Réforme du Conseil de Sécurité – Comité des Dix – Union africaine :Messahel appelle à Freetown à la réparation de l’injustice historique faite à l’Afrique

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Le Ministre des Affaires étrangères M. Abdelkader Messahel a pris part, hier  à Freetown, à la réunion ministérielle du Comité des Dix Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine sur la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies (C-10).

7 Organisée à l’initiative du Sierra Leone, État membre de l’Union africaine qui assure la coordination du Comité des Dix, cette réunion a eu pour objectif de faire le point sur les négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de Sécurité et d’examiner les voies et moyens à même de poursuivre les actions arrêtées dans le cadre de l’Union africaine pour promouvoir la position africaine commune sur cette question, basée sur le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, et de lui procurer davantage de soutien sur le plan international.  Dans son discours à cette occasion, le Ministre des Affaires étrangères a souligné que « l’Algérie considère que la réparation de l’injustice historique faite à l’Afrique en termes de sous-représentation dans les organes onusiens, requiert de notre part un surcroit d’efforts qui puisse converger vers l’objectif unique visant à faire de notre continent un acteur plus influent sur la scène internationale conformément aux aspirations des pères fondateurs de notre Organisation panafricaine ». Il a ajouté que « cet objectif ne pourra être atteint que si le processus de réforme du Conseil de sécurité est appréhendé dans le cadre global de la réforme de l’Organisation des Nations unies qui devra viser la démocratisation de cet organe pour lui conférer à terme, davantage de crédibilité à travers une représentation plus équitable de toutes les régions du monde conformément à l’esprit et la lettre de la Décision de l’Assemblée Générale « 62/557 » et les autres résolutions pertinentes à ce sujet ». M. Abdelkader Messahel a rappelé, dans le même sillage, que « le processus de réforme des Nations unies ne peut désormais occulter les réalités géopolitiques actuelles, en particulier la nécessité d’aborder la non-représentation de l’Afrique dans la catégorie des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et sa sous-représentation dans la catégorie des membres non permanents ». Rappelons que le Comité des Dix est l’organe de l’Union africaine chargé de promouvoir la position africaine commune sur le dossier de la réforme du Conseil de Sécurité des Nations, un dossier dont l’importance se fait de plus en plus ressentir dans les relations internationales.

« La nature évolutive des négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de Sécurité exige une volonté politique collective réaffirmée pour faire progresser le processus »

Dans sa déclaration et réagissant au rapport soumis par les experts à la réunion ministérielle, le Ministre des Affaires étrangères a indiqué que « ce rapport reflète le degré de l’intensité des consultations et des discussions menées aussi bien au sein du Groupe africain qu’avec les différents groupes d’intérêts ». « Il met, également, en exergue les contraintes auxquels  l’Afrique ne cesse de faire face pour se faire entendre et faire accepter la légitimité et la justesse de ses revendications » a ajouté M. le Ministre. M. Abdelkader Messahel a également abordé les résultats des conclusions de la réunion des Représentants Permanents du C-10 à New York et des  progrès accomplis par le Comité en matière de sensibilisation et de mobilisation de soutien en faveur de la Position africaine commune telle qu’énoncée dans le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte de 2005 sur la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Le Ministre des Affaires étrangères a souligné, par ailleurs, que « la nature évolutive de ces négociations intergouvernementales et  la lenteur qui les caractérisent exige au-delà d’un texte de négociation, une volonté politique collective réaffirmée pour faire progresser le processus » en précisant que « cette étape critique des négociations intergouvernementales exige, également davantage d’interactions et de consultations informelles entre l’ensemble de nos États et entre ces derniers et l’ensemble des groupes d’intérêts ». Rappelons à cet égard que la réunion ministérielle a été saisie d’un rapport soumis par les experts et les hauts fonctionnaires qui ont examiné la veille les document de travail notamment les rapports des rencontres tenues sur la question de la réforme du Conseil de Sécurité depuis la dernière réunion du C-10.

« L’Algérie ne ménagera aucun effort en vue de permettre à l’Afrique d’occuper la place qui lui revient de droit dans les organes des Nations Unies »

le Ministre des Affaires étrangères M. Abdelkader Messahel a  également réitéré « l’engagement de l’Algérie à ne ménager aucun effort en vue de permettre à l’Afrique d’occuper la place qui lui revient de droit dans les organes des Nations Unies conformément aux objectifs fixés par la position commune africaine dans le cadre du Consensus d’Ezulwini et de la Déclaration de Syrte ». « Mon pays tient, enfin, à marquer sa disponibilité à apporter sa contribution à la concrétisation des objectifs fixés par le Comité » a ajouté M. le Ministre à cette occasion.  Tout en prenant acte avec satisfaction de la vision et de la stratégie qui se dégage du rapport de la réunion des Représentants permanents à New York, le Ministre des Affaires étrangères a indiqué que celles-ci, « constituent, à l’évidence, une feuille de route comportant des actions ciblant tant nos pays que le reste de tous les États membres des Nations Unies, en particulier les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité (P5), les Groupes d’intérêt et les Groupes régionaux dans le cadre de la campagne visant à clarifier les contours de la Position Africaine Commune et à recueillir un large mouvement de soutien dans le sillage des négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de Sécurité ».M. Abdelkader Messahel a ajouté, à cet égard, que « cette stratégie doit comporter des propositions d’action constructives qui s’inscrivent dans l’objectif fondamental de consolider davantage notre position et de réaliser nos priorités et objectifs conformément au mandat qui nous a été fixé par nos Chefs d’État et de Gouvernement ». Le Ministre des Affaires étrangères qui a été l’un des rédacteurs du Consensus d’Ezulwini est revenu sur la genèse de cette position commune en précisant que « l’action que nous avons engagée pour parvenir aux desseins légitimes de l’Afrique, nous invite aujourd’hui, à poursuivre, avec détermination et persévérance notre action visant la réforme du Conseil de Sécurité mais surtout le droit du continent à disposer de deux sièges au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, en tant que membres permanents jouissant du droit de veto » « La réalisation de cette aspiration légitime ne peut intervenir que si nos pays maintiennent leur unité, parlent d’une même voix, renforcent leur cohésion et transcendent leurs clivages tout en se gardant d’adopter des décisions qui risquent de porter atteinte à nos ambitions légitimes » a conclu le Ministre Abdelkader Messahel.

Messahel s’entretient avec son homologue Sierra Leonais M. Alie Kabba.

En marge de sa participation à la réunion ministérielle du Comité des Dix Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine sur la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies dont les travaux se déroulent à Freetown, le Ministre des Affaires étrangères M. Abdelkader Messahel s’est entretenu avec son homologue Sierra Leonais M. Alie Kabba.  L’entretien a porté sur les relations bilatérales et les voies et moyens de leur renforcement.  Tout en se félicitant de la qualité des liens politiques entre les deux pays, les deux Ministres sont convenus de tenir une session de la Commission mixte de coopération à Alger au cours du premier trimestre 2019 en vue de donner une nouvelle dynamique aux relations bilatérales et de les élargir à de nouveaux domaines de coopération. Les discussions ont également porté sur la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies et des activités du Comité des Dix Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine dont la coordination est assurée par le Sierra Leone. A cette occasion, M. Abdelkader Messahel a félicité son homologue Sierra Leonais de l’organisation parfaite de la réunion ministérielle de Freetown.

Les deux Ministres ont aussi abordé d’autres questions régionales et internationales d’intérêt commun, notamment celles inscrites à l’agenda de l’Union africaine.

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