Violence dans les stades: Où va-t-on ?

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Les graves incidents à Bordj, qui ont émaillé la fin de la rencontre entre le CABBA et le MCA, ce samedi, nous interpelle de nouveau sur le phénomène galopant de la violence dans les stades.

Encore une fois, l’on assiste impuissant, avec une manifeste lassitude, à des agressions caractérisées d’une rare violence qui ont failli coûter la vie à des joueurs du MCA, dont le seul tort est d’avoir célébré la victoire avec leurs fans. Il est interdit de gagner à l’extérieur au risque d’y laisser la vie.

Comment sommes-nous arrivés à ces scènes désolantes qui prennent des allures d’apocalypse ? Faut-il arrêter le championnat pour que les gens prennent enfin conscience de la gravité de la situation ? Ce fléau qui se propage comme une gangrène ne peut être stoppé par des décisions manquant de courage. Aux grands maux, les grands remèdes. Le huis clos a montré ses limites et n’est d’aucune utilité pour éradiquer le phénomène de la violence dans les stades. Cela reviendrait à mettre un emplâtre sur une jambe de bois. C’est malheureusement la solution de facilité prônée par les dirigeants du football pour se dédouaner vis-à-vis de l’opinion publique. Une fuite des responsabilités criarde, en minimisant ces actes de violence.

Pourtant, ce n’est pas la première fois que nos stades connaissent de graves débordements. Le souvenir du décès tragique du joueur camerounais de la JSK, Eboussé est toujours vivace, comme celui de l’agression dont a été victime l’équipe de l’USMA à Saida et au cours de laquelle, son défenseur Laifaoui, poignardé, a failli y passer. Les coupables courent toujours, ils  n’ont jamais été inquiétés, d’ailleurs. C’est justement ce sentiment d’impunité qui laisse perplexe. Les voyous et autres délinquants ont investi les stades, au point où les gens de bonnes familles n’osent plus s’y aventurer.

Pendant ce temps, l’on crée des comités  pour  la prévention de la violence dans les enceintes sportives qui ne servent à rien, sinon à jeter de la poudre aux yeux. Il est urgent de prendre des décisions fortes, courageuses et radicales pour sanctionner les coupables afin d’en faire des exemples. C’est à ce prix que l’on diminuera de l’ampleur de ce phénomène, à défaut de l’éradiquer.

D’autant qu’il existe des lois pour endiguer ce fléau rampant. Lors du dernier Symposium sur le renouveau du football algérien, organisé en décembre 2017, des recommandations ont été retenues dans ce sens, comme le remplacement du huis clos par la domiciliation du match concerné à plus de 200 km, la formation des stadiers ou encore le retour aux fouilles des spectateurs aux portes des stades. Mais ces suggestions sont restées lettres mortes. La banalisation de la violence est un danger qui guette nos seulement le sport, mais toute la société. Il est temps de réagir, avant qu’il ne soit trop tard…