Pourquoi le Liban doit payer ses dettes ? Une restructuration de la dette est-elle inévitable ?

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De Paris, par Albert Farhat

Pour que le Liban paye sa dette, il faut une restructuration de la dette souveraine et c’est inévitable. La situation financière du Liban a rarement fait l’objet de spéculation que ces dernières semaines . La situation financière BDL inquiètes ses créanciers depuis plusieurs mois déjà, pour ce qui est de la dette, l’état doit débourser cette année,  27 % du PIB en capital et intérêt.

Mais si on exclut les titres détenus par la BDL et les entités publiques, le service de la dette ne représente que 7 milliards de dollars soit 13% du PIB . La dette en livres Libanaise étant détenue a 62% par la banque du Liban BDL et les institutions publiques, et le reste par les banques locales. Quant au service de la dette en dollars 2,9 milliards en capital et de 2,1 en intérêts, il est gérable au regard des réserves en devises de la BDL qui s’élevaient à 33,6 milliards de dollars estime la Banque du Liban.

Le Liban va payer l’échéance d’aujourd’hui. Les devises seront assurées par la BDL car le pays n’est pas actuellement en mesure d’accéder aux marchés de capitaux. La BDL recevra en échange des euro bonds couvrant le montant payé.

Pour les échéances futures, bien que la BDL soit en mesure de couvrir les échéances de l’année 2020, le Liban fait actuellement face à une pénurie de dollars. On se doit donc de développer un plan global pour répondre aux différents aspects de la crise, dont l’allocation de ses devises. Le remboursement ou le non-remboursement des euro bonds devra être décidé en fonction des priorités que déterminera le gouvernement.

À mon avis, la priorité devrait plutôt être donnée à l’importation des produits de première nécessité : les médicaments, le blé, le carburant et les matières premières nécessaires pour le fonctionnement de nos industries.

Que se passe-t-il lorsque des eurobonds ne sont pas remboursés?

À partir de quand un État est-il considéré en défaut de paiement?

Les conditions des eurobonds du Liban prévoient une période de grâce de cinq jours pour le paiement du principal et de trente jours pour le paiement des intérêts Passé ces délais, l’État serait légalement en défaut de paiement. Si le Liban est en défaut de paiement sur une série d’eurobonds, les détenteurs des autres séries d’eurobonds peuvent accélérer leurs maturités et exiger leur remboursement immédiat: c’est ce que l’on appelle un «cross default».

Une restructuration de la dette est-elle inévitable?

une restructuration de la dette n’est pas inévitable mais elle risque d’être nécessaire. C’est une question de priorité dans l’allocation des devises. La baisse des prix sur le marché secondaire des eurobonds indique que les investisseurs anticipent une restructuration. Les investisseurs sont plus avertis des finances de l’État et de ses capacités de remboursement que les responsables politiques. Il est de l’intérêt du Liban d’avoir un plan global en place avant le début des négociations avec les détenteurs d’eurobonds pour leur donner confiance dans la capacité de l’État d’honorer ses engagements après une restructuration.

Il nous faut un plan de redressement global qui réponde à tous les aspects de la crise, dont la situation des banques et des dépôts bancaires, les restrictions sur le retrait de fonds et leur transfert à l’étranger, la dette extérieure du pays, le taux de change et le déficit budgétaire.

Comment s’opère concrètement une restructuration de la dette?

Une fois qu’un pays fait défaut, les principaux détenteurs d’eurobonds se regroupent au sein d’un comité pour négocier avec l’État les termes de la restructuration. Les détenteurs des eurobonds sont la BDL, les banques locales et les investisseurs internationaux. Environ deux tiers des eurobonds sont détenus par les banques locales et la BDL. C’est une arme à double tranchant, car elle facilite la restructuration mais les pertes seront aussi ressenties localement. En général, une restructuration de la dette signifie que de nouvelles séries d’eurobonds sont émises prévoyant des dates de maturité plus longues, une réduction des intérêts et souvent du principal. Les séries existantes sont alors échangées contre les nouvelles séries.

Une fois un accord conclu, les termes de la restructuration doivent être approuvés par une majorité de 75% des détenteurs de chaque série, votant série par série. En général, le processus prend entre 4 et 6 mois. Il est probable que la BDL n’ait pas un droit de vote. Dans le cas d’un défaut de paiement, les détenteurs d’eurobonds peuvent-ils engager des poursuites judiciaires en vue de la saisie des actifs de l’État, notamment les réserves en or de la BDL qui sont placées à l’étranger?

À ma connaissance, l’État ne dispose quasiment pas d’actifs à l’étranger, ce qui lui permet d’avoir une position solide pour négocier une restructuration avec ses créanciers. Les actifs détenus par l’État dans l’exercice de ses fonctions diplomatiques, tels que les ambassades et les consulats, bénéficient d’une immunité, selon la Convention de Vienne.dans le cas de non payement ou de refus de payement volontaire le pays du cèdre risque gros blocage des stocks d’or au USA, les sociétés qui représente l’état Libanais peuvent subir des représailles financières et juridiques, sans oublié la compagnie aérienne national MEA. donc il faut que le Liban et la BDL respecte les engagements prises par les divers gouvernements successive.

Les actifs de l’État ne sont en tout cas pas sujets à saisie avant qu’un jugement de non-paiement ne soit rendu.Dans ce cas le Liban est face a une situation difficile et pour sortir de cette crise il faut qu’il paye ses dettes même dans la douleur et les demandes de certain homme d’affaire comme Robert Fadel, qui a bénéficié des crédits de la BDL et qui a transfères ses avoirs à l’étranger vient de dire qu’il faut pas payé les créances du Liban, pour qui roule Mr Robert Fadel, le risque dans le cas de non payement est plus grave qu’une crise de dollars au sein du Pays.