Sommet mondial de l’OIT sur la Covid-19 et le monde du travail: Allocution du président Tebboune (texte integral)

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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a prononcé hier une allocution par visio-conférence au Sommet mondial de l’Organisation internationale du travail (OIT) consacré à «la Covid-19 et le monde du travail»

«Au nom d’Allah, Clément et Miséricordieux, Altesses, Excellences, Monsieur le Directeur général de l’OIT, Mesdames, messieurs, Je tiens, tout d’abord, à vous remercier infiniment pour votre invitation à prendre part à ce Sommet mondial virtuel sur la Covid-19 et son impact socioprofessionnel, lequel offre aux acteurs du monde du travail l’opportunité de discuter des défis que pose cette pandémie et des moyens de faire face à ses retombées. JE veux, ici, saluer l’engagement fort de l’Organisation internationale du travail (OIT) à soutenir ses Membres, en particulier dans cette conjoncture exceptionnelle, et mettre l’accent sur l’importance de son rôle en faveur d’une approche globale et efficiente quant aux moyens de faire face à l’impact négatif de cette pandémie et de préparer l’étape de la relance économique post-Covid-19 sur des bases solides. Je ne manquerai pas, à cette occasion, de présenter mes sincères condoléances aux familles des victimes du nouveau coronavirus, paix à leurs âmes.Mesdames, messieurs, L’Algérie a, dès l’enregistrement de son premier cas confirmé de Covid-19, pris une série de mesures préventives. En effet, elle a été l’un des premiers pays à placer en quarantaine les citoyens revenant de l’étranger. Parmi les autres mesures prises, on peut citer l’équipement des aéroports en moyens de détection et de protection, la fermeture des universités, des aéroports, des écoles, des crèches, des mosquées et des stades, la suspension des dessertes aériennes et maritimes en accord avec les pays voisins, et l’intensification des campagnes de sensibilisation en direction des citoyens pour leur faire prendre pleinement conscience de la nécessité impérieuse de la prévention sanitaire. D’importants moyens humains et matériels ont également été mobilisés pour faire face à cette pandémie et endiguer sa propagation et des mesures fermes ont été prises, dont: la suspension temporaire de certaines activités économiques, commerciales et de transport dans ses différents types, le confinement total ou partiel à domicile de certaines wilayas, la mise en place de règles de distanciation physique, la mise en œuvre de mesures barrières sur les lieux de travail et l’exhortation des institutions et des administrations publiques à prendre toute mesure encourageant le travail à distance, tout en veillant au strict respect des mesures sanitaires, L’octroi, par les employeurs, de congés exceptionnels payés pour pas moins de 50% des effectifs en donnant la priorité aux femmes enceintes et celles élevant des enfants en bas âge ainsi qu’aux personnes souffrant de maladies chroniques ou de santé précaire. Par ailleurs, il a été décidé d’intensifier le dépistage à la faveur de la création de centres spécialisés dans plusieurs wilayas et dont le nombre avoisine 30 structures, en sus de l’Institut Pasteur d’Alger. Aussi et dans le but de s’adapter à cette crise sanitaire et ses retombées sur le plan socioéconomique, le Gouvernement a mis en place un mécanisme de suivi et d’évaluation de l’évolution de la situation des entreprises impactées par la pandémie du coronavirus, un mécanisme chargé de déterminer les mesures appropriées pour l’accompagnement des partenaires sociaux. À ce propos, une batterie de mesures susceptibles d’accompagner les établissements impactés a été prise, à l’instar de la prorogation des délais des déclarations fiscales et parafiscales, mais également, des délais de versement des cotisations et de remboursement des crédits bancaires, ou encore la suspension des sanctions et des pénalités de retard. De surcroît, les partenaires sociaux ont eu un rôle efficace dans le traitement de cette crise à travers la participation des représentants d’organisations syndicales des travailleurs salariés et des organisations patronales aux réunions nationales et sectorielles. Une démarche qui a abouti à la formulation d’une série de propositions, intégrées dans le plan de travail du Gouvernement en vue d’assister les secteurs précaires, le but étant de faire face à l’impact de cette situation en préservant les postes d’emploi et l’outil de production, mais aussi d’être au fait des préoccupations des partenaires sociaux dans le cadre d’un dialogue social constructif et inclusif. Il a été décidé, également, de consacrer une allocation mensuelle pour soutenir une partie des travailleurs souffrant de l’absence de revenus en raison du confinement imposé à l’instar des  coiffeurs, des chauffeurs de taxi et des artisans. En outre, nombre de mesures ont été appliquées afin de lever, partiellement ou totalement, le confinement qui vise essentiellement à préserver la santé du citoyen, et qui demeurera tributaire de l’évolution de la situation épidémiologique au niveau de chaque wilaya et à l’échelle nationale.

Mesdames, Messieurs, Cette pandémie a fortement impacté le monde du travail, qui souffre de répercussions socioéconomiques dangereuses suite à la disparition de millions d’emplois à travers le monde et aux pertes sans précédent dans le revenu des travailleurs et des entreprises, qui font face à de grandes difficultés dues aux mesures de confinement et de fermeture. Cette crise a eu un impact à des degrés différents sur les pays en développement, notamment, ceux qui font face désormais à de grands défis pour préserver les acquis du développement dont la réalisation a exigé de longs et inlassables efforts. Le continent africain vient en tête des pays impactés matériellement par le coronavirus qui menace d’approfondir sa vulnérabilité et d’affaiblir son développement. Dans cette optique, le système des Nations-Unies ainsi que les institutions économiques et financières internationales sont appelés à mobiliser les ressources nécessaires pour appuyer les pays en développement, particulièrement en Afrique, dans leur politique visant à gérer la période post-Covid19, à travers l’allégement du fardeau des dettes et l’augmentation du financement des investissements dans ces pays. De plus, les défis, auxquels nous ferons face dans les années à venir, nous obligent à consentir des efforts soutenus pour parvenir à une concordance, aussi large que possible, des vues concernant l’avenir du travail, et je demeure convaincu de notre capacité à réaliser cette concordance, en vue de déterminer les voies à même de concrétiser les objectifs de la Déclaration du centenaire de notre Organisation, qui visent à assurer la protection sociale à tous les travailleurs, dont la garantie des droits fondamentaux au travail, et ce, dans la perspective de consacrer le travail décent. Mesdames, Messieurs, L’Algérie, qui ne se préoccupe pas uniquement de riposter aux défis de l’heure, mais aussi, de faire face aux défis inhérents à l’avenir du travail, demeurera attachée aux principes socio-démocratiques prônés par l’OIT et joint ses efforts à ceux de la Communauté internationale en vue de sortir de cette crise et d’œuvrer, collectivement, pour un monde de travail meilleur. En conclusion, je voudrais réaffirmer l’attachement à toutes les questions relatives aux monde de l’emploi. Notre priorité à présent, est d’œuvrer, ensemble, à la prévention de la propagation de cette pandémie et à la préservation de la vie de nos concitoyens, ainsi qu’à l’édification d’économies génératrices d’emplois, fondées sur les principes de stabilité et de justice sociale. Je vous remercie de votre attention.