Tebboune préside aujourd’hui son 1er Conseil des ministres: Le nouveau gouvernement appelé à élaborer son plan d’action

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Le Président Abdelmadjid Tebboune qui veut relancer au plus vite la machine économique présidera, ce dimanche, la première réunion du Conseil des ministres avec les nouveaux membres du gouvernement, qui entamera son action par l’élaboration de son plan d’action, devant être présenté au Parlement.

Dans ce sens, les membres du nouveau gouvernement dirigé par Abdelaziz Djerad, ont pris, hier, leurs fonctions, moins de 48 heures après leur nomination par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, un exécutif de technocrates marqué par l’entrée de jeunes ministres et par la volonté d’imprimer une nouvelle orientation à l’économie, en développant, notamment le numérique. La composition du gouvernement se veut «le lancement du changement économique en Algérie, conformément aux promesses faites par le président de la République lors de sa campagne électorale et affirmées dans son discours à la nation lors de la prestation de serment», a indiqué le porte-parole officiel de la présidence de la République, Belaïd Mohand Oussaïd. Le choix des portefeuilles attribués au sein du gouvernement, constitué de 39 membres, dont 5 femmes, 7 ministres délégués et 4 secrétaires d’Etat, renseigne sur les chantiers que le Président entend ouvrir. D’abord le développement de l’économie numérique, un objectif pour lequel a été mis en place un ministère de la micro-entreprise, des startup et de l’économie de la connaissance, confié à Yassine Djeridene, qui sera assisté par deux ministres délégués, Nassim Diafat et Yacine Oualid, chargés, respectivement, des incubateurs et des startup. Ces départements ministériels auront pour mission de booster un secteur créateur  d’emplois et constituant la locomotive de l’économie moderne basée sur le numérique. La relance de l’économie, notamment dans son volet industriel, impactée par des contraintes budgétaires, a été confiée à Ferhat Aït Ali Braham, nommé ministre de l’Industrie et des Mines. Cet expert financier est connu pour avoir critiqué l’incohérence des politiques industrielles suivies ces dernières années. Pour mieux gérer les contraintes budgétaires, un ministère du Commerce extérieur a été créé et devra, sous la conduite de Aïssa Bekkaï, assainir un secteur ayant connu de nombreux dysfonctionnements, dont le phénomène de la surfacturation. Les données étant un outil indispensable dans la gouvernance économique et l’élaboration de programmes opérants, Bachir Messaitfa a été rappelé au poste de ministre délégué chargé des Statistiques et de la Prospective. Parmi les objectifs assignés au gouvernement, figure aussi le développement de l’industrie pharmaceutique. Pour ce faire, un ministre délégué, Abderrahmane Lotfi Djamel Benbahmad, a été nommé pour donner une nouvelle impulsion à ce secteur stratégique. L’importation de médicaments coûte à l’Algérie environ deux milliards de dollars annuellement. Le développement des régions du Sud du pays et montagneuses compte également au nombre des objectifs fixés au gouvernement. Deux portefeuilles ont été attribués à Foued Chehat et Hamza Al Sid Cheikh, chargés, respectivement, de l’agriculture saharienne et des montagnes et de l’environnement saharien. Chems-Eddine Chitour a été nommé ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. La désignation de ce brillant universitaire et homme de culture reflète la volonté de réhabiliter l’université en tant qu’espace de formation de l’élite du pays et lieu de production du savoir et des connaissances. A travers son programme, Tebboune prône une nouvelle politique de développement hors hydrocarbures, la substitution des produits importés par d’autres locaux en vue de préserver les réserves de change, la promotion des start-up et le renforcement du rôle économique des collectivités locales dans le développement et la diversification de l’économie nationale La volonté de promouvoir la culture transparaît également dans la composition du gouvernement, au sein duquel siègent, outre la ministre en charge du secteur, Malika Bendouda, deux secrétaires d’Etat : Bachir Youcef Sehaïri, chargé de l’Industrie cinématographique, et Salim Dada, de la production culturelle. Autre nouveauté dans le gouvernement, en plus de la nomination d’un ministre de la Jeunesse et des Sports, en la personne de Sid Ali Khaldi, un secrétariat d’Etat chargé du sport d’élite a été créé et confié à l’ancien champion olympique Noureddine Morceli. A noter que les titulaires des ministères régaliens sont maintenus à leurs postes: Sabri Boukadoum, aux Affaires étrangères, Kamel Beldjoud, à l’Intérieur, aux collectivités locales et à l’Aménagement du territoire, Belkacem Zeghmati, à la Justice, Abderahmane Raouya, aux Finances, et Mohamed Arkab à l’Energie. Le nouveau gouvernement aura la mission de mettre en œuvre le programme du Président Abdelmadjid Tebboune qui s’était engagé à ouvrir de nombreux chantiers impératifs à l’édification d’une Algérie nouvelle et à la satisfaction des profondes aspirations du peuple. A travers son programme, Tebboune prône une nouvelle politique de développement hors hydrocarbures, la substitution des produits importés par d’autres locaux en vue de préserver les réserves de change, la promotion des start-up et le renforcement du rôle économique des collectivités locales dans le développement et la diversification de l’économie nationale. Une amélioration du climat des affaires, l’encouragement de l’investissement, notamment extérieur direct sont aussi prévus dans ce programme. Le chef de l’Etat avait, d’autre part, relevé que l’Algérie avait besoin en cette période délicate de classer ses priorités pour éviter des lendemains incertains, assurant que l’Etat «sera à l’écoute des aspirations profondes et légitimes de notre peuple au changement radical du mode de gouvernance et à l’avènement d’une nouvelle ère, fondée sur le respect des principes de la démocratie, de l’Etat de droit, de la justice sociale et Droits de l’Homme». Il avait également souligné que la situation que traverse le pays «nous interpelle, plus que jamais, à parfaire notre gouvernance pour corriger les points faibles de notre pays, réunir les conditions nécessaires à la relance de la croissance économique, au développement de notre pays et à la consolidation de sa place dans le concert des nations».

Dans l’objectif de lever ces défis, «nous devons dépasser, le plus vite possible, la situation politique actuelle pour entamer l’examen des questions essentielles pour le pays, à travers l’adoption d’une stratégie globale fondée sur une vision politique claire à même de rétablir la confiance du peuple en son Etat et assurer sa mobilisation (peuple) afin de garantir sa stabilité et son avenir», a-t-il estimé, soulignant que cette stratégie vise à «restaurer l’autorité de l’Etat, à travers la poursuite de la lutte contre la corruption, la politique d’impunité et les pratiques relatives à la distribution anarchique des recettes pétrolières». Il avait, en outre, mis l’accent sur l’impérative relance du développement économique à travers de grands projets et infrastructures de base, en sus de l’encouragement de l’investissement productif, la diversification du tissu industriel à travers la promotion des petites et moyennes entreprises (PME) et de l’activité économique créatrice de postes d’emploi. Dans cette perspective, Tebboune a souligné que l’Algérie avait besoin d’établir des priorités. Parmi les points figurant sur sa feuille de route, le président de la République a cité la lutte contre la corruption et l’esprit de distribution anarchique de la rente. Rappelant ses engagements contractés durant la campagne électorale, le président de la République a mis l’accent sur un amendement de la Constitution dont les principaux contours porteront sur la limitation du renouvellement du mandat présidentiel à une seule fois, la réduction des prérogatives du Président pour prévenir les dérives autocratiques, la séparation et l’équilibre des pouvoirs et la consécration de la protection des Droits de l’Homme, des libertés individuelles, collectives, de la presse et de manifestation. Le chef de l’Etat se fixe également pour priorité de moraliser la vie politique et de restituer la crédibilité aux institutions élues à travers la révision de la loi électorale, notamment les conditions relatives à l’éligibilité. Sur un autre chapitre, Tebboune devrait prendre des mesures d’urgence pour sauver les entreprises algériennes en difficulté et, dans cette optique plus précisément, il a été interpellé récemment par le Forum des chefs d’entreprises (FCE) qui a mis l’accent sur la gravité de la crise économique qui s’est installée dans la plupart des filières en Algérie, notamment le BTPH, l’industrie pharmaceutique, les services, les TPE/PME. Selon lui, 60% du tissu économique algérien est sinistré avec plus de 650 000 emplois perdus dans les différents secteurs d’activités. Cette situation exige «un engagement de très haut niveau, rompre avec les pratiques du passé et écouter ce que la communauté d’affaires réclame», selon le FCE qui a invité le nouveau président à «porter un message d’espoir aux entreprises pour la préservation des postes d’emploi et le maintien du processus de création de richesse». Dans ce sens, il a plaidé pour des «actions courageuses destinées à réformer profondément l’ensemble de l’encadrement juridique de l’économie et à faciliter davantage l’acte d’investir, tout en associant les acteurs économiques dans la prise de décisions».

  1. Benslimane