financières et AVS préfère donc mettre en avant l’éthique pour cet Aïd. Les premiers bouchers à qui nous avons annoncé la nouvelle l’ont bien prise”,Indique Fouad Imarraine. Globalement, les consommateurs vont comprendre notre décision. Si pour l’année 2018 les dés sont jetés, pour 2019, AVS cherche une solution en proposant notamment de laisser les bêtes grandir au-delà d’un an.

M.H