Probable invasion acridienne à partir d’octobre prochain: L’Algérie et ses voisins de la région du Maghreb sur le sentier de guerre

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L’Algérie et ses voisins de la région du Maghreb se préparent à une lutte anticipée contre une probable invasion acridienne massive à partir du mois d’octobre prochain, a prévenu,ce lundi à Alger, un haut responsable du bureau de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).»

«Les données météorologiques dont nous disposons indiquent qu’il y a une forte probabilité que l’invasion des criquets pèlerins, qui fait des ravages en Afrique de l’Est, atteigne les pays de l’Afrique de l’Ouest en juin avant d’atterrir en Afrique du Nord vers la fin octobre», a prédit Mohamed Lemine Hamouny, secrétaire exécutif de CLCPRO-Commission (FAO) de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale (Afrique de l’Ouest et du Nord-Ouest). «Bien que la situation soit très calme à présent, nous nous préparons à faire face à l’arrivée des essaims», a confirmé Hamouny, en assurant que cette mobilisation anticipée permettra de réduire les risques écologiques et socioéconomiques dans la région occidentale. Expliquant le processus naturel de cette invasion, cet acridologue a fait savoir «qu’en cette période, le criquet pullule en Afrique de l’Est, où les conditions sont très favorables pour sa reproduction. Mais à partir du mois de mai, les conditions météorologiques dans la région de l’Afrique de l’Ouest lui seront beaucoup plus favorables pour se reproduire, notamment avec l’installation de pluies (précocement) à partir de juin dans la région du Sahel». Et d’ajouter, «Dans notre région l’Afrique de l’Ouest et du Nord-Ouest, les criquets se reproduisent durant la période qui s’étale de juin à octobre et se déplacent du Sahel vers l’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie et Libye) à partir de fin octobre début novembre», a-t-il détaillé, en indiquant que cette période qui coïncide aussi avec la saison des pluies hivernales au niveau de ces régions favorise davantage leur reproduction. Selon ses précisions, la lutte préventive, qui devrait commencer à partir du mois de juin prochain, consiste à réduire au maximum le nombre d’essaims adultes et d’empêcher leur reproduction afin de diminuer le risque acridien pour l’Afrique du Nord et bien évidemment pour le Sahel. «D’autant plus, que l’arrivée des essaims va coïncider avec la saison des pluies et des périodes de reproduction qui s’étalera sur quatre mois dans ce biotope d’où l’impact sur les ressources agro-pastorales de ces pays», a-t-il expliqué. À ce propos, cet expert a souligné que le rôle de la  CLCPRO consiste à renforcer les capacités d’intervention des pays du Sahel pour préserver les ressources agro-sylvo-pastorales empêchant la remontée des populations acridiennes dans  les pays de l’Afrique du Nord. «Si la CLCPRO parvient à arrêter l’invasion au Sahel, l’Algérie tout comme le Maroc, la Tunisie et la Libye seront protégés du risque acridien», a- t-il encore assuré. Le secrétaire exécutif de la CLCPRO, souligne par ailleurs que les pays de la région du Maghreb veulent éviter le scénario de 2003-2005, en anticipant les moyens de lutte préventive contre ce ravageur qui leur permet d’agir dès l’apparition des premières essaims. «Nous avons tiré des leçons des invasions acridiennes, qui avaient engendré en l’espace de trois années consécutives des pertes considérables en termes de récoltes et de pâturage, sans parler de l’impact environnemental dû à l’utilisation intensive de pesticides», a rappelé le premier responsable de cette commission régionale, établie à Alger. Enfin, le secrétaire exécutif de la CLCPRO s’est félicité du rôle important que joue l’Algérie dans le dispositif régional anti-acredien mis en place par la CLCPRO.

Selon ce même responsable, la CLCPRO qui regroupe dix pays membres (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Sénégal, Burkina Faso) consacre chaque année un montant financier de 3,3 millions de dollars pour la prévention des risques acridiens dans la région de l’Afrique occidentale. Par contre, le coût de lutte pour faire face à une invasion modérée des essaims à partir de juin est estimé à 7 millions de dollars couvrant une période de deux mois d’activité. «Mais si les fonds ne sont pas disponibles avant l’arrivée des essaims, le coût serait beaucoup plus important, comme en témoigne la crise 2003-2005» , a-t-il prévenu.

Yasmina D.