Production des fertilisants : L’ACED Lancera en 2019 une usine de transformation des déchets de cuir en  fertilisants agricoles

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 Une usine de transformation des déchets des cuirs  tannés en fertilisants agricoles sera lancée à fin 2019, a annoncé   le directeur de ce projet relevant de la société publique  « Algérienne des cuirs et dérivés » (ACED), M. Nasser Lazirou.

Une des particularités de cette future usine est qu’elle traitera même les  100.000 tonnes de déchets des cuirs cumulés et stockés depuis 21 ans au  sein des cinq (5) unités de production de cuir de la société ACED, et ce,  en plus des nouveaux déchets générés par ces même unités s’élevant à 7.500  tonnes annuellement.  Dans ce sens, il avance que même le secteur privé de production en cuir,  qui représente 60% du marché national, pourrait approvisionner cette usine  par les déchets engendrés par les sociétés privées intéressées. D’un investissement de 610 millions de dinars, l’usine sera installée au  niveau de la zone industrielle de Rouiba.   Il s’agit d’un projet à valeur environnementale sous deux aspects, selon  les explications du directeur du projet.   En effet, outre la mise en valeur des déchets du cuir et sa contribution  dans l’augmentation de la production locale des engrais pour satisfaire la  demande du secteur agricole, une telle usine permettra de résoudre un  « énorme problème écologique » du fait que ces déchets de cuir contiennent du  chrome utilisé dans les produits de traitement et de tannage des peaux  brutes (ovines, bovines et caprines), avance le même responsable.  « Ces déchets contenant des chromes deviennent, donc, très nocifs pour  l’environnement. D’autant plus, qu’on ne peut ni les incinérer ni même les  éliminer dans les centres d’enfouissement technique car ils présentent des  risques de contamination des nappes phréatiques », fait-il savoir.  Ainsi, cette future usine va utiliser un nouveau process technologique  consistant à la fois à éliminer le chrome, sans incidence environnementale,  et à transformer les déchets, ainsi débarrassés du chrome, en fertilisants  organiques bio, précise-t-il. En fait, ce projet avait été élaboré en 2014 et devait être mis sur pied  en 2016, mais avait été finalement suspendu suite à la crise financière  provoquée par la chute des prix de pétrole dès juin 2014. A cette époque, le Conseil des participations de l’Etat (CPE) avait  accordé 210 millions de dinars à la société publique Algérienne des cuirs  et dérivés (ACED) à travers le Crédit populaire d’Algérie (CPA) pour la  réalisation de ce projet.  Un avis d’appel d’offre avait été lancé pour le choix de l’entreprise  chargée de la réalisation « produits en main » de cette unité.  Une entreprise italienne avait ainsi été retenue pour la réalisation du  projet pour un montant de 2,17 millions d’euros (plus de 210 millions de  dinars), fait savoir M. Lazirou qui précise que le contrat conclu en 2014  entre l’ACED et cette entreprise italienne stipule l’acquisition et  l’installation des équipements jusqu’à la production du fertilisant  agricole, et ce, de même qualité que celui homologué par les instances en  charge de l’agriculture et de l’environnement en Italie.  Il prévoit également d’assurer le transfert d’expertise et du savoir-faire  et la formation du personnel. Quant à la réalisation du bâtiment abritant cette unité et dont les  travaux seront confiés à des entreprises nationales, son coût a été estimé  à 390 millions DA. Ce qui donne un coût global de 600 millions DA, dépassant ainsi  l’enveloppe de 210 millions DA avalisée par le CPE.    Or, avec les difficultés financières du pays survenues en 2014, il était  impossible d’avoir le différentiel de 390 millions DA pour la réalisation  du projet, selon le même responsable.  Ce problème financier n’a pu être réglé qu’en 2018 avec la mise à  contribution également de la Banque nationale d’Algérie (BNA) qui a  complété le différentiel de 390 millions DA qui sont venus s’ajouter aux  210 millions DA accordés par le CPA en 2014.  Selon M. Lazirou, une fois que cette usine entrera dans sa phase de  production en 2019, un partenaire pourrait s’associer à ce projet à travers  une prise de participation dans cette unité.  « Nous souhaitons trouver un partenaire public ou privé spécialisé dans le  domaine de production des fertilisants et auquel on souhaiterait confier la  gestion de l’usine, du fait que la société ACED, dont la vocation est la  production du cuir, n’est pas spécialisés dans les fertilisants »,  explique-t-il.

Ali B