Tout en insistant sur la nécessité d’un consensus autour des questions nationales majeures: Tebboune rassure les partenaires économiques et sociaux du gouvernement

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La réunion préparatoire de la prochaine Tripartite (Gouvernement-Patronat-UGTA), tenue au palais du gouvernement, a été l’occasion pour le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, de rassurer les partenaires économique et sociaux du gouvernement quant au respect des engagements pris dans le cadre du pacte économique et social. Prônant constamment le dialogue national, Tebboune a affirmé que le gouvernement s’attèlerait à l’ouverture de canaux du dialogue et de concertation avec toutes les composantes du tissu national, qu’elles soient politiques, syndicales, académiques ou associatives pour expliquer la démarche de l’exécutif, obtenir la confiance et l’adhésion de tous.

Il avait indiqué que le gouvernement est conscient qu’un consensus autour des questions nationales majeures facilitera grandement la réalisation des objectifs tracés dans son Plan d’action pour la mise en œuvre du programme du président de la République, soulignant l’importance d’atteindre un consensus national pour gérer la crise économique en vue de préserver l’indépendance et la souveraineté nationale dans la prise de décision. Pour rappel, le Pacte national économique et social de croissance avait été signé lors des travaux de la Tripartite tenue en février 2014 à Alger. Ce Pacte s’est donné pour objectifs l’accélération du processus des réformes économiques, le développement industriel, l’amélioration du climat des affaires, le système de santé et de la protection sociale, l`accès au travail et l`amélioration du pouvoir d`achat, ainsi que la sécurité énergétique et l`adéquation du système de formation avec les besoins de l`entreprise. Il est basé sur la volonté du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, de promouvoir la concertation pour une croissance durable tout en préservant les acquis sociaux. La mise en œuvre de nouveaux mécanismes s’impose pour parachever les programmes en cours et réaliser le modèle socio-économique escompté par le gouvernement, vu le recul des ressources financières dû à la baisse des cours de pétrole, avait déclaré Abdelmadjid Tebboune. Le gouvernement, dira-t-il, compte procéder à une profonde révision des méthodes de mise en œuvre budgétaire sur les plans central et local et mettre en place des mécanismes souples et efficaces à l’effet de suivre les programmes de développement et définir les priorités économiques à moyen et court termes.

Dans son volet économique, le plan d’action du gouvernement vise à préserver et renforcer les acquis sociaux, assurer plus de transparence en matière d’activité économique et commerciale, améliorer le climat d’affaires, accorder aux collectivités locales un rôle essentiel dans l’activité économique, tout en renforçant la sécurité alimentaire du pays et en mettant un terme au déséquilibre de la balance commerciale.

Il vise à changer le mode économique selon les exigences actuelles sans pour autant renoncer aux acquis sociaux réalisés pour garantir une transition souple vers un système économique moderne qui se libère progressivement de la dépendance aux hydrocarbures.

Le gouvernement est déterminé à installer une commission consultative nationale pour examiner le dossier de soutien destinée aux catégories vulnérables de la société qui aura à réguler et élaborer les lois et mesures susceptibles de faire parvenir le soutien de l’Etat aux ayants-droit, et ce dans le cadre des efforts de consécration du principe du caractère social de l’Etat.

Le plan d’action du gouvernement est fondé sur cinq axes fondamentaux, à savoir, la consolidation de l’Etat de droit, des libertés et de la démocratie, le renforcement de la bonne gouvernance et la moralisation de la vie publique politiquement et économiquement, la protection des acquis économiques, la poursuite de l’investissement dans la promotion humaine et la consolidation des domaines économique et financier ainsi que la politique étrangère et la défense nationale, a souligné M. Tebboune qui a ajouté que la priorité serait donnée aux volets contribuant à l’amélioration de la vie du citoyen, notamment les secteurs de l’éducation, de la santé, du logement et l’efficacité économique.

Le gouvernement vise, selon le Premier ministre, à accélérer la cadence de réalisation des projets notamment ceux de logement et la relance du développement local à travers l’augmentation de l’enveloppe financière consacrée aux programmes des communes, après avoir constaté que les villes embellissent au détriment des régions rurales qui s’appauvrissent de plus en plus.

Le plan d’action vise à augmenter le PIB hors hydrocarbures de 6,5 %, à intensifier l’industrialisation et à parvenir à la sécurité alimentaire afin de soutenir le développement économique, a ajouté M. Tebboune. Dans le même contexte, le Premier ministre a indiqué qu’une mutation économique qualitative nécessitait le soutien au réseau des PME et un accompagnement à travers toutes les étapes de leur développement, car constituant la base de la diversification d’une économie génératrice de richesse et d’emplois. La première condition du lancement de projets consiste, selon le Premier ministre, en la vitesse de leur rendement, en ce sens que « les investissements rentables à long terme ne sont pas prioritaires, mais nous accorderons la priorité aux projets de création de PME génératrices de richesse, lesquelles offrent des solutions aux problèmes actuels tels la diversification de l’économie et la résorption du chômage.

Le plan d’action vise à atteindre la transition économique nationale qui sera centrée sur la réorganisation des politiques industrielles et sectorielles et la poursuite des efforts visant à trouver des alternatives à l’importation, à travers la promotion et la protection du produit national, des start up et des PME. Il prévoit également le soutien aux entreprises investissant dans les secteurs des mines, du pétrole, de l’agroalimentaire, de l’économie du savoir et des métiers numériques. Il est question aussi, selon le Premier ministre, de préserver les mécanismes d’insertion professionnelle et sociale et de solidarité avec les catégories vulnérables, en sus de la réduction des dépenses inhérentes à la gestion des affaires de l’Etat, la réforme du système financier et banquier, la lutte contre la surfacturation et d’attirer la masse financière du marché parallèle à travers l’instauration d’un climat de confiance pour l’investir dans la croissance économique et sociale. Le gouvernement veillera, en outre, à soutenir et à encourager le partenariat pour les secteurs public et privé, cependant « il sera tenu compte, lors du lancement de projets, des normes des taux d’insertion économique et industrielle, de la création de la valeur ajoutée, de la qualité du service et de la pérennité des postes d’emploi », a poursuivi M. Tebboune. Par ailleurs, le Premier ministre a affirmé que le gouvernement allait maintenir la règle 49/51% régissant l’investissement étranger en Algérie, laquelle n’a représenté aucune entrave pour les investissements étrangers et constitue un moyen de protéger la souveraineté économique de l’Etat.

  1. Benslimane