Tout en œuvrant pour une économie libérée du carcan bureaucratique: Le gouvernement prône la rigueur et la transparence dans la gestion

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La nouvelle politique économique prônée par l’Etat constitue le fer de lance de l’action du gouvernement qui ambitionne, à travers la création de mécanismes pour la relance du développement et l’émergence d’une économie diversifiée, créatrice d’emplois et de richesses et libérée du carcan bureaucratique qui étouffe non seulement les entreprises mais qui bloque, également, la capacité de notre économie à croître durablement».

D’autre part, un nouveau mode de gouvernance empreint de rigueur et de transparence, marquant une rupture radicale avec les anciens modes de gouvernance ayant conduit à de graves déviations et dérives, est prôné par le gouvernement. Ce nouveau mode de gouvernance prévoit, notamment la refonte du dispositif législatif d’organisation des élections, la moralisation de la vie publique et la refonte de l’organisation et des modes de gestion de l’Etat et de ses démembrements. Le Premier ministre avait souligné que «le rétablissement et le renforcement de la confiance entre le peuple et ses dirigeants passent par une démocratie basée sur les principes de l’alternance au pouvoir, le respect des libertés individuelles et collectives, la justice sociale et la consolidation de l’Etat de droit». Dans le même contexte, il a affirmé que le gouvernement aspire à une «société dans laquelle il n’y aura pas de place pour les différences entre les Algériens, et ce, quel que soit leur niveau social», ce qui permettra de «garantir à tout un chacun l’égalité des chances, dans le cadre d’un système démocratique consacrant  l’indépendance de la justice et la légitimité des institutions». Il a ajouté que le gouvernement s’attèlera à «assainir l’héritage désastreux» de la gouvernance des années précédentes par la «mise en place de nouvelles pratiques ouvrant la voie à un changement politique et économique auquel aspire le peuple algérien».

Le Premier ministre a souligné, à cet effet, que le «nouveau pacte» sera concrétisé à travers «le triptyque développement humain, transition énergétique et économie de la connaissance et numérique». Djerad a relevé que l’Algérie a connu, au cours de ces dernières années, «une gestion catastrophique de l’Etat ainsi que des pratiques autoritaires ayant mené au pillage et à la dilapidation des richesses du pays et à la destruction systématique de ses institutions et de son économie dans le but d’accaparer ses biens». Il a précisé que ces pratiques ont entraîné «la marginalisation des compétences nationales, sincères et honnêtes, déstabilisant ainsi les fondements même de l’Etat, et menaçant l’unité du peuple». Djerad a, en outre, indiqué que le peuple algérien revendique un «changement global du système qui est révolu et souhaite l’émergence de pratiques politiques saines et une véritable démocratie, ainsi qu’une gouvernance économique moderne et transparente, à même de prémunir le pays contre la corruption, le népotisme et la désinformation». Dans ce sens, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait plaidé pour une synergie des efforts pour prendre en charge les aspirations des citoyens et leurs attentes en matière de développement, à travers l’adoption d’un nouveau mode de gouvernance «assaini de la corruption et de l’autoritarisme». Le Président Tebboune a mis l’accent dans ce sens sur la nécessité de poursuivre «avec rigueur» la lutte contre la corruption et l’abus de fonction, dénonçant ce qu’il a qualifié de «petite corruption» qui porte atteinte au citoyen, «en droit, a-t-il fait valoir, de bénéficier des services de l’administration et de demander les documents dont il a besoin sans qu’une quelconque compensation lui soit exigée en contrepartie». Il a, en outre, instruit les responsables centraux et locaux de lutter contre le gaspillage dans les dépenses publiques, qui doivent être affectées au règlement des problèmes de développement et non pas dans des travaux sans intérêt, mettant en exergue la nécessité de maîtriser et de contrôler les marchés publics. Au chapitre du développement, le président de la République a annoncé l’affectation en avril et mai prochains d’une enveloppe financière supplémentaire de 100 mds de dinars au profit des communes afin de booster le développement local.

La situation prévalant dans certaines régions du pays est «inacceptable car nous disposons de tous les moyens nécessaires pour y remédier», a-t-il considéré, insistant sur la répartition équitable des ressources entre les différents régions du pays. En matière de gouvernance locale, le chef de l’Etat a indiqué que le gouvernement examinait de nouvelles mesures juridiques en faveur du renforcement de la gestion décentralisée des collectivités, le mode de gestion actuel ayant «montré ses limites». Le président de la République a annoncé, en outre, qu’une loi criminalisant le non-paiement des impôts était en préparation, au regard du grand préjudice occasionné par cet état de fait à l’économie nationale. «Certains prétendent être parmi les plus riches de ce pays, alors qu’ils figurent en bas du classement des contribuables, tandis que le fonctionnaire, lui, s’acquitte de ses impôts par retenue sur salaire», a-t-il observé. Le chef de l’Etat a cité, dans le même ordre d’idées, les créances bancaires de certains investisseurs ayant dépassé 1.000 milliards de dinars à janvier 2020 et dont les remboursements ne sont toujours pas effectués, alors que ces créances constituent une source de financement de l’économie nationale. La nécessité d’adopter une nouvelle approche privilégiant un mode de gestion à objectifs des collectivités locales ainsi que la généralisation de la digitalisation de l’administration ont été recommandées par les participants à cette rencontre. Les participants ont appelé à adopter «l’approche d’une gestion à objectifs dans le but d’améliorer le cadre de vie du citoyen et d’accentuer la relance économique», soulignant la nécessité de mettre en place un «plan de développement local, à même de servir de plan stratégique pour le développement à court et à moyen terme». Ils ont aussi suggéré d’adopter des dispositions législatives «plus claires» et «plus strictes» pour amener les collectivités locales à préparer, dans les meilleures conditions, leurs plans de développement. Il s’agit aussi de mettre en place les mécanismes nécessaires afin d’aboutir à une banque de données d’indicateurs économiques et sociaux et de numériser en même temps la base de données relative aux besoins et préoccupations des citoyens. Ils ont appelé, par la même occasion, à adopter une vision économique créatrice de richesses et d’emploi, tout en encourageant le partenariat entre les secteurs public et privé ainsi que l’université et les instituts de recherche, soulignant la nécessité de «renforcer la décentralisation et impliquer les citoyens à la prise de décision». Les participants ont insisté sur la création d’un mécanisme pour le financement des programmes de développement local ainsi que la recherche de mécanismes nouveaux à même d’améliorer le recouvrement des impôts. Il a été ainsi proposé la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire favorable à une gestion moderne et intelligente du service public local, et de lancer, en parallèle, un programme de modernisation des collectivités locales visant à édifier une administration électronique. L’objectif de la numérisation tous azimuts des services des collectivités locales consiste à permettre aux citoyens de retirer les documents de l’état civil en ligne et de mettre un terme aux «pratiques et lourdeurs bureaucratiques».

  1. Benslimane