Samia Amel Benaïssa, experte dans le domaine des micro-entreprises à «L’Écho d’Algérie»: «Les start-up d’aujourd’hui sont les grandes entreprises de demain»

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Afin d’encourager les jeunes porteurs d’idées innovantes, le gouvernement compte entreprendre plusieurs mesures pour accompagner et encourager la création de nouvelles start-ups, dans le but de relancer l’économie nationale hors le secteur des hydrocarbures.

Entretien réalisé par : M.W. Benchabane

Dans cette contribution, Mme Samia Amel Benaïssa, observatrice très attentive du domaine des start-ups, nous a éclairé la vision pour expliquer la nécessité de l’accompagnement de ces jeunes porteurs des idées innovantes pour que leurs start-up se transforment, par la suite, en entreprises même un grand groupe opérateur. D’après notre experte, un bon encadrement assure un processus de reconstruction et de développement d’une économie convenable. Mme Benaïssa avoue que des jeunes Algériens pétris de qualité, et très talentueux possèdent des idées innovantes extraordinaires, peuvent faire des miracles, seulement si on leur assure un accompagnement et encadrement de qualité. D’emblée, Samia Amel Benaïssa dira que «les start-ups sont désormais le vivier duquel les entreprises pourront constituer le tissu industriel de demain, avec un objectif de relancer l’économie nationale, en dehors du marché pétrolier», a-t-elle souligné avant de poursuivre son point de vue « le gouvernement en place a mis la lumière sur les start-ups, une très belle initiative, faut-il souligner, et justement c’est cet aspect qu’on cherche tandis qu’il implique en profondeur les jeunes porteurs des projets qui possèdent des idées innovantes». «La start-up qui a un concept anglo-saxon, américain en réalité, est un ensemble des idées innovantes qui solutionne un problème, ou elle apporte un début d’une solution. Toutes ces idées deviennent une entreprise qui peut apporter un plus à l’économie et à l’industrie nationale, une fois que les start-ups entrent dans la phase commerciale», s’est elle exprimée à ce propos.

Des start-ups sont devenues de grandes entreprises à l’échelle mondiale «L’initiative start-up ayant démarré dans le monde, il y a maintenant une dizaine d’années, et depuis ce temps nous avons essayé d’introduire en tant que conseil des affaires algéro-américain en Algérie, pour exporter ce savoir-faire et l’adopter afin de le transmettre aux jeunes porteurs des idées innovantes, comme d’ailleurs, il y a des Algériens qui sont basés aux Etats-Unis qui maîtrisent parfaitement bien ce concept universel, eux-mêmes, ils étaient des start-up et qui aujourd’hui, sont devenus de grandes entreprises qui achètent même des start-up. C’est-à-dire, ils se dirigent vers des incubateurs où ils pourraient avoir des centaines de projets start-up, et choisir les meilleurs idées selon les besoins et les exigences de l’environnement économique. «Quand ces start-ups atteignent le niveau de la concrétisation de l’idée sur le terrain, en devenant entreprise, en ce moment là, le porteur du projet peut rester partie prenante, comme il peut également vendre son projet à l’État ou au privé pour accéder dans le circuit économique productive». «Puisque un jeune est censé d’être porteur des idées, il restera donc toujours créateur, en continuant à faire des recherches, soit qu’ils feront suite aux premières idées, ou aller vers d’autres horizons…» La fiscalité, les taxes et les dettes des obstacles pour les start-ups En sus, notre interlocutrice est revenue sur le sujet qui fait fuir de nombreux jeune de ce monde, il s’agit bien de la fiscalité, les taxes, le paiement des dettes et autres problèmes financiers, Mme Benaïssa dira que «ce sont des choses qui me tiennent à cœur et que je voudrai soulever, excusez-moi d’avance si je me trompe, pour moi le porteur du projet on ne doit pas le trop préoccupé par les volets de finance, parce que ce dernier doit focaliser toute sa réflexion et sa matière grise sur l’idée qui doit devenir un projet puis une entreprise avec toutes ces fonctionnalités, un comptable pour s’occuper de la finance, des juristes pour la charge juridique et administrative ainsi que les relations avec les banques,… Je suis pour la création d’un fonds pour permettre aux incubateurs qui vont accompagner et orienter ces start-ups qui ont besoin de grandir, c’est cette image que je vois donc un incubateur c’est une bulle où il pourrait avoir plusieurs idées et start-ups, donc elle aurait besoin forcément d’argent pour équiper les bureaux, permettre aux jeunes de trouver un environnement adéquat pour développer les projets, mais tout cela quand il sort d’un incubateur c’est pour devenir une entreprise créatrice d’emploi et de la valeur ajoutée à l’économie nationale.

Les incubateurs sont les couveuses des idées innovantes Appuyant ces propos par un exemple, Mme Amel Benaïssa évoque le modèle de M. Haba, un expatrié algérien établi aux Etats-Unis: « Il y a quelques années, Belkacem Haba l’un des plus important innovateur dans le monde, et qui est très connu chez les start-upeurs, a essayé de créer l’Institut Haba en Algérie, l’objectif était la création d’un incubateur dirigé par un Comité scientifique qui aura une mission principal de trouver les projets qui pourraient être commercialisable, après cela, si l’idée est déjà prête pour devenir une entreprise, en ce moment-là, on passe à l’étape suivante avec toutes les significations comme fonctionnement, gestion. Si le Comité trouve que la start-up ne pourrait pas devenir une entreprise, elle reste dans l’incubateur pour qu’elle soit suivie et accompagnée par des experts pour qu’elle devienne une entreprise. Et de poursuivre «il y a l’exemple Baha qui est basé en Californie qui était start-up mais qui est aujourd’hui, businesse Angel qui fait des tournées un peu partout dans le monde pour pouvoir repérer les meilleurs start-ups. Ceci est une sorte de businesse parce que finalement ces entreprises sont entrainées de grandir pour les faire entrer par la suite dans les marchés… Je souhaite que les jeunes Algériens puissent se concentrer sur ce qui fera la force de l’entreprise de demain sur le développement et la recherche, j’espère qu’ils les laissent loin de tout ce qui est idée et aspect financier pour ne que leurs idées ne soient pas «pollués, et surtout pour se focaliser sur l’innovation et au développement», expliquera notre interlocutrice. Les start-ups peuvent former le tissu industriel «Il y a des jeunes qui sont pétris de qualité et de talents, il y a des profils singuliers qui se démarquent par leur génie et leurs innovations, ils ont besoin qu’on les prenne par la main pour les orienter afin de leur montrer le chemin du professionnalisme. Cette orientation du Gouvernement algérien va aujourd’hui dans ce sens, et on souhaite sincèrement qu’il y ait des vrais acteurs et experts qui puissent prendre en charge cette idée pour la développer d’une manière correcte». «Dans nos jours, on parle de la start-up comme on parle de l’entreprise, alors que la première c’est l’œuf qui a besoin de murir et incuber pour pouvoir faire sortir après le produit qui va être commercialisé». Questionnée sur la valeur ajoutée qui pourrait-être apporter par les start-ups, notre experte dira que : «Je suis convaincue que les start-ups peuvent apporter un plus escompté dans la mesure qu’ils soient bien encadrés et orientés par des experts, leaders qui peuvent les mener à bon port, c’est-à-dire à devenir des entreprises qui seront demain rentables qui pourront également faire face à un marché octroyé, selon le produit ou le service qu’ils ont développé et qui sera commercialisé, après cela, c’est l’ensemble des ces petites entreprises et micro-entreprises qui vont former le tissu industriel vu que leur service répond adéquatement aux besoin du marché. Aujourd’hui, ces jeunes-là, sont capables d’aller dans le sens d’un vrai développement industriel, et d’une relance économique comme on l’aurait souhaité depuis très longtemps. Toutes les difficultés que nous avons connues ces derniers temps, voire ces dernières années, sont des défis qu’on a réussi à dépasser et tout le monde peut constater que l’Algérie a bien géré plusieurs situations délicates et que demain ces entreprises vont prendre le flambeau pour hisser le pays vers le haut sur tous les niveaux.

L’Etat connaît l’importance du projet Concernant la création d’un ministère dédié aux start-ups, Mme Amel Benaïssa dira que  «cela dénote l’importance de ce projet que le Gouvernement compte prendre en charge, le ministère lui-même ou grand incubateur pourrait avoir des comités scientifiques, pour orienter les idées innovantes, puis pour les accompagner afin de veiller sur le développement des start-ups pour qu’ils deviennent des entreprises,… Franchement, moi je crois à ce projet parce que le ministre, en lui-même c’est quelqu’un qui est dans les start-ups, donc il connaît parfaitement l’importance de toutes ces étapes. Permettez-moi de vous dire qu’on est porteur de projet on n’est pas obligé d’être un chef d’entreprise ou un manager, on peut avoir dans la team un chef et un porteur de projet pour travailler ensemble dans un cadre convenable, sous le suivie d’un expert pour atteindre l’objectif.

M.W. B.