Une nouvelle journée de mobilisation hier: Les étudiants réitèrent leur attachement à l’unité nationale

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Algerie 25.06.2019 Marche des étudiants à Alger. Fatah Guidoum@L'Echo d'Algérie

 

En dépit des effets de la canicule, des milliers d’étudiants étaient au rendez-vous hier à Alger et dans plusieurs wilayas du pays avec leur rendez-vous hebdomadaire pour réclamer le départ de tous ses symboles du système, mais aussi réitérer leur attachement à l’unité nationale et dénoncer toutes les tentatives de semer la division entre les enfants de ce peuple uni et solidaire.

L’Algérie connait depuis le 22 février 2019 un mouvement populaire  dont les étudiants constituent un des fers de lance, et c’est en continuité de cet élan que s’inscrit la mobilisation de la famille estudiantine et universitaire. Brandissant le drapeau algérien, les étudiants ont réitéré les slogans du mouvement populaire, comme «Algérie libre et démocratique » et « dégagez tous ». Cette nouvelle journée de mobilisation des étudiants intervient alors que la classe politique et la société civile plaident pour un dialogue franc et sincère pour une sortie de la crise actuelle.  Récemment, les acteurs de la société civile, réunis en conférence nationale, ont appelé à l’accélération de la transition démocratique fluide conformément à un processus électoral concrétisant « la rupture » et garantissant l’édification d’institutions crédibles. L’initiative annoncée, lors de cette conférence réunissant trois dynamiques, à savoir la Confédération des syndicats autonomes, le Forum civil pour le changement et le Collectif de la société civile qui compte plusieurs associations et organisations de droits de l’Homme, met en avant la nécessité de « l’accélération de la transition démocratique fluide, conformément à un processus électoral concrétisant la rupture avec les systèmes de tyrannie et de corruption et garantissant l’édification d’institutions légitimes et crédibles. L’initiative a proposé « l’installation d’une personnalité nationale ou d’une instance présidentielle consensuelle supervisant la période de transition pour la reprise du processus électoral pour une période de 6 mois à un an au maximum ». Les acteurs de la société civile suggèrent, également, « la formation d’un Gouvernement de compétences nationales pour la gestion des affaires et l’installation d’une instance indépendante chargée de la supervision, l’organisation et l’annonce des résultats de l’élection, en garantissant les mécanismes de contrôle ». Elles ont appelé, dans ce sens, à « l’ouverture d’un dialogue national global avec la classe politique, les personnalités nationales et la  société civile ainsi que les activistes du Hirak populaire au sujet de la situation politique et socioéconomique du pays ». La société civile a exhorté, à ce propos, l’ensemble des forces agissantes à adhérer à son initiative et à œuvrer à sa concrétisation et à sa réussite, affirmant que « l’aboutissement du processus électoral requiert la préparation d’un climat général pour l’exercice des droits et des libertés individuels et collectifs et le respect des droits de l’Homme à travers des mesures d’accompagnement du processus politique afin d’instaurer la confiance des citoyens et garantir une adhésion effective à ce processus ». De son côté, le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) a annoncé une initiative nationale indépendante de sortie de la crise politique, appelée « la feuille de route de l’université algérienne pour un dialogue national » visant à trouver une issue dans le cadre de la Constitution et l’organisation d’une élection présidentielle. Parmi les principaux axes de cette feuille de route, figurent la recherche de solutions à la crise politique dans le cadre de la loi et de la constitution et l’organisation d’une élection présidentielle transparente et honnête dans les plus brefs délais et les meilleures conditions, outre le rejet de toute proposition appelant à sortir de ce cadre.

 

La feuille de route plaide également pour un dialogue civil n’excluant personne et dans lequel l’institution militaire ne fera pas partie, outre la formation d’une instance nationale chargée de l’organisation de ce dialogue, qui sera composée de 6 membres, dont 3 membres désignés représentant les trois autorités, à savoir: la Présidence, le Gouvernement, les deux chambres du Parlement, la Cour suprême et le Conseil d’Etat, et 3 autres membres élus, choisis parmi les partis politiques, la société civile, les personnalités et les élites nationales. Après son installation, l’élaboration de son règlement intérieur et la désignation de son porte-parole, l’instance chargée de l’organisation du dialogue devra adresser une invitation officielle à un dialogue national inclusif, sans exclusion aucune, dont l’unique objectif serait l’examen des mécanismes d’organisation d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais, alors que le président élu sera chargé d’opérer les profondes réformes politiques revendiquées par le Hirak populaire. La feuille de route propose l’amendement de la loi organique portant régime électoral, afin d’attribuer toutes les prérogatives de l’organisation d’une élection présidentielle à l’instance nationale. Du côté de la classe politique, plusieurs partis estiment qu’il est impératif d’aller en urgence vers des assises de dialogue et de concertation regroupant les différents acteurs afin de parvenir à un large consensus national, dont les résultats allieront le texte constitutionnel et les solutions politiques inspirées de la Constitution, et ainsi élaborer d’une feuille de route consensuelle et sereine aboutissant le plus rapidement possible à l’échéance présidentielle.   

Seul  un président de la République, élu démocratiquement, jouira de la confiance et de la légitimité requises pour lancer ces réformes et contribuer à relever les défis qui se posent à notre Nation

Dans son dernier discours, le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, avait appelé la classe politique, la société civile et les personnalités nationales à opter pour la voie du dialogue inclusif en vue de poser les jalons du processus de concertation en vue de « poser les jalons du processus de concertation que l’Etat s’emploiera à organiser dans les meilleurs délais, à débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle, et partant, tracer une feuille de route devant aider à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité ». Après avoir rappelé ces invitations, lors de ses précédents discours, au dialogue et à la concertation, le chef de l’Etat a réitéré son engagement à « garantir au scrutin présidentiel toutes les conditions d’une élection régulière, libre et transparente, telle que souhaitée par notre peuple », précisant que cette nouvelle étape « est incontestablement une opportunité précieuse pour restaurer la confiance et mobiliser les forces patriotiques nationales en vue de construire le consensus le plus large possible autour de l’ensemble des questions en rapport avec les aspects législatif, réglementaire et organisationnel de cette élection, et sur les mécanismes de son contrôle et sa supervision ». A ce propos, M. Bensalah s’est dit convaincu que « seul le président de la République, élu démocratiquement, jouira de la confiance et de la légitimité requises pour lancer ces réformes et contribuer à relever les défis qui se posent à notre Nation », assurant par la même occasion que l’organisation d’une Présidentielle « dans des délais admissibles, sans aucune perte de temps, constitue l’unique voie et la plus efficace, politiquement et la plus rationnelle, démocratiquement ».

 

 Dans ce sens, il a réitéré son appel à toutes les parties concernées à « participer au processus consensuel et à faire prévaloir la sagesse et l’intérêt du peuple, tant dans leurs débats que dans leurs revendications, en les invitant également à « saisir cette nouvelle opportunité pour s’impliquer pleinement dans la concertation que nous prônons aujourd’hui plus que jamais ».Pour sa part, l’institution militaire ne cesse, par la voix du général du corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, d’appeler au dialogue pour une sortie plus rapide de la situation actuelle.

L’ANP veille à respecter est l’attachement résolu aux solutions légales et constitutionnelles pour résoudre la crise que traverse l’Algérie ». « 

 Cette semaine, encore une fois, Gaid Salah a réaffirmé que l’élection d’un président de la République dans les délais « est une priorité », réitérant l’engagement de l’ANP à accompagner la Justice dans sa lutte contre la corruption. Il a dans ce cadre souligné que l’organisation des élections présidentielles dans « les brefs délais et dans les meilleures conditions de transparence et de crédibilité constitue un élément fondamental que requiert la véritable démocratie à laquelle ne croient pas, malheureusement, certains adeptes de la surenchère politique et idéologique qui considèrent les élections comme un choix plutôt qu’une nécessité ». »C’est là le summum du paradoxe intellectuel et politique, car il n’y a guère de démocratie sans élections libres et intègres, sauf si la démocratie signifie s’enliser dans le bourbier de la cooptation », a fait remarquer le général de corps d’Armée, ajoutant, dans ce sens, fait savoir que l' »une des lignes de conduite que l’ANP veille à respecter est l’attachement résolu aux solutions légales et constitutionnelles pour résoudre la crise que traverse l’Algérie ». « Il s’agit de principes auxquels on ne peut déroger et dont nous ne nous lasserons jamais de réitérer en toute confiance et avec détermination. Et je sais pertinemment que la grande majorité du peuple algérien adopte ces mêmes valeurs, qui sont nobles et judicieuses », a-t-il insisté. « Nous avons affirmé à maintes reprises que les clés de sortie de cette crise se trouvent entre les mains de ceux qui nourrissent en eux-mêmes la vertu de l’altruisme, soit le rejet de tout égoïsme, qu’il soit centré sur une personne, un parti ou autre, en faisant prévaloir l’intérêt de l’Algérie au-dessus de tout autre intérêt. Et il est évident que la clé la plus importante est précisément la voie du dialogue entre tous les acteurs sérieux et sincères », a-t-il précisé. Le général de corps d’Armée n’a pas manqué d’attirer, à cet effet, l’attention sur « la nécessité d’œuvrer à réunir toutes les conditions nécessaires pour tenir l’échéance des élections présidentielles », précédées par « des discussions constructives et un dialogue serein et calme » permettant au citoyen d’accorder sa voix à celui qu’il considère apte à conduire le pays sur la voie de la prospérité et du progrès. « Aussi et pour rejoindre la rive d’une démocratie réelle dans toute sa mesure et sa dimension, il serait plus judicieux de dire qu’il y a lieu de réunir toutes les conditions nécessaires pour tenir des élections pluralistes, précédées par des discussions constructives et un dialogue serein et calme permettant au citoyen d’accorder sa voix à celui qu’il considère apte à conduire le pays sur la voie de la prospérité et du progrès. Tel est l’axe principal autour duquel devront se fédérer toutes les énergies, avec détermination et résolution, voire avec abnégation, de façon à ne pas décevoir les attentes du peuple algérien », a-t-il insisté. Pour lui, « ce digne peuple à qui il appartient de faire attention et prendre ses gardes de certaines personnes et entités qui continuent à faire montre d’une opposition fondée uniquement sur le dénigrement d’autrui ou la formulation de nouvelles revendications et de propositions qui ne sont guère adéquates voire pas du tout objectives, qui s’inscrivent dans le cadre des pratiques non constructives tendant sciemment à faire perdurer la crise que nous confrontons, oubliant que c’est au nouveau Président seul que revient la tâche de traduire concrètement sur le terrain le programme détaillé et précis des réformes, sur lequel il aurait fondé sa candidature et que le peuple algérien élirait suivant le contenu de son programme ». « Ce qui requiert nécessairement d’avancer et en toute diligence, a-t-il relevé, vers un dialogue inclusif, afin de permettre la concrétisation de cette échéance électorale capitale ».  Un dialogue qui, a-t-il expliqué, « réunit la classe politique, la société civile et les personnalités nationales et qui sera l’unique voie vers une rupture effective, à laquelle ne cesse d’appeler le peuple algérien, avec tout ce qui est préjudiciable et néfaste, grâce à laquelle nous pourrons éviter tout ce qui va à l’encontre de l’intérêt suprême du pays, et adopter une approche nationale de par son contenu et moderne de par ses moyens et sa pertinence, pouvant être appliquée à la politique et à l’économie, voire à la vie sociale et culturelle ».

T. Benslimane