Pour préserver les fondements de l’Etat: Nécessité de rétablir la confiance du citoyen

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Le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Bouzid Lazhari, a affirmé que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, était «fortement imprégné» de la culture de protection des droits du citoyen.

Le président de la République est fortement imprégné de la culture de protection des droits du citoyen et de la conviction que la mission première de l’Etat est la préservation de ces droits», a déclaré à la presse M. Lazhari, à l’issue de la remise du rapport annuel 2019 sur les droits de l’homme en Algérie au chef de l’Etat. Et d’ajouter : «Nous avons également constaté une forte volonté politique pour la consécration des droits de l’homme, notamment la liberté d’expression, l’indépendance de la justice, la liberté de constitution d’associations et la liberté de manifester pacifiquement dans le cadre de la loi et la préservation des fondements de l’Etat.» Concernant le rapport remis au président de la République, le président du CNDH a expliqué qu’il était essentiellement axé sur «le Hirak béni originel qui revendiquait les droits de l’homme, des élections régulières et transparentes et l’éradication de l’argent sale». À cette occasion, le président du CNDH a mis l’accent sur l’impératif de rétablir «la confiance du peuple» qui a appelé à «la consécration des droits de l’homme dans tous les domaines, civil, politique, social et économique en concrétisation de l’objectif principal de la Déclaration du 1er Novembre». En préconisant une rupture totale avec les méthodes révolues de gestion des affaires de l’Etat, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, aura tracé la voie du changement, un choix qu’il a toujours défendu pour édifier un Etat fort s’appuyant sur une économie loin de la politique de rente et totalement indépendante des hydrocarbures. Il a affirmé récemment lors de son entrevue avec la presse, que l’objectif auquel il œuvrait était «le salut de la patrie», assurant que «les choses progressaient bien» en dépit des tentatives de certains «de semer la zizanie et d’affaiblir le pays». «L’objectif de l’Algérie Nouvelle est le salut de la patrie, qui est un devoir national et un droit pour tous les Algériens, et tout un chacun est le bienvenu pour contribuer à sortir de la situation que vit le pays et mettre fin à la mentalité de l’exclusion pour la simple raison d’un changement dans le poste de responsabilité», a déclaré le Président Tebboune, soutenant que la voie est ouverte à toutes les compétences nationales. Soulignant sa volonté de «rétablir la cohésion entre le peuple algérien», le président Tebboune a plaidé pour «une rupture définitive entre le passé et le présent en vue de construire un avenir qui soit le prolongement du présent». À ce propos, il a assuré que «les choses progressaient bien» en dépit de «certaines personnes qui, en raison de leur manque de foi et de nationalisme, tentent de semer la zizanie et d’affaiblir le pays». De tels agissements ne sauraient entamer notre volonté surtout face à l’optimisme affiché par les citoyens, notamment des quartiers populaires de tout le pays», a-t-il ajouté. Par ailleurs, le chef de l’Etat a indiqué que le changement structurel du nouvel Etat passait par «une nouvelle Constitution qui tire les enseignements de toutes les précédentes pour être consensuelle et pérenne», mettant en avant l’impératif de parvenir à des lois garantissant la moralisation de la vie politique et économique» et à des décisions économiques institutionnelles transparentes et pérennes permettant aux citoyens de contrôler les deniers publics. Réitérant l’existence d’une forte volonté politique pour le changement, le président de la République a fait remarquer que celle-ci nécessitait pour sa réussite «le soutien des citoyens». Il a rappelé, dans ce sens, avoir été le candidat de la société civile et des jeunes en refusant de postuler sous l’étiquette d’un quelconque parti politique parce qu’il voulait être «le Président de tous les Algériens». Pour le chef de l’Etat, la société civile a un rôle axial dans la prise en charge des problèmes quotidiens du citoyen et le mouvement associatif «est le cœur battant» de la société, d’où la désignation d’un Conseiller spécial, a-t-il fait savoir. Le Président Tebboune a expliqué que l’Etat qu’il œuvre à édifier, «partant de son appartenance Novembriste», était «un Etat fort qui consacre la justice et préserve les droits des faibles. Un Etat social garantissant l’égalité des chances, combattant la pauvreté et veillant à la répartition équitable du revenu national». Estimant que les disparités sociales sont une bombe à retardement menaçant l’unité nationale, le Président Tebboune a mis l’accent sur l’impérative lutte contre toutes les formes de corruption portant atteinte au pays et au citoyen à la fois, à leur tête la corruption qui «affecte directement le citoyen, victime de chantage pour un droit», faisant état de plusieurs cas de corruption dont les auteurs ont été sanctionnés. À ce propos, il a exhorté les citoyens à dénoncer tout dérapage et à défendre leurs droits dans le cadre de la loi. Evoquant l’importance de séparer l’argent du pouvoir, il a estimé que l’argent sale donne lieu à des «institutions faibles». «La concurrence doit être sur la base des idées, de la crédibilité et de l’intégrité en laissant le choix au citoyen», dit M. Tebboune. Pour le président de la République l’édification de la nouvelle Algérie, «par les bras» de tous ses enfants passe par la volonté politique, le nationalisme et sans exclusion aucune», soulignant les compétences de la nouvelle génération, fruit de 110 universités et Ecoles supérieures. Il a plaidé, dans ce sens, pour que la voie soit ouverte aux 200 000 diplômés annuellement «de s’engager dans la vie politique et de constituer une nouvelle génération d’entrepreneurs afin de donner un nouveau souffle aux instances élues et à l’économie». Evoquant la situation sanitaire du pays, le Président Tebboune a annoncé le durcissement des sanctions contre les auteurs d’agressions sur les staffs médicaux à travers «une loi rigoureuse» qui sera promulguée la semaine prochaine visant la protection des corps médical et paramédical ainsi que les fonctionnaires des hôpitaux. «En tant que personne, que citoyen et Président, ça me peine que des médecins et des infirmiers, qui n’ont pas vu leurs enfants depuis quatre mois, soient victimes d’agressions», a déclaré le président de la République, en qualifiant ces personnels de «véritables moudjahidine». Le chef de l’Etat a assuré que «les médecins sont sous l’entière protection de l’Etat algérien et du peuple algérien». À cet effet, il a mis en garde que toute agression contre le personnel médical, qu’elle soit physique ou verbale, exposera son ou ses auteurs à des peines sévères «oscillant entre 5 et 10 ans de prison ferme». Par ailleurs, le chef de l’Etat a fustigé le retard accusé dans le versement de la prime exceptionnelle décidée par l’Etat au profit des professionnels de la santé en indemnité contre les dangers du coronavirus (Covid-19). D’autre part, le président de la République a réitéré que «l’Etat prendra en charge, à travers des indemnisations, les petits commerçants et artisans touchés par la pandémie du Covid-19». Evoquant l’Aïd El Adha, le président de la République a expliqué que «le sacrifice est une sunna, mais le risque sanitaire n’est pas à écarter (…) nous ne pouvons être permissifs face à la mise en danger de la santé du citoyen», appelant l’ensemble des citoyens à faire preuve de patience, de sagesse et de vigilance pour sortir de cette situation. En réponse à une question sur la personnalité qu’il a choisie pour discuter des questions de la mémoire avec la partie française, représentée sur décision du président français par l’historien Benjamin Stora, le chef de l’Etat a annoncé la désignation du Conseiller auprès de la présidence de la République, chargé des Archives nationales et de la mémoire nationale, Abdelmadjid Chikhi, précisant que cette décision a été signifiée à la partie française. Le Président Tebboune a indiqué, dans ce sens, avoir évoqué avec le Président français la question de la mémoire «le plus normalement qu’il soit« et que «les choses sont claires et sans crispation aucune». Au volet économique, le président de la République a réaffirmé la disponibilité des capacités financières permettant la mise en œuvre du plan de relance de l’économie nationale.

Le Président Tebboune a exprimé le vœu de voir le Plan de relance de l’économie nationale, qui sera annoncé lors de la réunion prévue les 16 et 17 août prochain, «faire l’objet d’une unanimité ou du moins une quasi-unanimité» Assurant que l’essentiel est dans la gestion, le chef de l’Etat a cité, en outre, quelque 25 milliards de dollars de recettes d’hydrocarbures auxquels s’ajoutent 25 milliards de dollars de revenus du secteur de l’agriculture. Il a annoncé, dans ce sens, des changements au plan économique visant à mettre fin à la dépendance aux hydrocarbures et à construire une nouvelle économie basée sur la création de richesses, la compétitivité et l’innovation. «Les changements économiques seront officiellement annoncés durant la réunion d’août et nous entamerons leur mise en œuvre directement», a-t-il ajouté. Concernant la durée que prendrait la concrétisation de ces réformes, le président de la République a indiqué qu’elles pourraient être finies durant le présent mandat comme elles pourraient être parachevées par le prochain président «sauf si le citoyen exprime autre volonté». Ces questions «fondamentales et décisives pour la nation ne devraient pas être liées à une personne», a-t-il ajouté. Le Président Tebboune a exprimé le vœu de voir le Plan de relance de l’économie nationale, qui sera annoncé lors de la réunion prévue les 16 et 17 août prochain, «faire l’objet d’une unanimité ou du moins une quasi-unanimité». Ce plan consacrera une nouvelle vision de l’économie nationale, longtemps basée sur la rente pétrolière et le commerce, reposant sur l’industrie et la création de nouvelles richesses alternatives, a expliqué M. Tebboune, relevant, dans ce cadre, que l’objectif escompté était la réduction à 20% de la contribution du secteur des hydrocarbures à l’économie nationale entre la fin de l’année en cours et 2021. La nouvelle vision est axée également sur l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs et sur un rôle central des petites et moyennes entreprises, ainsi que des micro-entreprises et des startups, qui sont génératrices d’emplois d’une part et à la portée des porteurs de projets d’autre part. Dans cette nouvelle approche, le secteur des hydrocarbures constituera «un support supplémentaire» pour l’économie nationale, en créant de la valeur ajoutée, a détaillé le Président de la République rappelant l’arrêt de l’importation des carburants définitivement à partir de 2021. Parallèlement, le produit national sera développé et l’activité agricole et l’exploitation des ressources minières seront élargies. Ces changements économiques concrétiseront, par ailleurs, la volonté des Algériens à changer le mode de gestion du pays, exprimée le 22 février 2019, a poursuivi le Président Tebboune. Ces réformes économiques interviendront parallèlement à des changements structurels sur le plan politique visant la moralisation de la vie publique et le renforcement du contrôle des citoyens de la gestion et des deniers publics afin d’aboutir à des décisions institutionnelles transparentes et non individuelles, et par conséquent pérennes, a soutenu le président de la République. Evoquant l’impérative révision des lois régissant l’économie nationale en vue d’assainir le climat économique et opérer une rupture avec les pratiques, le président de la République a rappelé que certains avaient tiré profit des lacunes juridiques, notamment en matière de marchés publics et de transfert de fonds vers l’étranger. Réitérant l’importance de la lutte contre toutes les formes de corruption, il a estimé que «la petite corruption n’était pas moins dangereuse que la grande corruption, voire même plus préjudiciable au citoyen». Sur un autre chapitre, le président Tebboune a insisté sur l’importance de préserver le caractère social de l’Etat en veillant à «la répartition équitable du revenu national entre tous les citoyens» estimant que les disparités sociales pouvaient être «une bombe à retardement». Il a mis en avant, dans ce contexte, l’impératif d’accorder aux zones d’ombre leur part en matière d’opportunités de développement et d’égalité de chances, assurant que «la majorité des citoyens ne demande pas la fortune mais simplement la préservation de sa dignité». Dans le même contexte, le président de la République a mis en avant le rôle majeur du secteur du Bâtiment dans la concrétisation de cette vision, au plan social à travers l’amélioration des conditions de vie du citoyen et au plan économique à travers la relance de la roue du développement, en ce sens que la réalisation d’un projet de logements nécessite plus de 45 matières. À une question sur les parties étrangères pouvant contribuer à la mise en œuvre du nouveau plan économique, le chef de l’Etat a affirmé qu’il existait plusieurs pays amis économiquement solides qui pourraient accompagner les Algériens dans l’exécution de la nouvelle stratégie économique. Cependant, M. Tebboune a tenu à réitérer son refus catégorique de recourir à l’endettement extérieur ou au financement non conventionnel, ceci, a-t-il dit, n’empêche pas la participation de pays amis à des projets économiques en Algérie. Concernant les méga-projets auxquels aspire l’Algérie, le président de la République a cité l’extension du réseau ferroviaire en direction de pays africains, mettant en avant le rôle de ce projet dans le développement socio-économique des zones limitrophes et l’accélération de la complémentarité économique interafricaine.

  1. Benslimane