Une stratégie pour lutter contre la violence en milieu scolaire

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Des mesures seront prises pour lutter contre la violence en milieu scolaire, a affirmé la ministre de l’Education Nationale, Nouria Benghabrit, précisant que ces mesures porteront sur l’introduction de changements sur le règlement intérieur de l’établissement scolaire et le contenu de certains cours, ainsi que l’organisation de campagnes de sensibilisation outre la coordination avec les associations de parents d’élèves, notamment. Mme Benghabrit a également rappelé, à ce propos, les conventions signées jusque-là par son département avec la Direction générale de la sûreté nationale et le ministère de la Défense nationale pour contenir la violence en milieu scolaire.
Pendant l’adolescence les enfants ont des besoins et désirent s’exprimer d’où la nécessite de leur offrir, au sein de l’établissement, la possibilité de participer, entre autres, en tant que représentants de classes, a ajouté la ministre, ce qui permettra d’améliorer leurs résultats scolaires et d’instaurer un climat détendu au sein de l’établissement. Elle a rappelé également la création d’une commission qui œuvre avec le partenaire social à élaborer une stratégie nationale de lutte contre la violence dont le travail devra être terminé vers la fin février prochain. La ministre a invité les fonctionnaires de l’éducation à faire montre du sens de la responsabilité afin d’éviter les grèves et d’assurer la continuité
des cours », notamment pour les élèves en fin de paliers scolaires.  Mme Benghebrit avait affirmé que son département ministériel était soucieux de lutter contre la violence en milieu scolaire de façon globale et permanente à travers une série de mesures pédagogiques, organisationnelles et institutionnelles. Elle a indiqué que la prévention et la lutte contre la violence en milieu scolaire figure parmi les priorités du ministère » soulignant sa détermination à prendre en charge ce phénomène de façon globale et permanente.
Le phénomène de la violence en milieu scolaire a pris des dimensions alarmantes, ce qui influe négativement sur le climat en milieu scolaire, a-t-elle soutenu.
Rappelant certaines mesures initiées par le ministère depuis deux ans pour lutter contre ce fléau, la première responsable du secteur de l’éducation a cité en particulier les contenus éducatifs basés sur la notion de citoyenneté, le civisme et les droits de l’enfant.
Soulignant par ailleurs l’impératif de lutter contre la déperdition scolaire, la ministre a fait savoir que l’accompagnement des élèves en difficulté scolaire compte parmi les mesures à même de faciliter le traitement du phénomène de la violence.
Appelant à la nécessité de multiplier les formations dans le domaine de la médiation, de la gestion des conflits, et l’écoute des élèves particulièrement en période d’adolescence au profit des fonctionnaires du secteur, Mme. Benghebrit a souligné l’importance de revoir le règlement intérieur des établissements éducatifs, appliquer la charte de déontologie du secteur, œuvrer à respecter les lois interdisant le recours à la violence, encourager la participation des élèves dans la vie scolaire et la mise en place de comités d’écoute.
Concernant les mesures à caractère institutionnel, la ministre a cité la mise en place d’une commission intersectorielle (ministère de l’Education – DGSN) en vue d’élaborer une convention portant mise en place d’un plan de lutte contre le phénomène de violence en milieu scolaire et des dangers du monde virtuel, ainsi qu’un groupe de travail avec les partenaires sociaux installé en 2015.
Elle a mentionné par ailleurs, la signature en mars 2016 d’une convention avec le ministère de la Défense Nationale et celui de l’Intérieur et des Collectivités locales portant sur la mise en place de mécanismes communs en matière de sécurisation et protection de l’école de la violence, et la prévention des dangers que peuvent constituer certains sites internet, et ce à travers la formation des enseignants et la sensibilisation des élèves.
Dans le même contexte, la ministre a mis en exergue les missions de l’Observatoire national d’éducation et de formation qui a pour principal objectif la mise en place d’une stratégie nationale de prévention et de lutte contre la violence en milieu scolaire.
Mme Benghebrit a affirmé, de son côté, que la lutte contre la violence en milieu scolaire passe par la « prévention et la sensibilisation en privilégiant le dialogue et la médiation, en redoublant de vigilance, et en bannissant l’impunité par l’application de la loi ».
Elle a indiqué, à cette occasion, qu’elle travaillera avec les parties signataires pour « faire de l’école un espace protecteur et protégé » réaffirmant son souci de prendre en charge ce phénomène d’une « manière globale et permanente et non de façon partielle et conjoncturelle ».
Mme Benghebrit avait, en outre, appelé les acteurs du système éducatif à développer le civisme chez les élèves, à leur inculquer l’amour de la patrie et la fierté de l’identité algérienne, et à promouvoir les valeurs en rapport avec les constantes nationales.
 Pour rappel, les ministères de l’Education nationale, de  l’Intérieur et des collectivités locales et de la Défense nationale représentée par le commandement général de la Gendarmerie nationale, avaient signé une convention cadre visant à lutter contre la violence en milieu scolaire.
Le document a été signé par la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Nouredine Bedoui, le commandant de la Gendarmerie nationale le général-major, Menad Nouba, et le directeur général de la Sûreté nationale, le général major Abdelghani Hamel. M. Bedoui avait appelé alors à sécuriser et à assainir le système éducatif, estimant que les tentatives visant à le désigner comme un espace non sécurisé ont pour but de déstabiliser l’Etat.
Il avait ajouté que cette convention tend à instaurer la quiétude dans le milieu scolaire pour assurer les conditions favorables à une bonne scolarité et inculquer les bonnes valeurs morales permettant de former l’élève d’aujourd’hui en tant que pilier de l’avenir du pays dans tous les domaines.
Le ministre de l’Intérieur avait assuré aussi que l’école est la ligne rouge à ne pas franchir, soulignant que le gouvernement est déterminé à lutter contre toutes les formes de violence à travers l’adoption de nouvelles mesures à même de réduire la dangerosité de ce phénomène.