Sommet de l’UA:Tebboune aujourd’hui à Addis-Abeba

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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, sera aujourd’hui à Addis-Abeba pour prendre part au 33e sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) avec à son ordre du jour plusieurs dossiers liés, notamment aux différentes situations de conflit qui secouent le continent, notamment en Libye et dans la région du Sahel. Lors de cette session, les dirigeants africains s’emploieront à trouver les moyens de faire taire les armes et mettre fin aux multiples conflits pour l’édification d’une Afrique prospère et développée.

Les responsables et les dirigeants du continent ont insisté, à maintes reprises, sur la sauvegarde des acquis arrachés au prix de grands sacrifices, mettant l’accent sur l’urgence de préserver la stabilité de l’Afrique et des Etats, par le règlement des conflits de manière pacifique. Dans ce contexte, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, Smaïl Chergui, avait réaffirmé, en janvier dernier, la «nécessité» de conjuguer les efforts en vue de trouver de «meilleures solutions possibles aux situations de conflits» en Afrique. Il avait souligné la nécessité de rechercher de «meilleures solutions possibles», aux situations de conflits, notamment au Soudan du Sud, en Libye, en République Centrafricaine et dans la région du Sahel pour assurer la paix, la stabilité et la prospérité. Pour sa part, le président de la Commission de l’UA, Moussa Fakli Mahamat, avait insisté sur le règlement des conflits de manière pacifique, afin de préserver l’image du continent, regrettant, à ce propos, que la situation «ne soit pas à la hauteur» des attentes des Africains, à quelques mois du délai (2020) fixé par l’organisation continentale pour «faire taire les armes et débarrasser l’Afrique du fléau des conflits». La crise libyenne va être au centre de l’attention des chefs d’Etat et de gouvernement, lors de ce 33e sommet de l’UA, tant ses répercussions sur la stabilité de toute la région sont multiples. Lors du 8e sommet du Comité de haut niveau de l’UA sur la Libye, tenu fin janvier à Brazzaville, l’UA s’est affirmée sur le dossier libyen en établissant une feuille de route en vue d’organiser, durant l’année en cours, la «conférence inter-libyenne de réconciliation», plusieurs fois annoncées ces dernières années. Cette conférence qui vise à mettre un terme à la crise dans ce pays, devra cette fois-ci, se concrétiser avec l’établissement d’une feuille de route fixant les principales étapes de sa préparation et de sa tenue. Le sommet de Brazzaville a décidé de préparer et de tenir la conférence inter-libyenne de réconciliation, conformément aux décisions pertinentes de l’UA, en concertation avec les pays voisins de la Libye et les Nations unies. «L’Afrique a reçu mandat d’organiser, au cours de l’année 2020, un forum de réconciliation nationale inter-libyen, préalable à des élections présidentielles et législatives libres et crédibles», avait indiqué le président du comité de haut niveau sur la Libye et président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso. Dans cet ordre d’idées, le comité avait décidé de créer une commission préparatoire inclusive de la conférence qui doit être ouverte à «toutes les parties prenantes libyennes, y compris les chefs de tribus et autres forces politiques et sociales, pour promouvoir une solution durable au conflit».

Le forum de réconciliation nationale inter-libyen inclusif devra proposer une période de transition, présenter l’avant-projet de Constitution et suggérer la date du référendum constitutionnel et des élections présidentielles et législatives. L’Algérie s’était proposée à abriter le forum de réconciliation nationale. En effet, l’Algérie, par la voix de son Premier ministre, a réitéré, lors du sommet de Brazzaville, sa «disponibilité» à rapprocher les positions des parties belligérantes en Libye et abriter toute réunion inter-libyenne visant à «contribuer à trouver une solution à la crise et jeter les bases d’un nouvel Etat stable». Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, avait relevé que l’Algérie, qui se tient à «équidistance» entre les deux parties libyennes, «fait preuve d’un maximum de neutralité, tout en appuyant la légitimité des institutions reconnues au plan international». Après l’élection du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie a connu un ballet diplomatique remarquable, insufflant, de l’avis des observateurs, «une dynamique» à sa diplomatie pour rechercher une solution à la crise libyenne. La tenue à Alger de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye (Algérie, Tunisie, Egypte, Soudan, Tchad et Niger), ainsi que le Mali au vu des retombées de la crise libyenne sur ce pays de la région, avait mis en avant la nécessité d’accompagner les Libyens dans la dynamisation du processus de règlement politique de la crise à travers un dialogue inclusif. Un des grands chantiers de l’Union africaine, consistait à faire aboutir les réformes entamées, notamment le renforcement de l’intégration économique en Afrique et la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale (ZLEC). La ZLECA avait été lancée en juillet 2019 à Niamey dans sa phase opérationnelle à l’occasion de la tenue du 12e sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA. La ZLECA est une zone géographique continentale dans laquelle les biens et les services circulent sans restriction entre les Etats membres de l’Union africaine. Très attendue, cet espace constitue un marché de 1,2 milliard de personnes et créera un marché de 3.000 milliards de dollars, sans aucun droit de douane ni restriction à la frontière, selon les données fournies pas ses concepteurs. Le commerce intra-africain représente actuellement environ 16% du commerce total du continent, soit 2% du commerce mondial, alors que les flux commerciaux intra-européens sont à hauteur de 67%. Elle vise à stimuler le commerce intra-africain en offrant un accord commercial global et mutuellement bénéfique entre les Etats membres, couvrant le commerce des biens et des services, les investissements, les droits de propriété intellectuelle et la politique en matière de concurrence.

  1. Benslimane