Selon des experts: Le baril devrait se maintenir à 35/40 dollars à cours terme mais dépendra de l’évolution de la pandémie

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L’accord de l’Opep et ses alliées portant prolongation d’un mois de la baisse de 9,7 millions de baril par jour permettra de stabiliser à court terme les prix du pétrole entre 35 et 40 dollars mais le marché restera dépendant de l’évolution de la pandémie de la Covid-19, ont estimé dimanche des experts en énergie.

«Nous sommes dans un cycle de reprise des activités économiques, la demande va donc reprendre de façon plus large et plus forte notamment avec le retour du transport aérien. Et avec la reconduction de la baisse de 9,7 mbj jusqu’à la fin juillet, les prix vont se stabiliser entre 35 et 40», a expliqué l’expert, Mustapha Mékidèche. Ces niveaux de prix concerneront la période de la reprise des activités puisque le baril devrait augmenter à 45 dollars et plus avec l’évolution de la demande énergétique, prévoit M. Mékidèche. «C’est un signe que la crise est en train de se dissiper progressivement, même s’il y a toujours une hypothèse -qui reste faible- d’une deuxième vague et par conséquent un retour au confinement», a-t-il estimé. Pour lui, «la reconduction de la baisse de 9,7 mbj (prévue initialement pour les mois de mai et avril), est un signal pour dire que l’Opep+ va tenir compte de l’évolution de la demande mondiale et qu’en aucun cas elle ne va accepté un retour à des chutes de prix qui seront dommageables pour les producteurs et les consommateurs à la fois». La réunion de l’Opep+ a prouvé également que l’organisation «qu’on a enterrée un peu trop vite» et ses partenaires,  sont dans une situation de  «proactivité» et qu’elle a pu, encore une fois sous la présidence de l’Algérie, redresser la situation, note M. Mékidèche. Avec cet accord, «je pense que nous allons dans la bonne direction, en tout cas, le pire est dernière nous», soutient-il.

De son côté, le consultant Kamel Aït Cherif, estime que les conclusions de la réunion de samedi représentaient «un bon signe» pour le marché pétrolier. Cependant, la réussite de cet accord est tributaire d’abord du respect strict, par les pays signataires,  des quotas fixés, selon M. Aït Cherif.» Si les pays de l’Opep+ arrivent à respecter leurs quotas convenablement, l’accord va  permettre de stabiliser le marché et pousse les autres pays à adhérer dans cette démarche dans l’intérêt de tous les producteurs», a-t-souligné. Les prix devront se situer ainsi ente 35 et 40 dollars et vont encore augmenter dans le deuxième semestre notamment si les pays producteurs non signataires à l’instar du Canada et les Etats-Unis poursuivent leur baisse, a indiqué M. Aït Cherif.

Concernant le pétrole de schiste américain, le consultant a souligné que les prix actuel n’arrangeaient pas les producteurs de ce type d’hydrocarbures mais à partir de 40 dollars le baril, cette industrie pourra résister encore. S’agissant de la durée de la prolongation M. Aït Cherif estime que «l’idéal aurait été de reconduire jusqu’à la fin de l’année afin de permettre de rééquilibrer l’offre avec les nouvelles réalités de la demande et absorber les stocks». Un avis partagé également par l’expert et ancien   PDG du groupe Sonatrach, Abdelmadjid Attar qui souligne que la durée d’un mois n’est pas suffisante pour atteindre les objectifs escomptés. «Dans les marchés pétroliers, les réunions de l’Opep+  constituent un paramètre important pour la courbe des prix. Le marché attendait une prolongation de deux ou trois mois au minimum. Un mois, c’est nettement insuffisant», a-t-il argué. «Avec cette décision, on a jeté la bal dans le camp de la pandémie. Si la situation ne s’aggrave pas, les prix  vont se maintenir à 35/40 dollars mais si le marché constate des signes de reprise de foyers du corona, les prix vont revenir à la baisse».

Moussa O. /Ag.