Violence contre les femmes: Un fléau qui gangrène les sociétés au-delà des statistiques

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La violence contre les femmes demeure un fléau qui gangrène notre société au-delà des statistiques fluctuantes. La lutte contre cette violence, physique ou morale, «doit être l’affaire de toute la société» , «une large contribution de tout un chacun pour l’éradiquer complètement, et à défaut, la réduire, à des proportions minimes qui constitueraient une exception dans la société».

La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Ghania Eddalia, a mis en avant, l’importance de lancer une réflexion autour de mécanismes devant concrétiser la lutte contre la violence faite aux femmes, a indiqué un communiqué du ministère. Eddalia a souligné la nécessité de «réfléchir ensemble sur les moyens que nous pouvons déployer pour lutter contre toutes les formes de violence infligée à la femme et protéger les femmes arabes pendant et après les conflits armés en leur permettant de participer à la prévention et la résolution des conflits». «L’OFA doit mettre en place des outils et des mécanismes pour impliquer l’autre sexe dans cette mission», a affirmé Eddalia, également présidente du Conseil exécutif de l’OFA, soulignant que «la non-discrimination sur la base de sexe dans la vie publique et devant la loi et lors du partage des sources et des responsabilités est la voie vers la stabilité des familles et la prospérité des sociétés». Elle a exhorté, dans ce cadre, l’homme à «se mobiliser pour défendre les droits de la femme, la défense des questions relatives à la femme ne devant pas être limitée à la femme uniquement». «La Nation arabe en géneral, et l’Algérie en particulier a besoin, aujourd’hui, d’intensifier les efforts, d’unir les
rangs et d’échanger les expériences et les bonnes pratiques dans toutes les questions d’intérêt commun», a indiqué, dans ce sens, Eddalia, relevant que «les questions relatives à la femme sont au cœur de ses intérêts. S’exprimant à ce propos, Si Hadj Mohand Djabellah, du service de médecine légale du CHU Nedir-Mohamed, de Tizi-Ouzou, «la violence faites aux femmes n’est pas un phénomène ordinaire et ne doit pas être pris comme tel, mais une atteinte à un droit humain», soulignant qu’il est, par ailleurs, «impossible de donner avec exactitude un chiffre rendant compte de la réalité de cette violence» souvent passée sous silence a-t-il indiqué. «Il y a des femmes battues qui ne se présentent pas chez le médecin, d’autres qui y vont mais ne déposent pas plainte et d’autres encore qui déposent plainte mais abandonnent les poursuites du fait de la lenteur, notamment, de la procédure judiciaire et de la pression subie de la part de l’entourage» a-t-il expliqué. Et le principal écueil de cette omerta, est selon Si Hadj Mohand, «le poids de la morale sociale qui pèse sur la femme dans nôtre société empêchant beaucoup d’entre-elle de porter plainte contre leurs agresseurs, qui sont souvent des proches ou parents, par souci d’éviter d’être un sujet de discussions de l’entourage». S’appuyant sur les statistiques du service de médecine légale du CHU présentées lors de son intervention, Si Hadj Mohand a indiqué qu’il y a «une croissance des cas de violences sur les femmes et l’ampleur du fléau est encore plus grande que ce qui est déclaré». Selon ces statistiques présentées, «une courbe ascendante dont les violences conjugales sur femmes mariées vient en premier lieu avec 58%, suivie des femmes célibataires avec 22%». L’autre violence «complètement tue mais fortement présente dans la société est la violence sexuelle» a, en outre, observé Si Hadj Mohand qui a indiqué que pour la même période citée, de 2015 à 2017, il a été enregistré respectivement, 18, 57 et 54 cas. De son côté, le représentant de la sûreté de wilaya de Tizi-Ouzou a indiqué que leurs services ont enregistré plutôt «un recul du phénomène» durant les 3 dernières années avec «164 enregistrés en 2017, 131 en 2018 et 107 durant les 10 mois de l’année en cours» soulignant qu’une étude réalisée à ce propos à fait ressortir que «les problèmes sociaux constituent la première cause de cette violence». L’atténuation de ce phénomène nécessite le changement des mentalités, l’amélioration du comportement avec les couches vulnérables, la sensibilisation de la femme sur ses droits et devoirs au sein de la famille et de la société et la dénonciation des cas de violence avec toutes ses formes», a-t-il souligné.

Yasmine Derbal