Sommet extraordinaire de l’UA: Ouyahia à Addis-Abeba pour représenter le président de la République

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Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, est attendu, aujourd’hui, dans la capitale éthiopienne pour représenter le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA), qui sera consacré exclusivement à la réforme de l’instance panafricaine.

Le Premier ministre, qui sera accompagné du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, devrait rappeler la position algérienne qui partage l’impératif d’une réforme institutionnelle et structurelle de l’UA et que le contenu de cette réforme devrait bénéficier de l’adhésion la plus large de l’ensemble des Etats membres. Lors de ce sommet, Ouyahia devrait également mettre l’accent sur l’importance d’une gestion consensuelle du processus de réforme, à travers, notamment, une approche basée sur l’appropriation par les Etats membres et l’examen exhaustif des propositions qui y sont contenues. L’Algérie, qui accorde une importance particulière au processus de réforme de l’UA, réaffirmera, à l’occasion de ce sommet, sa position favorable à une révision du fonctionnement technique des structures de l’organisation, estimant nécessaire l’adhésion la plus large de l’ensemble des Etats membres de l’UA à ce projet de réforme.

«Le contenu de la réforme de l’UA devrait bénéficier de l’adhésion la plus large de l’ensemble des Etats membres de l’UA dont la mécanique financière devrait tenir compte des capacités économiques de chaque pays», avait estimé Ouyahia, lors de la session de consultations sur la question de la réforme de UA, tenue, en janvier dernier à Addis-Abeba. Ahmed Ouyahia avait souligné que l’Algérie «partage l’impératif d’une réforme institutionnelle et structurelle de l’UA», ajoutant, sur un autre registre, que la mécanique financière de l’Organisation «devrait tenir compte d’un minimum d’équilibre entre l’ensemble des Etats membres et de leurs capacités économiques». Il avait, dans le même contexte, mis l’accent sur «l’importance d’une gestion consensuelle du processus de réforme, à travers, notamment, une approche basée sur l’appropriation par les Etats membres et l’examen exhaustif des propositions qui y sont contenues».

En termes de réforme de l’UA, il est attendu selon l’approche algérienne de donner à l’organisation les moyens de répondre aux aspirations des peuples du continent en matière de développement et d’intégration sans que cette réforme ne touche aux principes fondamentaux de l’Union. Il s’agit en fait d’une réforme qui ne touchera pas les objectifs et les principes de l’Union mais plutôt d’une révision du fonctionnement technique de l’organisation et de ses structures afin d’améliorer leur rendement. Les chefs d’Etat et de gouvernements des 55 pays membres de l’UA devront discuter des questions relatives aux réformes de cette organisation panafricaine, qui fait face à des défis multiformes, liés, notamment, à des dysfonctionnements structurels, des difficultés financières et des lacunes en matière de coordination au sein de son système institutionnel. La rationalisation des modes de gestion des contributions, les nouvelles modalités de travail et du financement de l’UA figurent parmi les principaux chantiers de cette réforme entamée depuis 2016. Chargé, en juillet 2016, par ses pairs d’élaborer un rapport sur la réforme de l’UA, Paul Kagamé, président en exercice de l’UA et chef de l’Etat rwandais, a proposé, entre autre, la transformation du mécanisme du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) en agence de développement de l’UA. Pour le président de la Commission africaine, Moussa Faki Mahamat, il s’agit de «doter le NEPAD en tant qu’entité de personnalité juridique distincte et de créer entre autre une matrice de division du travail entre la commission africaine, les communautés économiques régionales pour aligner les programmes».

Processus de transformation du NEPAD en une agence de developpement

Une autre proposition portant sur le renforcement des compétences du président de la Commission a été également formulée dans les recommandations de ce rapport élaboré avec le concours des experts et adopté par l’assemblée générale de l’organisation panafricaine. Il est également recommandé la mise en œuvre immédiate de la «taxe Kaberuka», de 0,2% sur les importations avec le renforcement des sanctions pour les pays qui ne paient pas leur contribution. Ce prélèvement permettra de financer le budget opérationnel de l’UA, dont 75% seront consacrés au budget du programme, tandis que 25% du budget seront destinés à soutenir les opérations de maintien de la paix. Cette taxe aidera également à réduire la dépendance vis-à-vis des fonds des partenaires pour la mise en œuvre des programmes continentaux et d’alléger les pressions exercées sur les trésors nationaux. Faki Mahamat avait appelé les pays africains à «resserrer leurs rangs» et trouver les moyens nécessaires pour «faire entendre leurs voix» sur la scène internationale.

Il a fait remarquer que «le monde aujourd’hui est confronté à un recul inquiétant du multilatéralisme et des principes de solidarité exposant ainsi les plus faibles à toutes sortes de pression et de chantage», ce qui exige, a-t-il ajouté, le «renforcement de l’efficacité de l’UA». Outre cette férocité et évolution sur le plan international, les «projets ambitieux» fixés par les pays africains exigent une «performance accrue» et une «capacité à traduire plus effectivement en acte», a-t-il encore souligné. Il a, dans ce sens, réaffirmé que la réforme institutionnelle de l’Organisation panafricaine, demeurait «sans aucun doute, l’une des plus ambitieuses entreprises de changement jamais menées par l’UA». Rappelant que «plusieurs tentatives» pour introduire des réformes au sein de l’UA ont été lancées par le passé, mais «n’ont pas été à la hauteur des attentes», Faki Mahamat a noté que le projet de réforme, lancé en 2016, portait sur l’ensemble des aspects de fonctionnement et concerne tous ses organes. Faki Mahamat a salué, à cette occasion, «l’intérêt manifesté et l’implication significative des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA depuis janvier 2017 pour la concrétisation de ce processus de réforme».

Pour la Commission de l’UA, son président a relevé que dans le cadre de ces réformes, la nécessité de «rationnaliser la structure de sa direction, son mode de sélection de ses membres, ainsi que les mesures requises pour assurer une véritable reddition des comptes». Toutefois, a-t-il relevé, quelle que soit la formule choisie, «il est impératif de préserver les principes fondamentaux de la composition de la Commission, telles que la parité en terme de genre et de représentation régionale équitable». Le président de la Commission de l’UA a, par la même occasion, salué les recommandations faites concernant le processus de transformation du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement en Afrique) en une agence de développement, appelant, d’autre part, à «mettre un terme aux retards chroniques accusés dans le paiement des contributions statutaires».