Résolution des crises en Libye et au Mali: Tebboune insiste sur la redynamisation du rôle de l’Algérie

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En présidant avant-hier une réunion du Haut Conseil de sécurité, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, compte instaurer une nouvelle tradition dans l’approche sécuritaire en Algérie en accordant un intérêt particulier à la sécurisation de nos frontières à la lumière des répercussions que pourraient engendrer les conflits et les crises dans les pays voisins comme la Libye et le Mali, notamment.

A ce propos, le Haut Conseil de sécurité a décidé d’une batterie de mesures à prendre pour la protection de nos frontières et notre territoire national et la redynamisation du rôle de l’Algérie au plan international, particulièrement en ce qui concerne ces deux dossiers, et de manière générale dans le Sahel, la région saharienne et l’Afrique. Pour ainsi dire, Tebboune veut redynamiser le rôle de la diplomatie algérienne parallèlement aux efforts que les forces de l’ANP sont en train de déployer pour sécuriser nos frontières. Ceci d’autant que l’Algérie est devenue un exemple à suivre dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et en matière de maitrise totale de la sécurisation de ses frontières contre tous les dangers et toutes menaces d’où qu’elles viennent et ce, conformément à la stratégie globale et intégrée adoptée. Récemment, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum (actuellement Premier ministre par intérim) avait indiqué, au sujet de la crise en Libye, que l’action militaire ne pourra guère aboutir à la résolution de ce conflit, soulignant que «seule une solution politique négociée et acceptée par l’ensemble des protagonistes est à même de rétablir la paix dans ce pays». Il a ajouté qu’il appartenait dès lors aux Libyens d’engager dans les meilleurs délais, un processus inclusif de réconciliation nationale, comme cadre indispensable devant mettre un terme à la division et aboutir à l’objectif ultime de l’organisation d’élections transparentes sous l’égide de l’Union africaine et de l’ONU. Boukadoum avait soutenu que la tenue de ces élections, dont les résultats devraient être respectés par toutes les parties prenantes, «contribuerait à l’instauration d’un climat de confiance et à la mise en place d’institutions gouvernementales démocratiques pérennes, dont une armée nationale unifiée et seule responsable d’assurer la sécurité du pays». Il avait, par la même occasion, rappelé que «l’Algérie qui a toujours encouragé les frères libyens à s’engager sur la voie du dialogue inclusif et de l’entente nationale, est convaincue que les parties libyennes sauront faire montre de sagesse pour dépasser leurs différences et faire prévaloir les intérêts nationaux suprêmes». Il a également fait remarquer que l’Algérie avait condamné avec la plus grande force l’attaque ayant ciblé un centre d’hébergement de migrants et a appelé à «situer les responsabilités et à identifier les auteurs de ce crime abject». Il avait, en outre, relevé que la situation des migrants africains en Libye est intrinsèquement liée à la crise majeure que connaît ce pays depuis 2011, soulignant «la nécessité d’un retour sans délai au processus de dialogue inclusif entre l’ensemble des parties libyennes afin de parvenir à une solution consensuelle de ce conflit qui n’a que trop duré». Boukadoum avait observé que la situation sécuritaire en Libye «ne cesse de se dégrader», ajoutant que «l’absence de contrôle des autorités sur tout le territoire et, plus particulièrement, dans les zones frontières du pays, a été mis à profit par les groupes terroristes, notamment, Daech, pour s’implanter et se développer dans un environnement marqué par le trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains».

Le chef de la diplomatie algérienne a indiqué que le règlement de cette crise qui affecte le continent africain «nous interpelle», ajoutant que le conflit libyen «reste avant tout un conflit africain, et le rôle de l’UA doit être, à notre sens, plus visible en tant que partenaire privilégié de l’ONU dans le règlement des crises en Afrique, et ce, dans le cadre d’une approche de subsidiarité et de complémentarité». Il revient, avait-il estimé, par conséquent, à l’UA et à l’ONU de «travailler en étroite collaboration afin de mettre en place une feuille de route commune pour une résolution de la crise en Libye et œuvrer à une meilleure synergie entre les efforts et initiatives déployées par les deux Organisations afin de converger vers le seul objectif que nous devons nous assigner, celui de réunir tous les frères et sœurs libyens dans le cadre d’un processus de dialogue et de réconciliation nationale franc et responsable».

  1. Benslimane