Réduction de la facture d’importations: Le ministère du Commerce sévit

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Le ministère du Commerce vient avec un nouveau plan d’attaque pour protéger la production nationale. Il annonce sa volonté de réduire davantage les importations à « 41 milliards de dollars à la fin de l’année et à 30 milliards de dollars en 2018 ». Cette annonce a été faite, jeudi, par le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, lors d’une réunion avec la commission des finances et de budget de l’APN dans le cadre de l’examen du projet de loi de finance 2018.

Pour atteindre cet objectif, le ministre informe que la tutelle entend suspendre définitivement l’importation de certains produits et fixer à chaque début d’année les réels besoins du pays. Outre cela il sera procédé à l’interdiction d’importer certains produits de « luxe » qui alourdissent la facture à l’instar des « grains de tournesol » dont la valeur d’importation a atteint 25 millions de dollars » ainsi que la « mayonnaise et le chewing-gum » importés respectivement pour la valeur de « 20 millions de dollars et 25 millions de dollars ».

Ces actions viendront en renfort au dispositif des licences d’importation, entré en vigueur en début d’année selon le projet de loi relatif au commerce extérieur et maintenu encore pour l’année 2018. Ce dispositif concerne une liste de 24 produits. Cette liste est en cours d’élaboration et sera annoncée avant sa publication dans le journal officiel.

Pour rappel, le projet de loi de finances actuellement en cours d’examen, propose un « support juridique pour l’application des droits douaniers sur 32 produits et les taxes internes sur la consommation concernant certains autres produits ». Le ministre informe que l’on recense « 1000 importateurs au niveau national » dont « 40 » assurant la couverture des activités économiques du pays à l’instar du groupe Sonatrach et l’Office national des aliments du bétail à hauteur de 40 %.

La semaine dernière, une nouvelle liste de mesures s’inscrivant dans le même cadre avait été annoncée. L’on avait donc déclaré que ces mesures porteront sur un « relèvement des droits de douanes, le rétablissement des droits de douanes et de la Taxe intérieure de consommation (TIC) sur certains produits finis importés ». Dans la même lignée, on avait annoncé l’élaboration d’un registre dans lequel seront recensées « les demandes de protection de l’économie nationale » formulées par les opérateurs économiques. Ce registre permettra aussi d’engager des enquêtes pour s’assurer du respect des conditions de qualité, des prix et de la concurrence. La Banque d’Algérie s’est également engagée dans la lutte en émettant une nouvelle instruction. Celle-ci ayant pour objectif de « rendre plus efficient et opérationnel l’ensemble des mesures édictées en matière d’encadrement du commerce extérieur ».

Satisfaire la demande nationale avec des produits locaux

Pour rappel cette operation visant à réduire la facture d’importation ne date pas d’aujourd’hui. En 2O16 on avait annoncé l’instauration du dispositif des licences d’importation. Une mesure qui avait pour objectif, de réguler le commerce extérieur mais aussi redonner de l’importance aux produits nationaux pour qu’ils puissent s’approprier le marché local. En effet alors qu’il était ministre du Commerce, Amara Benyounes avait annoncé l’application de plusieurs mesures devant assainir le commerce extérieur et gérer les importations du pays et de mettre un terme à la lourdeur pesant sur la facture d’importation.

La réduction de la facture d’importation entend aussi dire relance économique. L’Algérie pourra, une fois ses importations limitées, en allant à la conquête de marchés extérieurs en donnant de l’impulsion à son autre activité commerciale qu’est l’exportation. Une activité qui peine elle aussi à prendre de l’envol. Du moins l’exportation hors hydrocarbures.

Ceci dit, les mesures prises en ce sens commencent à donner des résultats. Selon les données du Centre national de l’Informatique et des Statistiques des Douanes (Cnis), les importations se sont légèrement réduites sur les neuf premiers mois de 2017, en s’établissant à « 33,92 mds usd contre 34,93 mds usd (-2,89%) », sauf pour les produits alimentaires qui continuent à augmenter.

Booster l’activité d’exportation c’est aussi se prémunir des conséquences économiques, d’autant que les réserves de change de l’Algérie pourraient « reculer à 97 milliards de dollars à fin décembre 2017 ». Ces dernières ont déjà connu une baisse de « 2,6% », sur les 8 premiers mois de 2017. Durant cette période elles se sont chiffrées à « 30,84 milliards de dollars contre 31,65 milliards de dollars sur la même période de 2016 ».

A cela s’ajoute la campagne lancée par le ministère du Commerce et qui a été baptisée, « Consommons algérien », en vue d’encourager la production nationale et minimiser de l’impact résultant de la baisse brutale des revenus extérieurs du pays.

Autant de défis auxquels le pays se voit confronté. Dans sa lutte l’Algérie s’en sort parfois et trébuche dans d’autres. Pour réaliser les objectifs qu’il s’est dressé, le pays compte notamment sur la collaboration des organisations patronales. Leur contribution permettra d’identifier les créneaux d’investissements existants.