Tout en plaidant pour l’élimination des disparités sociales: Tebboune déterminé à rompre avec les pratiques du passé

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Tout porte à croire que les choses vont désormais changer et que rien ne sera plus comme avant. Et pour cause, la dernière rencontre gouvernement-walis a montré toutes limites du développement local et a permis au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de donner de nouvelles directives et instructions pour que les choses changent dans le bon sens et que ce changement soit réellement ressenti par le citoyen dans son vécu quotidien.

Partant de sa longue expérience sur le terrain, Tebboune a écouté les préoccupations des walis et leur a administré des orientations pour une meilleure maîtrise du traitement des problèmes de développement en vue de renforcer le rôle économique des collectivités locales et aider à la création d’opportunités d’emplois et de richesses. Il s’agit, pour ainsi dire, de lutter contre le chômage et améliorer la vie des citoyens et leur cadre de vie à la faveur d’un développement national équilibré éliminant les disparités sociales et encourageant les compétences nationales. Le chef de l’Etat avait appelé, à l’ouverture de cette rencontre, les cadres et les agents de l’administration centrale et locale à mettre en œuvre un nouveau mode de gouvernance en rupture avec les pratiques du passé pour «rétablir la confiance perdue» des citoyens. Il avait également plaidé pour une synergie des efforts pour prendre en charge les aspirations des citoyens et leurs attentes en matière de développement, à travers l’adoption d’un nouveau mode de gouvernance «assaini de la corruption et de l’autoritarisme». Le Président Tebboune a mis l’accent dans ce sens sur la nécessité de poursuivre «avec rigueur» la lutte contre la corruption et l’abus de fonction, dénonçant ce qu’il a qualifié de «petite corruption» qui porte atteinte au citoyen, «en droit, a-t-il fait valoir, de bénéficier des services de l’administration et de demander les documents dont il a besoin sans qu’une quelconque compensation ne lui soit exigée en contrepartie». Il a, en outre, instruit les responsables centraux et locaux de lutter contre le gaspillage dans les dépenses publiques, qui doivent être affectées au règlement des problèmes de développement et non pas dans des travaux sans intérêt, mettant en exergue la nécessité de maîtriser et de contrôler les marchés publics. Au chapitre du développement, le président de la République a annoncé l’affectation en avril et mai prochains d’une enveloppe financière supplémentaire de 100 mds de dinars au profit des communes afin de booster le développement local. La situation prévalant dans certaines régions du pays est «inacceptable car nous disposons de tous les moyens nécessaires pour y remédier», a-t-il considéré, insistant sur la répartition équitable des ressources entre les différents régions du pays. En matière de gouvernance locale, le chef de l’Etat a indiqué que le gouvernement examinait de nouvelles mesures juridiques en faveur du renforcement de la gestion décentralisée des collectivités, le mode de gestion actuel ayant «montré ses limites». Le président de la République a annoncé, en outre, qu’une loi criminalisant le non-paiement des impôts était en préparation, au regard du grand préjudice occasionné par cet état de fait à l’économie nationale. «Certains prétendent être parmi les plus riches de ce pays, alors qu’ils figurent en bas du classement des contribuables, tandis que le fonctionnaire, lui, s’acquitte de ses impôts par retenue sur salaire», a-t-il observé. Le chef de l’Etat a cité, dans le même ordre d’idées, les créances bancaires de certains investisseurs ayant dépassé 1.000 milliards de dinars à janvier 2020 et dont les remboursements ne sont toujours pas effectués, alors que ces créances constituent une source de financement de l’économie nationale. La nécessité d’adopter une nouvelle approche privilégiant un mode de gestion à objectifs des collectivités locales ainsi que la généralisation de la digitalisation de l’administration ont été recommandées par les participants à cette rencontre. Les participants ont appelé à adopter «l’approche d’une gestion à objectifs dans le but d’améliorer le cadre de vie du citoyen et d’accentuer la relance économique», soulignant la nécessité de mettre en place un «plan de développement local, à même de servir de plan stratégique pour le développement à court et à moyen terme». Ils ont aussi suggéré d’adopter des dispositions législatives «plus claires» et «plus strictes» pour amener les collectivités locales à préparer, dans les meilleures conditions, leurs plans de développement.

Il s’agit aussi de mettre en place les mécanismes nécessaires afin d’aboutir à une banque de données d’indicateurs économiques et sociaux et de numériser en même temps la base de données relative aux besoins et préoccupations des citoyens. Ils ont appelé, par la même occasion, à adopter une vision économique créatrice de richesses et d’emploi, tout en encourageant le partenariat entre les secteurs public et privé ainsi que l’université et les instituts de recherche, soulignant la nécessité de «renforcer la décentralisation et impliquer les citoyens à la prise de décision». Les participants ont insisté sur la création d’un mécanisme pour le financement des programmes de développement local ainsi que la recherche de mécanismes nouveaux à même d’améliorer le recouvrement des impôts. Il a été ainsi proposé la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire favorable à une gestion moderne et intelligente du service public local, et de lancer, en parallèle, un programme de modernisation des collectivités locales visant à édifier une administration électronique. L’objectif de la numérisation tous azimuts des services des collectivités locales consiste à permettre aux citoyens de retirer les documents de l’état civil en ligne et de mettre un terme aux «pratiques et lourdeurs bureaucratiques».

  1. Benslimane