Sauvegarder notre référent cultuel

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    C’est le président du Haut conseil islamique qui le déclare sans ambages : «Il y a lieu de combattre tout ce qui peut diviser les Algériens, notamment les sectes et certains courants religieux dont le salafisme…» En effet, cette conception rigoriste de l’Islam, complètement étrangère à nos us cultuels, s’est instaurée avec beaucoup de facilités en Algérie, essentiellement durant la décennie sanglante où n’importe quel gourou était accueilli comme le messie auprès d’une population crédule et perméable à tous les discours annonciateurs de Oumma islamique enfin instaurée ! En réalité, le travail de ces filiales de l’intégrisme a commencé bien avant lors de ces années quatre-vingt où l’on a vu les Algériens et les Algériennes changer soudain leurs habitudes vestimentaires avec le port du kamis et du hidjab qui se sont généralisés avec une étonnante facilité. Dans les mosquées, les prêches avaient changé de cap et l’on s’éloigna de plus en plus de ces discours apaisants et empreints de sérénité que de vénérables imams faisaient devant des parterres de fidèles croyants et convaincus. Alors de nouveaux prêcheurs firent leur apparition, haranguant les foules dans une langue châtiée, dans des discours faits de reproches et d’interdits. Ainsi, foisonnèrent les débats autour du licite et de l’illicite, de la yadjouz… Et les Algériens se transformèrent en exégètes découvrant soudain leur religion. Le terrain était alors propice à tous les dérapages et nul ne se doutait que c’était là les prémisses à une décennie qui allait coûter très cher au pays, en vies humaines et en dégâts matériels. Aujourd’hui, deux décennies plus tard, le danger n’est pas écarté et si le terrorisme est vaincu militairement par la pugnacité de l’Armée, il reste que son idéologie est très prégnante dans la société, notamment à l’école ravagée par ces courants rétrogrades.