Transition politique: La rencontre de Bensalah tourne au fiasco

0
243

La rencontre de concertation à laquelle a appelé le chef de l’Etat intérimaire, Abdelkader Bensalah hier au palais des nations à Club des Pins, a tourné au fiasco. Et pour cause, les partis et personnalités qui ont été conviés à assister à cette rencontre, ont décliné l’invitation et même parmi ceux qui ont été présents à l’ouverture des travaux, certains se sont retirés, à l’instar du représentant du Front El Moustakbal. Cette rencontre avait pour objectif de négocier les mécanismes de la mise en place d’une instance nationale indépendante chargée de la préparation et de l’organisation des élections. Des responsables de partis politiques, des représentants de la société civile, des personnalités nationales, des juristes, notamment les constitutionnalistes ont été conviés à cette rencontre dont les travaux se déroulaient à huis clos. Plusieurs partis politiques et personnalités nationales ont déjà décliné l’invitation de la présidence de la République à cette rencontre de concertation destinée à débattre de la situation politique du pays et des moyens de garantir la transparence de l’élection présidentielle, prévue le 4 juillet prochain. La Secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a décliné l’invitation du chef de l’Etat, affirmant dans une vidéo publiée sur la page Facebook officielle du parti, que « ces concertations, sont une manœuvre visant à imposer la continuité du même système, en imposant l’élection présidentielle le 4 juillet prochain ». De son côté, le président du parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, a annoncé qu’il ne participera pas à cette rencontre, appelant à « la mise à l’écart des symboles du régime ». Le président de Talaie el Hourriyet, Ali Benflis, a estimé que « ces concertations sont inopportunes et hors du sujet de l’heure et ne manqueront pas d’être perçues par notre peuple comme une provocation visant à éluder la réponse à ses justes revendication ». Le président du Mouvement de la société de la paix (MSP), Abderezak Makri, a décliné également l’invitation de la présidence, expliquant sur sa page Facebook que pour le MSP cette rencontre « constitue une atteinte à la volonté populaire et est à même d’aggraver la situation » appelant « toutes les forces politiques et civiles à son boycott ». Le président du Front Justice et Développement (FJD), Abdellah Djaballah, a réaffirmé le refus de son parti de dialoguer avec « une personnalité rejetée par le peuple algérien et dont le départ est réclamé par des millions de citoyens ». Le président du Front national algérien (FNA), Moussa Touati a annoncé, de son côté, qu’il ne participera à cette rencontre, considérant que « l’invitation à la concertation (…) est une réflexion sans objet tant qu’une solution n’est pas trouvée pour répondre aux revendications du Hirak populaire ». Le Parti national pour la solidarité et le développement (PNSD) a estimé, pour sa part, que cette rencontre « n’avait pas de légitimité populaire ». Le PNSD a affirmé, dans son communiqué, « respecter et adhérer entièrement aux revendications du peuple ». Le Mouvement populaire algérien (MPA) a réaffirmé dimanche sa décision de ne pas participer à la rencontre de concertation, considérant que « le climat général prévalant n’est pas opportun pour l’organisation de cette Présidentielle ». Le Parti de la Liberté et la Justice (PLJ), dirigé par Mohamed Said, a jugé « inutiles » ces consultations menées par « des parties du Pouvoir rejetées par le peuple ». Le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, avait reçu les anciens présidents de l’Assemblée populaire nationale (APN), Abdelaziz Ziari, et Larbi Ould Khelifa, ainsi que le juriste Miloud Brahimi, en tant que personnalités nationales dans le cadre des rencontres de concertation que prône le chef de l’Etat dans le traitement de la situation politique du pays. M. Bensalah s’est entretenu également avec le président du Front El Moustakbal, Abdelaziz Belaïd et le président du Mouvement El Islah, Filali Ghouini. Le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, s’était engagé à mettre en place, en concertation avec la classe politique et civile citoyenne, « une institution nationale collégiale, souveraine dans ses décisions, à laquelle sera dévolue la mission de réunir les conditions nécessaires de préparation et d’organisation d’élections nationales honnêtes et transparentes ». « C’est en concertation avec la classe politique et civile citoyenne que je me propose, en priorité et en urgence, de créer une institution nationale collégiale, souveraine dans ses décisions, à laquelle sera dévolue la mission de réunir les conditions nécessaires de préparation et d’organisation d’élections nationales honnêtes et transparentes », a-t-il affirmé dans un discours à la Nation après la prise de ses fonctions de chef d’Etat en vertu des dispositions de l’article 102 de la Constitution. Soutenant que « le gouvernement et les services administratifs concernés seront chargés de la soutenir et de l’accompagner dans l’accomplissement de ses missions en toute liberté », il a exhorté « tout un chacun à surmonter les divergences et nous investir dans une action collective historique à la hauteur des défis de l’étape, reposant sur les valeurs de solidarité, de cohésion et d’abnégation dans le but d’atteindre l’objectif suprême, c’est-à-dire poser les fondements de l’Algérie du futur ». A ce propos, M. Bensalah avait assuré qu’il « veillerait à ce que le cadre juridique y afférent soit élaboré et mis en forme dans le meilleur délai », exhortant la classe politique et citoyenne à « faire preuve d’innovation, de participation et de confiance pour construire ensemble ce nouvel édifice juridique qui ouvrira la voie à la mise en place d’un tout nouveau système politique répondant aux aspirations » du peuple algérien.

T.Benslimane