Transition énergétique: Un axe prioritaire pour le gouvernement Djerad

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En procédant à l’institution d’un ministère dédié aux énergies renouvelables et à la transition énergétique dans le dernier remaniement du gouvernement et la nomination à sa tête du professeur Chemseddine Chitour, un spécialiste en la matière, le président de République, Abdelmadjid Tebboune, aura démontré tout l’intérêt accordé par l’Etat à ce secteur stratégique.

Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un défi majeur auquel devra faire face le professeur Chitour, appelé à élaborer une stratégie permettant à l’Algérie d’opérer cette transition énergétique qui sera le fondement de l’économie nationale dans un proche avenir. En se disant «convaincu» que la consécration d’un ministère dédié à la transition énergétique marque une réelle volonté politique d’accorder à cette option les conditions qui puissent permettre son développement sur le terrain, le professeur Chitour n’a pas manqué d’afficher sa volonté de mener à terme cet objectif. Ceci, d’autant plus que l’Algérie ambitionne, à travers une stratégie nationale pour une transition énergétique fluide, à porter la production des énergies renouvelables à 16 000 mégawatts à l’horizon 2035. Cette nouvelle orientation a été expliquée par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qui a affirmé que cette stratégie, qui vise la production de 4 000 mégawatts à l’horizon 2024 et 16 000 mégawatts à l’horizon 2035, permettra une économie de près de 240 milliards m3 de gaz naturel, outre un développement efficient du tissu des petites et moyennes entreprises (PME), spécialisées dans la fabrication des composantes des énergies renouvelables. Le Premier ministre a mis en avant, dans ce sens, l’impératif de continuer à encourager l’industrie pétrochimique, en plein essor, en vue de valoriser la production nationale d’hydrocarbures, de répondre à la demande nationale en dérivés pétroliers et de s’orienter vers l’exportation. «S’affranchir de la dépendance aux hydrocarbures et aller vers les énergies renouvelables n’est plus un choix pour le gouvernement, mais une nécessité impérieuse, vu les fluctuations des cours du pétrole», a-t-il souligné. Soulignant que l’Algérie possède un énorme potentiel en énergie solaire qui lui permet d’être pionnier dans la production de ce type d’énergie propre, M. Djerad a précisé que «c’est là la nouvelle orientation économique adoptée pour sortir de la dépendance absolue à la rente pétrolière». En matière de renouveau économique, le Premier ministre a mis l’accent sur l’impératif de développer l’agriculture, l’industrie, la pétrochimie, le tourisme et l’économie de la connaissance et tous les secteurs générateurs de richesses, «en tant que seul moyen pour faire face aux défis qui nous sont imposés». Il a ajouté que le gouvernement s’attellera à «assainir l’héritage désastreux» de la gouvernance des années précédentes par la «mise en place de nouvelles pratiques ouvrant la voie à un changement politique et économique auquel aspire le peuple algérien». Le Premier ministre a souligné, à cet effet, que le «nouveau pacte» sera concrétisé à travers « a triptyque développement humain, transition énergétique et économie de la connaissance et numérique». M. Djerad a relevé que l’Algérie a connu, au cours de ces dernières années, «une gestion catastrophique de l’Etat ainsi que des pratiques autoritaires ayant mené au pillage et à la dilapidation des richesses du pays et à la destruction systématique de ses institutions et de son économie dans le but d’accaparer ses biens». Il a précisé que ces pratiques ont entraîné «la marginalisation des compétences nationales, sincères et honnêtes, déstabilisant ainsi les fondements même de l’Etat, et menaçant l’unité du peuple». Le Premier ministre a affirmé que cette «réalité amère» avait incité les Algériens, toutes franges confondues, à sortir le 22 février 2019 pour «condamner et rejeter cette tentative d’affaiblir notre pays» et empêcher par la même que «cette situation ne se reproduise plus». M. Djerad a, en outre, indiqué que le peuple algérien revendique un «changement global du système qui est révolu et souhaite l’émergence de pratiques politiques saines et une véritable démocratie, ainsi qu’une gouvernance économique moderne et transparente, à même de prémunir le pays de la corruption, du népotisme et de la désinformation». A ce titre, le gouvernement met en évidence, dans son plan d’action, une crise multidimensionnelle issue de «dérives successives» dans la gestion des affaires publiques et d’une «mainmise de forces occultes et extraconstitutionnelles sur les leviers de la décision politique», ayant eu pour conséquence une «corruption érigée en système de gouvernance» et faisant peser des «menaces majeures» sur la souveraineté nationale. La nouvelle politique économique et financière constituera, quant à elle, le «fer de lance» de l’action du gouvernement qui ambitionne, à travers le présent plan d’action, de créer les mécanismes pour la relance du développement et l’émergence d’une économie diversifiée, créatrice d’emplois et de richesses et «libérée du carcan bureaucratique qui étouffe non seulement les entreprises mais qui bloque, également, la capacité de notre économie à croitre durablement». D’autre part, un nouveau mode de gouvernance empreint de «rigueur et de transparence», marquant une rupture radicale avec les anciens modes de gouvernance ayant conduit à de graves déviations et dérives, est prôné par le gouvernement. Ce nouveau mode de gouvernance prévoit notamment la refonte du dispositif législatif d’organisation des élections, la moralisation de la vie publique et la refonte de l’organisation et des modes de gestion de l’Etat et de ses démembrements. Le mode de gouvernance des institutions publiques, adopté jusque-là, a montré ses limites pour assurer aux citoyens les progrès sociaux, économiques et politiques à la hauteur des aspirations de la société.

  1. Benslimane