Reprise de la compétition: La passivité des dirigeants sportifs

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Tout le monde se rend compte aujourd’hui qu’il est  difficile de reprendre la compétition dans les semaines, voire dans les mois à venir. C’est particulièrement  vrai dans les pays dont les ressources et les moyens sont limités.

Les dernières sorties médiatiques du président de la LNF, Abdelkrim Medouar, dans lesquelles il se montre extrêmement pessimiste quant à une éventuelle relance du championnat, est un aveu d’impuissance à gérer une situation imprévisible et inédite. Ce pessimisme est également partagé par les instances africaines de football, même si elles ne l’affichent pas ostensiblement. N’empêche, Ahmad Ahmad, le président de la CAF, se demande s’il est encore possible de pouvoir terminer dans les délais, les éliminatoires de la prochaine CAN. «On est au mois de juin. La question qui se pose est de savoir s’il est possible de terminer les éliminatoires», s’est-il interrogé, sachant que les difficultés logistiques récurrentes auxquelles sont confrontées la plupart des pays du Continent, ne le permettent pas. Dans cette entrevue accordée à beIN Sports, le premier responsable du football africain ne se prononce pas pour autant sur la suite à donner aux différentes compétitions en suspens. L’on comprend néanmoins de ses propos qu’il faut se préparer… au pire. Pour lui, en effet, il n’est pas du tout évident de reprendre la compétition de sitôt. Ce que l’on a du mal à comprendre, cependant, ce sont les tergiversations de la CAF à prendre des décisions définitives à ce propos. «Pour nous, il est trop tôt de se prononcer sur la suite des compétitions. Aujourd’hui, la priorité c’est de se concerter avec les associations membres et avec la FIFA pour trouver des solutions afin de soutenir le football au niveau des clubs, des fédérations ainsi que des équipes nationales», s’est-il contenté de dire. Une manière de se dérober à ses responsabilités. Le président veut sans doute tâter le terrain et sonder les pour et les contres pour ne pas s’attirer les foudres de la majorité dans un contexte électoral, où il pourrait postuler à  un deuxième mandat.

Pourtant le temps presse. Il ya en effet, urgence à se décider pour sortir de cette période de doute  qui peut devenir parfois insupportable. Chez nous, si l’on connaît clairement l’avis du président de la LNF à ce sujet, la FAF en revanche, ne s’est pas encore prononcé. Visiblement dans ce contexte incertain, tout le monde attend et espère qu’une décision tombe du ciel pour leur enlever une grosse épine du pied. Mais personne ne veut se mouiller. Tous les regards se tournent dès lors vers les autorités sanitaires et les politiques afin de les soulager d’un fardeau de plus en plus pesant. Ils sont prêts à accepter n’importe quel verdict, pourvu que ce ne soit pas à eux de l’assumer. Une fuite des responsabilités et une absence totale d’initiative qui ne nous étonnent pas d’ailleurs de la part des dirigeants de notre football. Ils ont toujours fait preuve de faiblesse en s’effaçant systématiquement devant la difficulté. Même si la situation est compliquée et ne dépend pas seulement de leur volonté, on aurait aimé néanmoins qu’ils fassent montre d’ingéniosité et d’audace pour sauver une saison certes compromise, mais qui avec un peu   d’imagination et de perspicacité pourrait encore être sauvée. Mais apparemment, les responsables du football se complaisent dans leur passivité. Il ne faut pas leur demander trop.

Ali Nezlioui