Un vent de rébellion souffle sur la FAF

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Le microcosme du football connait, ces derniers jours, une agitation et une effervescence, comme un vent de rébellion pour coller à l’actualité. Des acteurs du ballon rond montent au créneau sur les plateaux de télévision pour réclamer le départ et la destitution de Kheireddine Zetchi et de son équipe.

A près plus de deux ans de son élection à la tête de la FAF, Zetchi est plus que jamais contesté car tout le monde a senti le vent tourner. Certains présidents qui, pourtant, ont approuvé tout récemment son bilan moral et financier lors d’un AG des plus ordinaires, ont vite retourné la veste. Le controversé président de la JS Saoura, Mohamed Zerouati, a révélé, lundi soir, sur le plateau d’une télévision privée que Zetchi a été imposé par les pouvoirs publics. Un secret de polichinelle.

En fait, Zerouati qui était à l’époque membre de la commission électorale, enfonce des portes ouvertes. Par ailleurs, l’on se demande pourquoi il a cautionné ce coup de Jarnac pour venir, deux ans plus tard, faire des révélations «fracassantes» pour discréditer une institution déjà très fragilisée par des scandales de corruption et de violence. Visiblement, certains dirigeants de clubs veulent se refaire une virginité, alors qu’ils sont impliqués jusqu’au cou dans des affaires sordides et compromettantes. Dans ce milieu pourri, il n’y avait pas de place aux honnêtes gens. Si l’on doit faire table rase de ce passé honteux, tout ce beau monde doit partir pour laisser place nette. Il y va de la crédibilité d’une discipline longtemps trainée dans la boue, prise en otage par des opportunistes et des trafiquants de tout bord. Le sport en général et le football en particulier, ne doit pas échapper à la purge, non plus. L’incurie et la gabegie a touché tous les secteurs. Dans la médiocrité et la sclérose générales, le football n’a pas été épargné. Ce système a engendré un nouveau type de dirigeants.

Des mutants parasites qui ont envahi la scène encouragés il est vrai par une impunité totale. Ils sont parvenus à mettre main basse sur la discipline ne souciant que de leurs intérêts clubards. Certains d’entre eux se sont enrichis sur le dos du football. D’autres ont obtenu des privilèges qu’ils ne pensaient pas avoir même en rêve. Ils ont complètement changé de statut obtenant une ascension fulgurante qui fait tourner la tête. Tout cela au détriment d’une discipline qui est restée à la traîne. Aujourd’hui, peut-être que l’heure du changement a sonné. Mais, il ne faut pas se tromper de jugement. On ne fait pas de révolution avec des gens qui trainent des casseroles derrière eux. La coupe est pleine. Le football a besoin d’un nouveau souffle, de nouveaux dirigeants honnêtes, dévoués et passionnés comme il en existait pendant l’occupation coloniale ou juste après l’indépendance. Des gens qui se sont sacrifiés pour le bien de leur discipline et de leur club sans contrepartie refusant toute compromission. Dans la détresse et la débandade actuelles on a presque failli oublier qu’ils ont bien existé. Aujourd’hui, s’il y a des Fédérations, des Ligues, des clubs forts, c’est grâce à leur dévouement. Personne ne pourra détruire leur œuvre qui reviendra bientôt, on l’espère du moins, à leurs véritables héritiers.