Tebboune à propos de la hausse du taux d’intégration national du logement : «C’est une fierté pour l’industrie algérienne»

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Photo : Slimane Lotfi ©

Des mesures strictes ont été prises par les services du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville en vue de persuader les maîtres d’ouvrage à utiliser des matériaux de construction produits localement dans la réalisation des chantiers. L’ action a donné du résultat puisque le taux d’intégration nationale dans la réalisation du logement a dépassé les 85%. D’après le ministre du secteur et ministre du Commerce par intérim, Abdelmadjid Tebboune, cette action a non seulement redonner au produit national la position qu’il lui sied, mais aussi permis «au Trésor public d’économiser 1,4 milliard de dollars en 2016». La somme a pu être récoltée suite à l’interdiction faite à l’importation, à titre d’exemple, de la céramique. Encore faut-il rappeler que le secteur du bâtiment a consommé près de «69 milliards de dollars US durant les deux derniers plans quinquennaux jusqu’en 2016». Présidant une conférence de presse tenue ce dimanche, après l’inauguration du 20e salon international du bâtiment, des matériaux de construction et des travaux publics (Batimatec 2017), le ministre n’a pu que se féliciter de cet exploit. «C’est là une fierté pour l’industrie algérienne qui accompagne de manière efficace les réalisations dans le secteur du bâtiment» a déclaré le ministre avant d’ajouter que des «conditions avaient été posées» pour que «tous les marchés de construction» adhèrent à l’action. Ceci ne limite toutefois pas le recours à l’utilisation de certains matériaux importés comme c’est le cas pour le «rond à béton et le ciment». D’autres matériaux importés peuvent être utilisés en cas de nécessité, notamment lorsqu’il s’agit de matériaux qui ne sont pas produits localement». Le ministre rappellera que la décision d’interdire l’importation de certains matériaux consiste «premièrement à protéger le produit national et deuxièmement utiliser les fonds drainées par l’importation dans la création des milliers de PME dans le secteur, créatrices de richesse et d’emplois». Notons par ailleurs, que la décision a, notamment comme objectif de réduire la facture d’importation des cette gamme de produits. La facture d’importation des matériaux de construction s’est chiffrée à 1,61 milliard de dollars (MD USD) sur les 9 premiers mois 2016, contre 1,95 MD USD sur la même période de 2015. Soit une baisse de plus de 17 %. L’introduction du dispositif des licences d’importation a permis d’atteindre ce résultat, parallèlement à l’apport issu de la baisse des cours mondiaux de certains produits. Depuis l’instauration de ce dispositif, les prix moyens à l’importation par l’Algérie en ciment, par exemple, ont baissé de près de «12% sur les 8 premiers mois 2016 par rapport à la même période de 2015».

Quid dossier AADL ?

A une question concernant la distribution des logements AADL 1 et 2 le ministre reste intransigeant. Il informe que ce dernier «était définitivement clos dans toutes les wilayas concernées», mais que des petits quotas au niveau d’Alger et Oran «seront distribués au cours du mois de juin prochain». S’agissant des projets du programme AADL2, Tebboune informe que quelques uns ont déjà été lancés dans quelques wilayas tandis que d’autres le seront à «Alger et Oran» à partir du même mois de juin. Pour ce qui est du programme Logements promotionnels publics (LPP), Tebboune estime que cette formule à «grandement contribué à stabiliser les prix du foncier». Le prix du mètre carré adopté dans les logements «LPP» et les autres formules (120.000 DA m²) étant «très raisonnable», soutient le ministre. De même pour la consolidation du parc national. Cette initiative a pour objectif de «contribuer à réduire les prix de la location», déclare le ministre. Par ailleurs, s’agissant des réalisations livrées, le ministre informe que les maitres d’ouvrage relevant du secteur public livrent annuellement plus de «320.000 unités de logement» contre «5000 unités par an» par les entreprises du secteur privé. Concernant les créances de paiement dues aux entrepreneurs chargés de la réalisation de logements sous la tutelle du ministère de l’Habitat, le ministre a précisé que «jusqu’à décembre 2016, les dossiers de toutes les entreprises créancières ont été traités». Le «retard accusé lors du 1er trimestre de l’année en cours n’est pas dû au manque de ressources financières, mais aux procédures techniques qui ont pris un peu de temps», a-t-on dit. Le ministre annoncera le début de la semaine en cours, l’opération de traitement de l’ensemble des dossiers des entreprises créancières, en fonction de la date de dépôt des situations de travaux et des créances. Le ministre annoncera par la suite la poursuite des opérations de contrôle pour mettre fin à toute fraude insistant au passage que «l’Etat construit pour distribuer et non pas pour interdire et exclure».