Travaux Publics: Un système de surveillance pour assurer la durabilité des  ouvrages d’art

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 L’entretien fréquent de ouvrages d’art en  Algérie nécessitent un système de surveillance et de gestion permanent du  patrimoine routier, ont souligné dimanche à Alger des experts participants  au 4ème congrès de l’Association algérienne des routes.

« Les ouvrages d’art ont besoin d’un suivi et d’un contrôle permanent pour  s’assurer d’une exploitation normale avec un niveau de service acceptable.  En Algérie, il y a un manque en matière d’inspection et d’intervention  régulière sur ce types d’ouvrages », a indiqué le PDG de l’entreprise GITRA,  Rachid Bayasli, lors d’un atelier dédié à l’entretien des ouvrages d’art. Selon lui, les ouvrages d’art doivent faire l’objet de visites périodiques  pour vérifier leur fonctionnement, leur comportement mécanique, ainsi que  l’intégrité des matériaux les constituants, à travers des « canevas type »  conformément à une méthodologie préétablie dans l’instruction technique  pour la surveillance et l’entretien de ce type de constructions. Suite à ces visites périodiques, les équipes d’entretien peuvent recourir  à une inspection détaillée permettant d’établir un diagnostic exhaustif de  l’ouvrage afin d’avoir un « bilan de santé » de l’ouvrage. En effet, « les ouvrages sont des structures vivantes qui s’interagissent  avec leur milieu externe et s’influence mutuellement. Ils subissent des  dégradations en relation avec le sol de fondation, les attaques climatiques  et l’humidité ». En sus, les ouvrages d’art sont confrontés, tout au long de leur vie, à  des trafics routiers ou ferroviaires de plus en plus agressifs. « Les ouvrages sont donc le siège de diverses menaces pouvant engendrer des  insuffisances structurelles (perte de résistance, déformations excessives)  et non structurelles (dispositifs de sécurité, altération de surfaces,  défauts de fonctionnements des équipements) ». De son côté, la chef de projet à l’Organisme national de contrôle  technique des travaux publics (CTTP), Nassima Maameri, a plaidé pour une  politique gestion de risques sur les ouvrages d’art notamment ceux liés au  glissement de terrain, tout en insistant sur l’importance de mener des  investigations géotechniques sur les zones de projets. Selon lui, le maître d’ouvrage ne devrait pas trop lésiner sur le coût  d’une étude géotechnique, car ce coût beaucoup moins élevé que celui des  travaux qu’elle conditionne et qu’il est dérisoire par rapport au cout de  l’ouvrage. Pour faire face à ces risques, elle recommande d’établir une programmation  « efficace » d’actions par priorité et une chronologie d’intervention  élaborée avec un souci technico-économique. « Une cartographie des risques très complète sur itinéraires, est  nécessaire à tout aménagement, en utilisant les systèmes d’information  géographiques qui devra constituer un support d’aide à la décision et un  support de base pour les actions à mener », a-t-elle soutenu. Quant à l’expert Rabah Arab, il a mis l’accent sur l’importance de tirer  profit des innovations réalisées dans le domaine du renforcement  des sols  notamment celles en relation avec les murs de soutènement et de remblais  renforcés. Le professeur à Ecole nationale supérieure des travaux publics (ENSTP),  Ferhat Fedghouche a, pour sa part, appelé à une meilleure collaboration  entre architectes et ingénieurs pour réaliser des ouvrages d’art durables,  qui prennent également en considération l’aspect esthétique. Selon les données présentées lors de cet atelier, le nombre d’ouvrages  d’art en Algérie est de l’ordre de 10.000 unités pour le réseau routier et  de 2.000 pour le réseau ferroviaire, dont une grande partie construit au  début du siècle nécessitant des opérations de réhabilitation.

N.I