Rupture de médicaments: Les stocks de sécurité «épuisés», la sonnette d’alarme tirée

0
78

Plus de 240 médicaments sont actuellement déclarés en rupture en mois de juillet. La cellule de veille a été réactivée et une étude de ces 243 produits indisponibles est lancée : des mesures urgentes doit être prises.

Devant cette situation, le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, le Dr Lotfi Benbahmed, signale que des appels ont été lancés au ministère de la Santé, pour qu’il pallie rapidement aux ruptures pouvant avoir un impact «sur la santé publique de nos concitoyens». S’exprimant, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne, le Dr Benbahmed explique que parmi les facteurs qui ont mené à cette situation de blocage, le retard de signature des programmes nécessaires à leur importation, «qui n’a pas été faite dans les délais». En dépit d’une augmentation de la population, ce sont les mêmes volumes de traitements qui sont reconduits, «année après année», se révélant ainsi «très largement insuffisants», a-t-il signalé.

Et pour répondre au besoin du marché et la consommation des médicaments qui est en croissante augmentation, il fallait puiser dans les stocks de sécurité qui se sont à leur tour «épuisés», a-t-il dit ajoutant que «les quantités allouées étaient insuffisantes déjà pour les dernières années, et on vivait sur nos stocks qui étaient épuisés». D’autre part, l’invité de la Radio met également en cause des fabricants qui ont demandé au ministère de protéger précocement des médicaments qu’ils étaient censés produire, à l’exemple de corticoïdes, alors «qu’ils n’avaient pas commencé à le faire». Face à la répétition régulière de ces types d’incidents, le Dr Benbahmed déclare souhaiter voir la nouvelle loi sanitaire instituer «un encadrement réglementaire qui permet de lutter contre les différentes ruptures». L’intervenant a fait savoir qu’à l’occasion de la tenue de la rencontre internationale de pharmacie prévue le mois d’octobre prochain, un site Internet sera dédié aux pharmaciens pour signaler les ruptures. En l’occurrence, le Dr Benbahmed a plaidé pour un système informatisé permettant d’anticiper les ruptures des médicaments.

Pour cela, et afin de n’être pas contraint, chaque fois à traiter que «l’urgence», il propose la signature d’avenants prenant en compte les consommations mensuelles de traitements dont les stocks peuvent assurer les besoins, jusqu’au 31 mars de chaque année, les programmes suivants ne commençant, selon lui, à être réalisés qu’à partir du mois de janvier. Parallèlement, ajoute-t-il, les programmes d’importation devraient prendre en compte la reconstitution des stocks stratégiques de médicaments lesquels, précise-t-il, représentent à eux seuls 25% de la facture. A une question sur l’impact de la réduction de la facture d’importation sur la santé publique, le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a répondu que cela peut paraître «anachronique». «D’un côté on dit qu’il y a des ruptures et d’un autre côté on dit augmentation de la facture d’importation, portant les prix baissent». Évoquant la production locale, le Dr Benbahmed a souligné qu’actuellement l’Algérie arrive à fabriquer localement près de 50%, en quantité et en valeur. Il a mis en avant la nécessité que cette production soit de qualité, répond au besoin du marché et que cette production ne soit pas protégée de manière précoce.